Entre vous et Défis

[La salle s’obscurcit et les applaudissements du public commencent à se faire entendre.
Le jingle musical résonne à travers les enceintes.
Jean Fanfiksion, journaliste et présentateur, fait son apparition sur le plateau, éclairé par un projecteur qui suit son mouvement.
Avec un grand sourire sur son visage, il se tourne vers la caméra n° 1 de la régie.
]

:studio_microphone: Bonsoir, FanfictionsFR !!

[Clameurs du public.
Jean Fanfiksion parcourt l’assemblée du regard avant de reprendre.
]

:studio_microphone: Fan de la première heure ou nouvel arrivant dans le monde des Défis de FFR, nous avons toutes et tous une petite histoire à raconter en ce qui les concerne.

:studio_microphone: Après tout, on ne tombe pas si facilement dans la marmite des Défis, n’est-ce pas ?

:studio_microphone: Dix ans de défis du forum, c’est potentiellement dix ans de souvenirs et d’expériences pour vous !

:studio_microphone: Alors notre Équipe est allée à la rencontre des personnes grâce auxquelles ces défis ont pu autant vivre, et les a interrogées !

:studio_microphone: Les questions que nous avons posées, au nombre de dix, sont les suivantes !

[L’écran affiche progressivement les questions au fur à mesure que Jean Fanfiksion les liste.]

  • Avant toute chose, à la base, qu’est-ce que c’est « un défi » ou « se défier » pour vous ?
  • Comment avez-vous découvert les Défis d’écriture de FFR ?
  • Quelle impression ces Défis vous ont-ils faite sur le moment ?
  • Avez-vous déjà participé à l’un d’eux ?
    Si oui, pensiez-vous un jour participer à des défis d’écriture ?
    Si non, qu’est ce-qui vous a retenu ou vous retient ?
  • Qu’est-ce qui vous a motivés à écrire votre premier défi, et avez-vous su conserver cette motivation dans les autres Défis auxquels vous avez participé ?
  • Quel est votre meilleur souvenir autour d’un Défi ? Et, s’il y en a, quel est votre pire souvenir ?
  • Avez-vous l’impression que vous êtes davantage commenté sur vos one-shots de Défi ?
  • Participer à un ou plusieurs Défi(s) vous a-t-il aidé à développer votre écriture ?
  • Qu’en est-il de vos talents de bêta- ou pré-lecteur ?
  • Avez-vous pu faire des rencontres et vous créer des amis via les Défis ?

:studio_microphone: Sans plus attendre, voyez ce qu’on nous a répondu !

[Jean Fanfiksion fixe la caméra, puis fondu au noir qui enchaîne sur les images de l’une des interviews.]

18 « J'aime »

[La caméra se détourne Jean Fanfiksion et révèle un panneau du plateau télévisé qui se décale. Un premier invité s’avance sous les vivat du public en liesse… Heureusement que les prompteurs et les chauffeurs de salle sont là pour indiquer aux téléspectateurs quoi faire.]

:studio_microphone:Mesdames et messieurs, veuillez accueillir le Monsieur Propre reconverti en prof/pompier, j’ai nommé Hellth !

[Un homme chauve, pas très grand et à l’allure pas nette, à l’expression trop gentille pour ne pas cacher un probable psychopathe, s’avance avec un sourire carnassier.]

:microphone: Merci Jean, merci de m’avoir invité sur ce plateau. C’est un honneur de venir ici répondre à vos questions. Je vous écoute.

:studio_microphone: Commençons alors. Avant toute chose, à la base, qu’est-ce que c’est « un défi » ou « se défier » pour vous ?

[Hellth se frotte les mains.]

:microphone: Pour moi, un défi, c’est avant tout un combat. Un combat contre soi-même, contre ses limites, contre ses difficultés. Mais il ne s’agit pas d’un combat gagné d’avance. On ne l’aborde pas en se disant « c’est finger in the nose », non, on sait qu’on peut potentiellement échouer. Et on l’accepte. J’ai toujours fonctionné ainsi dans ma vie. La simplicité ne me convient pas. Pas d’autosatisfaction sans autoflagellation… Enfin, au sens figuré bien sûr.

[Jean Fanfiksion secoue sa main d’un « oh la la » silencieux. Serait-il tombé sur un masochiste ? Il plaque pourtant un sourire de connivence sur son visage.]

:studio_microphone: Merci pour cette réponse. À présent, comment avez-vous découvert les Défis d’écriture de FFR ?

:microphone: J’ai découvert les Défis parce qu’on m’en a parlé. Je n’étais encore sur le forum. Mais ma première lectrice du site m’a encouragé à participer. J’ai au départ refusé. Je n’avais qu’une intention, finir mon seul projet de fanfiction longue et m’arrêter là. Mais je le suis rendu compte que j’avais d’autres choses à raconter et j’aime l’idée de devoir surmonter des contraintes. Donc j’ai lié les deux : écrire et me défier. L’addiction est venue naturellement après le premier.

:studio_microphone:Je comprends, je comprends. Et pouvez-vous nous dire quelle impression ces Défis vous ont-ils faite sur le moment ?

:microphone: Sur le moment ? Difficile de me rappeler précisément. C’était un exercice inconnu pour moi. J’avais toujours écris à l’instinct, sans autre objectif que ceux que je me fixais. Alors avoir soudainement un but imposé par un Comité… C’est forcément l’éternel questionnement initial suivant qui domine dans un premier temps : vais-je réussir à respecter les clauses du Défi ? Et quel niveau est-ce que je vise ? Donc de l’appréhension et de l’excitation aussi. Comme toutes les premières fois, non ? Hahaha !

[La blague fait chou blanc, l’humour du chauve laissant à désirer. Hellth se racle la gorge et Jean Fanfiksion rattrape le coup.]

:studio_microphone:Vous avez déjà en partie répondu à la question suivante, mais je vous la pose quand même. Avez-vous déjà participé à l’un d’eux ?
Si oui, pensiez-vous un jour participer à des défis d’écriture ?
Si non, qu’est ce-qui vous a retenu ou vous retient ?

:microphone: Bien sûr que j’ai déjà participé à l’un d’eux ! À beaucoup en vérité. Effectivement, comme je l’ai déjà dit, je ne pensais pas participer à un quelconque défi au départ. Mais j’ai participé à presque tous depuis celui de juillet-août 2023. Ce qui me retient pour certains, c’est l’inspiration. Parfois, même si ça n’est arrivé qu’une ou deux fois, le thème ne m’inspire pas. Ça aussi on l’accepte et on travaille sur un autre projet en attendant.

:studio_microphone:Qu’est-ce qui vous a motivés à écrire votre premier Défi, et avez-vous su conserver cette motivation dans les autres Défis auxquels vous avez participé ?

:microphone: Mon premier Défi, je l’ai mis au point car je voulais développer un OC que j’avais pris énormément de plaisir à créer dans la fiction longue avec laquelle j’ai démarré sur le site. Lui consacrer un chapitre hors scénario dans cette histoire aurait été inutile pour l’avancée du récit, alors j’ai sauté sur l’occasion de ce premier Défi pour faire un spin-off. Depuis, j’ai toujours conservé cette motivation. Dans chacun de mes Défis, j’en profite pour développer mon propre univers, chacune de mes histoires contenant des easter eggs ou des liens directs avec toute ou partie des autres. C’est vraiment un processus auquel je tiens. Chaque histoire est indépendante, mais s’inscrit dans une dimension qui prend en compte tous mes textes (ou presque).

:studio_microphone:Quel est votre meilleur souvenir autour d’un Défi ? Et, s’il y en a, quel est votre pire souvenir ?

:microphone: Mon meilleur souvenir ? Facile ! L’engouement qu’a provoqué mon Défi « De l’eau aux étoiles. » Il fallait inventer un mythe, une légende. Or, j’adore ce type de littérature ! Et l’accueil qui a été fait à ce récit a vraiment été la meilleure expérience pour moi. Inégalée depuis en ce qui me concerne. Quant à mon pire souvenir… [Hellth ricane.]… Je crois que c’est quand je me suis essayé à la réécriture. À ce moment-là, je me suis imposé de réécrire une scène selon un point de vue différent et en inversant les rôles. Ça a été l’horreur ! Je me suis fourvoyé à de nombreuses reprises. C’est, je crois, le seul texte que j’ai failli abandonner.

:studio_microphone:Avez-vous l’impression que vous êtes davantage commenté sur vos one-shots de Défi ?

:microphone: Oui, clairement. Bon, en vérité, les commentaires ne pleuvent pas particulièrement sur mon fandom. Mieux que certains, beaucoup moins que d’autres. Mais oui, j’ai remarqué que les Défis ont tendance à être plus lus, du moins par les utilisateurs du forum à défaut de l’être par les utilisateurs du site seul. Ceci dit, je n’ai jamais fait de statistiques, cela ne reste donc qu’une impression.

:studio_microphone:Participer à un ou plusieurs Défi(s) vous a-t-il aidé à développer votre écriture ?

:microphone: Quand je relis mes anciens textes, je vois clairement la différence. Au point parfois que j’ai presque honte de mes premières fictions. Et puis la honte disparaît vite, car j’ai un gros défaut, c’est d’être toujours un peu trop fier de mes productions… Même si de temps en temps, ça se retourne contre moi. Une lectrice m’a quand même confirmé que mes qualités d’écrivain ont bien évolué. C’est toujours plaisant et gratifiant. Au moins, on a la confirmation qu’on ne se bat pas pour rien et que l’on progresse. Nous sommes des animaux, ne l’oublions pas, on apprend par essai-erreur. J’aime cette animalité de l’apprentissage.

[Le regard de Hellth se perd un instant dans les considération de la sélection naturelle, de la survie du moins inapte, de la mort du moins adapté… Un rictus sadique déforme subrepticement son visage avant qu’il ne se reprenne. Jean Fanfiksion déglutit avec peine. Il a un peu peur de cet homme chauve.]

:studio_microphone:Mais dites-moi, qu’en est-il de vos talents de bêta- ou pré-lecteur ?

:microphone: Je ne les utilise pas souvent. Ça m’est arrivé, bien sûr, mais j’ai l’impression de davantage profiter du talent des autres que l’inverse. Maintenant, si un texte, un fandom ou un fanfiqueur m’intéresse et que je le sens bien, j’accepte avec joie de mettre à contribution mon aisance de la langue à son service. On est là pour s’entraider. Après, il faut avoir une certaine symbiose avec le fanfiqueur, son texte et son fandom. Et puis il faut également qu’en face, on accepte l’exigence, car je suis quelqu’un de très exigent, de pas particulièrement diplomate et que ce que je m’impose à moi-même, je l’attends des autres. Parfois ça casse, parfois ça passe. Mais pour le moment, je n’ai eu qu’une seule mauvais expérience. Quelqu’un qui m’a demandé de relire, et dont je n’ai plus eu la moindre nouvelle. Pas même un merci après la bêta lecture, pas même un tag quand iel a modifié son texte. On ne rend pas service pour avoir des remerciements, mais la politesse, c’est indispensable. Maintenant, je préfère bêta lire des auteurs que je côtoie par ailleurs.

:studio_microphone:Ah, auriez-vous anticipé ma dernière question, Hellth ? Car justement, je voulais vous demander, avez-vous pu faire des rencontres et vous créer des amis via les Défis

:microphone: Oui. J’ai fait de très belles rencontres sur le site et sur le forum. De belles personnes. J’en ai même rencontré certaine IRL. De très belles expériences d’ailleurs. Je peux les qualifier d’amis, clairement. Mais par pudeur, et parce que je n’ai pas tendance à m’étaler sur mes sentiments, je vais m’arrêter là. Les personnes concernées se reconnaîtront. Qu’elles sachent que je les adore et qu’elles font partie de ma vie à présent. Merci à elles/eux !

[Le public applaudit et Jean Fanfiksion remercie Hellth. Il le raccompagne en coulisses où il en profite pour aller chercher l’invité suivant, qu’il espère plus chevelu…]

13 « J'aime »

Jean Fanfiksion : Nous accueillons à présent notre prochaine invitée. Elle est drôle, elle est brillante, elle manie la plume comme personne. Sous vos yeux ébahis, veuillez applaudir la seule, l’unique… Selenn !

(Bruit de talons qui claquent)

(Bruit de talon qui ripe)

Selenn : Oh put… !

(Bruit de cascade digne d’un cartoon du samedi matin)

(BAM !)

Jean Fanfiksion : Mesdames et messieurs, quelle entrée fracassante ! C’est ce qu’on appelle « briser la glace »… ou plutôt, briser la troisième marche de l’estrade. C’est donc les quatre fers en l’air, ses fiches de notes éparpillées façon puzzle et un micro planté dans le brushing que notre star du jour nous rejoint. Une cascade réalisée sans trucage, sans filet, et visiblement sans aucune dignité.

Selenn (se relevant tant bien que mal, époussetant son jean avec un calme olympien) : Tout était calculé. C’était une métaphore physique pour illustrer la chute de tension que je subis à chaque fois que je vois les contraintes du prochain Défi. Jean… ne me regardez pas comme ça, remettez-moi mon café, et oubliez ce que vous venez de voir si vous tenez à vos rotules.

[Le chauffeur de salle agite frénétiquement le panneau « Ouf de soulagement ». Le public applaudit à tout rompre.]

Jean Fanfiksion : Alors Selenn, après cette entrée… fracassante, reprenons le fil de notre interview pour les 10 ans de la section Défi. Je vous sens d’attaque !

[La caméra se stabilise enfin sur Selenn. Elle a troqué son micro-cravate tordu contre un micro à main qu’elle tient comme un stand-upper, un sourire en coin et l’œil pétillant de malice. Elle croise les jambes, bien calée au fond de son fauteuil (sécurité d’abord), prête à en découdre avec les questions de Jean.]

Jean Fanfiksion : Allez, Selenn, on oublie la gravité et on passe aux choses sérieuses. Le micro est à vous, le Forum vous écoute ! Avant toute chose, à la base, qu’est-ce que c’est « un défi » ou « se défier » pour vous ?

Selenn : Pour moi, « se défier », c’est l’art très subtil de s’auto-flageller volontairement avec des contraintes alors qu’on a déjà une liste de fics en cours longue comme le bras. C’est se dire : « Tiens, et si j’écrivais une romance dramatique entre un elfe et un grille-pain, uniquement au subjonctif imparfait, et sans utiliser la lettre E ? » C’est du masochisme littéraire, mais attention, du masochisme de haute voltige.

[Jean consulte une fiche avec un air faussement inquiet.]

Jean Fanfiksion : Une romance avec un grille-pain… Je note l’idée pour le prochain défi de la Saint-Valentin. Comment avez-vous découvert les Défis d’écriture de FFR ?

Selenn : Par pur hasard, en errant sur le Forum un soir. J’ai vu de la lumière, j’ai entendu des gens crier à l’aide, et je me suis dit : « C’est ici que se cachent les vrais psychopathes. Je suis chez moi. »

[Le chauffeur de salle brandit un panneau « Rire nerveux ». Le public s’exécute.]

Jean Fanfiksion : Quelle impression ces Défis vous ont-ils faite sur le moment ?

Selenn : Une impression de joyeux bazar organisé. Un mélange entre un club de poésie clandestine et Hunger Games, mais où l’arène est un traitement de texte et où l’arme principale est le dictionnaire des synonymes. Je me suis dit que les organisateurs devaient avoir un sérieux grain pour inventer des thèmes pareils, et que les participants étaient encore pires pour y répondre.

Jean Fanfiksion : (Rires) L’arène du dictionnaire ! On a vu des auteurs mourir d’une overdose d’adjectifs, c’est terrible. Et pourtant, malgré cette vision d’horreur… vous avez signé le contrat avec votre propre sang ?

Selenn : Oh que oui. On commence toujours par se dire : « Juste un petit pour voir, je contrôle la situation, je peux arrêter quand je veux. » Et trois défis plus tard, tu te retrouves à poster un One-Shot à pas d’heure avec les yeux injectés de sang, les doigts qui fument et une fâcheuse tendance à insulter ton traitement de texte. C’est un engrenage infernal.

[Un technicien apporte un verre d’eau à Selenn à l’aide d’une perche de 3 mètres, par mesure de sécurité.]

Jean Fanfiksion : On sent le traumatisme encore très frais. Mais au tout début, dans votre vie d’avant, quand vous aviez encore une dignité et des cycles de sommeil normaux…

Selenn : À la base, je suis quelqu’un qui doit composer avec un TDAH de compétition et des insomnies chroniques. Autant vous dire que mon rythme d’écriture ressemble aux montagnes russes : c’est soit un chapitre tous les mois quand mon cerveau décide de coopérer, soit une nuit blanche complète à pondre dix chapitres parce que j’ai hyperfixé sur un détail à 2 heures du matin. Alors, l’idée de me soumettre à une deadline fixe et à des mots imposés par un tiers ? Ça me paraissait aussi séduisant qu’une coloscopie sans anesthésie. Gérer une contrainte de temps quand ton horloge biologique est réglée sur « mode vampire » et que ton attention s’enfuit dès qu’un papillon passe, c’était un aller simple pour l’angoisse. Comme quoi, il ne faut jamais dire jamais… le chaos appelle le chaos !

Jean Fanfiksion : (Rires) Ah ! Le fameux combo TDAH-Insomnie, le carburant officiel de 90 % des auteurs de fanfictions à travers le monde ! Finalement, le Défi, c’était juste le boss de fin parfait pour votre cerveau. Qu’est-ce qui vous a motivés à écrire votre premier défi, et avez-vous su conserver cette motivation ?

Selenn : La motivation initiale ? L’orgueil, soyons honnêtes ! Et puis l’adrénaline du chrono, aussi. Pour ce qui est de conserver cette motivation… disons qu’elle a muté. Au début, tu écris pour le fun. Après quelques défis, tu écris juste pour le plaisir sadique de voir comment les autres galèrent autant que toi sur les mêmes contraintes. C’est la solidarité dans la souffrance.

Jean Fanfiksion : C’est beau. Et de toute cette souffrance, j’imagine qu’il en ressort des moments cultes, non ? Les annales du Forum doivent déborder !

Selenn : Le meilleur ? Ce moment de grâce absolue où le mot imposé le plus improbable du monde s’intègre parfaitement dans ta phrase, au point qu’on croirait que l’histoire a été écrite pour lui. Tu te prends pour Victor Hugo pendant cinq minutes.
Le pire ? C’était mon tout premier défi. Avec mon cerveau en hyperfixation totale, je me suis jetée dessus et, ironie du sort pour une pro de la procrastination : je l’ai rendu la première ! Oui, Jean, la toute première sur la ligne d’arrivée. Le problème ? C’est qu’avec le recul, il m’a paru tellement, mais tellement raté. J’ai eu ce sentiment horrible d’avoir foncer tête baissée, d’avoir livré un texte complètement à côté de la plaque et d’avoir gâché mes cartouches par excès de précipitation. Cette sensation de naufrage littéraire alors qu’on est la première à quai, c’est un très grand moment de solitude.

[Bruit de cœur qui bat lentement et lourdement dans les haut-parleurs du studio pour accentuer ce grand moment de solitude artistique.]

Jean Fanfiksion : (Sourire compatissant) Ah, le fameux syndrome du « C’est posté, et maintenant je regrette chaque mot ». Finir la première pour ensuite passer des jours à s’autoflageller en regardant son texte, c’est une forme de torture psychologique très raffinée ! Avez-vous l’impression que vous êtes davantage commenté sur vos one-shots de Défi ?

Selenn : Ah, le public du Défi ! Oui, clairement. Les lecteurs de défis ne viennent pas juste lire une histoire, ils viennent avec leur grille d’évaluation invisible pour vérifier si tu as bien coché toutes les cases du cahier des charges. Les commentaires sont souvent plus techniques, plus taquins. On dissèque ton texte comme un prof de SVT dissèque une grenouille. C’est terrifiant mais tellement gratifiant.

Jean Fanfiksion : Une grenouille, carrément. On espère qu’il reste un peu de vie dans le batracien à la fin. Mais est-ce qu’on en ressort meilleur, ou juste plus cynique ? (Si tant est que ce soit possible dans votre cas). Participer à un ou plusieurs Défi(s) vous a-t-il aidé à développer votre écriture ?

Selenn : Totalement. Les défis, c’est la salle de sport de l’écrivain. Ça te force à muscler tes intrigues en un minimum de mots et à arrêter de faire des descriptions de trois pages sur la couleur des rideaux de la chambre. Si tu sais écrire un texte cohérent avec cinq mots imposés par un staff sadique, tu peux survivre à n’importe quel blocus de l’écrivain dans ta vie future.

Jean Fanfiksion : C’est noté. Moins de rideaux, plus d’action. Et quand vous n’êtes pas sur le terrain en train de suer du sang sur vos propres textes, vous passez de l’autre côté du miroir… Vous avez aussi mis le nez dans les textes des autres. Alors, qu’en est-il de vos talents de bêta- ou pré-lectrice ? On imagine que vous avez été un ange gardien pour pas mal d’auteurs en détresse ?

Selenn : Alors là, Jean, on touche un point sensible. Pour être tout à fait honnête, j’ai été extrêmement déçue de mon expérience en tant que pré-lectrice. J’ai vite réalisé qu’on se casse la tête à donner des conseils pertinents et à pinailler sur les détails… pour rien. Tout ça pour se heurter au fameux mur du : « De toute façon, l’auteur a forcément raison. » Personnellement, je ne suis pas du tout d’accord avec cette mentalité. Pour moi, c’est très simple : si tu demandes une pré-lecture, c’est que tu n’es pas sûr de ton texte. Tu ouvres la porte aux critiques pour l’améliorer ! Si c’est juste pour chercher une validation ou des compliments et ignorer toutes les remarques constructives, autant publier direct. Du coup, ça m’a un peu vaccinée. On y gagne peut-être un œil de lynx, mais la patience de moine bouddhiste, elle, a de vraies limites !

[Un bruit de gong tibétain résonne dans le studio, suivi d’un murmure d’approbation générale du public.]

Jean Fanfiksion : (Rires) Bam ! Voilà qui est dit, et c’est envoyé avec la précision d’un sniper ! Avis aux futurs auteurs : si vous passez entre les mains de Selenn, venez avec de l’humilité et un carnet de notes, pas avec un ego surdimensionné.

[Jean Fanfiksion adoucit un peu son ton, rangeant ses fiches taquines pour aborder la dernière question avec un regard plus chaleureux et sincère.]

Jean Fanfiksion : Derrière les vannes et le cynisme, il y a l’humain, Selenn. Pour clore cette interview en beauté, parlons du côté social du Forum. Les Défis vous ont-ils permis de faire de belles rencontres et de vous créer de vrais amis ?

Selenn : Pour être tout à fait franche, Jean, je n’ai pas rencontré beaucoup de personnes grâce aux Défis. Je ne suis pas quelqu’un qui montre facilement ses sentiments ; en réalité, je me cache même très souvent derrière l’humour pour garder une certaine distance avec les gens. C’est ma carapace. Les personnes du Forum avec qui je parle fréquemment aujourd’hui sont des personnes à qui je tiens profondément. Ce sont celles qui me connaissent vraiment, celles qui partagent une partie de ma vie IRL. Donc non, les Défis n’ont pas été un grand speed-dating amical pour moi, mais ils ont le mérite d’exister pour faire vivre la communauté. Pour le reste, je préfère la qualité à la quantité, et mes vrais complices se comptent sur les doigts d’une main.

[Un silence respectueux s’installe, suivi d’un applaudissement doux et sincère du public. Le chauffeur de salle a posé ses panneaux pour applaudir lui aussi.]

Jean Fanfiksion : Une belle preuve de sincérité qui montre que derrière l’humour légendaire, il y a une amie fidèle et entière. Merci infiniment, Selenn, d’avoir joué le jeu de cette interview sans filtre pour les 10 ans des Défis de FFR ! Prenez soin de vous… et attention à la marche en quittant le plateau !

[Selenn se lève lentement, ajustant sa veste avec toute la dignité retrouvée d’une reine de l’autodérision. Elle jette un dernier regard amusé au public, puis se tourne vers l’escalier maudit. Avec une concentration digne d’un funambule au-dessus du vide, elle lève le pied et gravit les marches une à une, sous les applaudissements admiratifs de la salle.]

Jean Fanfiksion : (La suivant du regard, un grand sourire aux lèvres) Regardez-la, messieurs dames… Elle monte ! Sans les mains, sans filet, et sans une seule égratignure. Un triomphe !

[Selenn disparaît enfin derrière le rideau des coulisses en saluant brièvement de la main. Jean se tourne à nouveau face caméra, l’œil pétillant.]

Jean Fanfiksion : Quel moment d’anthologie ! Ne bougez pas, chers téléspectateurs, on se retrouve juste après une courte page de publicité. Le temps pour nous de nettoyer les traces de café sur le plateau et d’accueillir notre tout prochain invité, qui nous attend déjà en coulisses… À tout de suite !

[Le jingle de l’émission retentit joyeusement alors que le panneau « Générique » s’allume en clignotant.]

10 « J'aime »

Alors que le présentateur prépare un café pendant la coupure publicitaire, il ne voit pas le prochain invité être accueilli par l’équipe de production et s’asseoir à la place d’invité. Sa surprise est telle qu’il a failli renverser sa tasse.

ADS : Désolé de vous avoir effrayé.
Fanfiksion : Non, non ce n’est rien. Jean Fanfiksion, ravi de faire votre connaissance, Monsieur ?
ADS : ADS68000. Mais appelez-moi ADS. Fanfiksion avec un K ? J’approuve.
Fanfiksion : Merci ! Une petite boisson ou quelque chose avant de commencer ?
ADS : Non merci, c’est gentil.
Fanfiksion : Alors, ne perdons pas une minute de plus !

Il présente face aux téléspectateurs le fan avide de jeux de combat et notamment d’un qui a aussi confondu le C avec K pour rendre son nom plus aguicheur.

Fanfiksion : Content de vous avoir parmi nous. Avant toute chose, qu’est-ce que c’est « un défi » ou « se défier » pour vous ?
ADS : C’est un challenge pour tenter de sortir de ma zone de confort et m’améliorer. Il y a tellement de sujets dont le moi d’il y a six ans, qui commençait à peine à écrire par plaisir, n’aurait jamais traiter. La réécriture d’un conte, la Songfic ou encore le Noël Horrifique. Mon premier défi d’ailleurs. Mais ils m’ont permis de redécouvrir des licences comme Nightmare on Elm Street ou Yu-Gi-Oh que je n’avais pas vu depuis longtemps. Un effort qui apporte une belle récompense.

Fanfiksion : Et surtout vous permettre d’écrire sur Mortal Kombat.
ADS : Et je ne m’en priverai pas. Mais autant j’adore cette licence de tout mon cœur, cela ne m’a pas empêché de voir ailleurs. J’ai énormément de respect pour mes compères spécialistes dans un fandom en particulier. Ça montre l’amour et la passion qu’ils ont pour ces œuvres.

Fanfiksion : Et comment avez-vous découvert les Défis d’écriture de FFR ?
ADS : En fouillant le forum. Comme dit précédemment, le défi Noël Horrifique était mon premier et il date de 2017. Je n’étais pas encore là et donc il était perdu dans les tréfonds du forum. Ça m’a permis aussi de découvrir le concept des secondes chances. Pas de limite de temps. Un challenge que je peux attaquer à mon rythme.

Fanfiksion : Quelle impression ces défis vous ont-ils faite sur le moment ?
ADS : Au tout début ? Je ne me rappelle pas parfaitement mais je sais que c’était une satisfaction personnelle, rien de plus. Il n’y avait pas encore cette flamme qui s’est allumée dans mon cœur. C’est lorsque j’ai tenté mon premier défi bimestriel à rendre dans les temps que j’ai compris. L’engouement des autres membres, le travail acharné des modérateurs de garder en vie ce concept et proposer une nouvelle idée tous les deux mois depuis plus de 10 ans. Un tel dévouement que je ne peux QUE respecter. Voir les histoires, les styles de chacun et la richesse des fandoms qui sont représentés. Tout ça me pousse à encore en faire de temps en temps.

Fanfiksion : Bon bah du coup, inutile de poser la quatrième question, mais avez-vous gardé la même motivation pour chaque défi ?
ADS : En général, oui. Mais c’est surtout sur la durée que ma motivation varie. Pas forcément à cause du sujet. Syndrome de la page blanche, réécriture sur réécriture à cause de nouvelles idées qui viennent encore et encore, au point que mon pitch de base n’a pas plus rien à voir à la fin, comparé au début. Certains de mes textes devenaient même hors sujet et n’ont pas été publiés. J’avais l’impression d’avoir perdu mon temps mais en réfléchissant deux minutes, je me dis que non, ce n’était pas une perte de temps. J’ai essayé et peut-être que ces histoires sortiront pour un autre sujet ou même pour un OS hors défis.

Fanfiksion : C’est bien, il faut savoir relativiser. Nul doute que cela vous a apporté de bons moments. Quel est votre favoris et le pire ?
ADS : Le défi du crossover improbable. Aucune discussion là-dessus. Surtout quand je repense aux deux licences que j’ai utilisées. Devil May Cry et Friday Night Funkin’. Entre Dante et le côté musical et FNF, j’ai pris le plus de plaisir sur un défi. J’ai littéralement écrit un combat de Rap ! Jamais au grand jamais, je n’aurais écrit ça si ce défi n’existait pas. Si ce n’est pas sortir de ma zone de confort, alors je ne sais pas quoi faire.

Le pire ? Ouah, c’est dur de penser à un moment que j’ai vraiment détesté. Donnez-moi un moment.

[Insérer le jingle de Bob l’Eponge : Deux heures plus tard.]

Fanfiksion : Hmmm. Vous êtes encore là ?
ADS : Oh pardon ! J’étais perdu dans mes pensées. Je dirais surtout les fautes que je trouve encore malgré avoir lu et relu mon texte. Un peu déprimant à la longue.
Fanfiksion : Perfectionniste ?
ADS : Disons plutôt que je veux éviter au maximum de faire fuir mes lecteurs.

Fanfiksion : En parlant de lecteurs. Avez-vous l’impression que vous êtes davantage commenté sur vos one-shots de Défi ?
ADS : Evidemment, non seulement les membres du forum voient les posts lors de la publication de la fic. Les défis sont aussi publiés sur les réseaux. Cela joue forcément sur la visibilité. Après la majorité de mes histoires sont des one-shots de défi. Faudrait que je recommence à écrire des histoires hors-défis pour avoir un meilleur recul sur la question.

Fanfiksion : Est-ce que participer à un ou plusieurs défis vous a aidé à développer votre écriture ?
ADS : Oh que oui. Que ce soit dans la forme ou la présentation. Quand je relis ma première fic… ça pique. Evidemment, j’ai encore des lacunes. Notamment comment utiliser correctement les bons temps d’écriture. Surtout ceux du passé. Petite dédicace à LianSepia qui n’a pas hésité à m’envoyer des articles sur le Show/Tell et la distance narrative pour m’aider. Je les garde sous le coude. Est-ce que je réussis à chaque fois à bien retranscrire ces aides dans mes textes ? C’est… une autre histoire.

Dit-il avec un sourire embarrassé.

Fanfiksion : Etant donné que vous n’êtes pas bêta ou pré-lecteur, on peut passer à la question finale ! Avez-vous pu faire des rencontres et vous créer des amis via les défis ?
ADS : Pas de rencontres, non. Et pour créer des amitiés, c’est difficile à dire. Etant très discret, je vais rarement commencer une discussion en privé. J’aime bien rester dans ma carapace de crabe comme mon signe astrologique. Cela ne veut pas dire que je n’ai pas passé de bons moments avec certains en discutant sur des sujets du forum, bien au contraire. Une certaine fan de MK et de Métal ce reconnaîtra.

C’est sur cette dernière réponse qu’il présente ses au revoir au public et présentateur avant de retourner dans l’ombre et préparer une nouvelle histoire sur un nouveau défi.

11 « J'aime »

[Jean en est à son second café quand il porte la main à son oreillette, puis il reclasse ses fiches très rapidement, en se tournant vers le décor. Ce dernier est encadré d’un énorme micro, dont le manche ressemble étrangement au logo du site.]

Jean Fanfiksion : Ah, on m’annonce l’arrivée d’une invitée très spéciale : OldGirl. Je me souviens bien d’elle… Et j’espère que ça se passera mieux que lors de notre première entrevue, chuchote-il à la salle.

[Puis il scrute le haut de l’escalier où une petite dame brune vient d’apparaître. Elle est sobrement habillée d’un pantalon clair et d’une blouse au motif floral. Professionnel et galant, peut-être un peu curieux, il s’approche la main tendue, pour parer à l’éventualité de toute nouvelle chute. Deux dans la soirée, ça ferait désordre.]

Jean Fanfiksion : OldGirl ! Quel plaisir de vous revoir ! Venez, installons-nous.

[Elle rajuste ses grandes lunettes une fois arrivée sur la terre ferme et salue la salle plongée dans l’ombre, d’un bref sourire de myope qui n’a pas la moindre idée de qui se trouve là.]

Jean Fanfiksion : Permettez-moi de vous dire que vous n’avez pas changé d’un pouce.

[Dans la salle, des murmures et chuchotements étonnés s’élèvent. « C’est elle, Oldie ? Bah, je l’imaginais pas comme ça ! Moi non plus ! Pourquoi, c’est qui au juste cette vieille ? C’est une modo ! Ouah, tous aux abris ! Mais chut, vous, on aimerait bien écouter, il paraît que c’est elle qui a fondé les Défis… Moais, mais non, c’est mytho, personne ne reste dix ans sur un forum… »]

OldGirl : Et vous vous rappelez de moi après six ans ? Je vous ai traumatisé, c’est ça ?
Jean Fanfiksion, pince sans rire : Oh, non. Quelques années de thérapie intensive, et il n’y parait plus.
OldGirl : Je me souviens que vous m’aviez souhaité – et ce sont vos mots – de tomber sur « un vrai journaliste la prochaine fois ». Alors ?

[Jean lui adresse un petit regard en coin, tandis qu’elle efface un demi-sourire. Il se souvient parfaitement maintenant qu’elle est bavarde, dissipée, mais qu’elle a tendance à utiliser des stratagèmes pour éviter de répondre quand la question ne l’arrange pas… Il se racle la gorge pour réclamer un peu de silence : dès son arrivée, la dissipation avait gagné la salle en un instant.]

Jean Fanfiksion : Eh bien, justement puisqu’on parle de challenge personnel, dites-nous, avant toute chose, qu’est-ce que c’est « un défi » ou « se défier » pour vous ?
OldGirl : N’ayez pas peur, promis, je réponds sans digresser… Et pas de didascalies non plus.
Eh bien, un défi, c’est surtout des souvenirs mitigés de cour de récré. « T’es pas cap de…? ». Et « se défier ? » ça dépend dans quel sens vous l’entendez. Défiance méfiance ?
D’ailleurs, j’y pense, c’est sans doute révélateur que mon premier défi d’écriture ait porté sur Retour vers le Futur, où Marty est absolument incapable de résister à une provocation… Vous voyez, le coup avec la voiture au feu rouge ?.. Je ne sais pas pourquoi, je préfère le mot challenge auquel j’accorde plus volontiers un sens positif.
Jean Fanfiksion : Vous n’aimez pas qu’on vous jette le gant ?
OldGirl : Seulement par temps froid.

Jean Fanfiksion : Bon, la question suivante était « Comment avez-vous découvert les Défis d’Écriture de FFR ? »… J’imagine que pour vous, c’est un peu différent ?
OldGirl : Oui, vos petites fiches sont à jour. Je ne les ai pas « découverts », je les ai proposés puis animés avec une équipe réduite les premières années. Toute l’histoire figure d’ailleurs en exclusivité dans la branche retraçant l’historique des Défis sur le forum.

Jean Fanfiksion : Bien sûr que j’ai potassé avant de venir ! Vrai journaliste, hein ? Idem, pour la question suivante, vous répondez à « Quelle impression vous ont-ils faite sur le moment ? »
OldGirl, amusée : Oui. Et je les ai trouvés super bien, figurez-vous !
Ils n’étaient ni des concours d’écriture avec remise de prix, ni des sessions nocturnes et minutées comme ce qui se passait sur le FOF (forum francophone de FFnet) où il fallait publier des textes bruts, même pas relus.
Les Défis de FFR, ce n’était pas ça. Ils ont été pensés comme des inspirations encadrées, avec du temps pour les faire, se poser, et corriger ! Sans compétition, sans gagnant ni perdant, juste une lutte contre sa procrastination et peut-être le désir de raconter une histoire qui, selon l’expression consacrée, « rentre dans les clous ».
Et j’ajouterais, sans coercition. Je vois d’ailleurs apparaître dernièrement de plus en plus le terme de « contrainte de défi ». A titre tout à fait personnel – et que ça reste entre nous, pas un mot au Comité, je compte sur vous, Jean – je considère que ce mot est un tue-l’amour complet. Ce que j’en attends, moi, c’est qu’il libère et donne des ailes à mon inspiration. Et la contrainte, comment dire…
Jean Fanfiksion : J’en prends bonne note… Motus. Mais me voilà surpris : « le Comité », ce n’est donc pas votre second pseudo ?
OldGirl: Vous avez l’air déçu. Eh non. C’est une institution très démocratique, bien au contraire ! On vote. Tout le temps ! Même pour le choix des images. J’adore lancer les sondages de fin de brainstorming et découvrir quel sujet a gagné.
Pendant longtemps, on n’a pas eu besoin de s’appeler « Le Comité ». Le terme s’est imposé un peu de lui-même quand l’Équipe du site s’est vraiment étoffée (nouvelles modos, nouveaux correcteurs, renforts d’Habitués…). Dans les faits, chaque membre disponible apporte des idées et les explicite. Et après…

Jean Fanfiksion : Et après vous votez. J’ai pigé. Bon, j’imagine qu’on pourrait passer la question « Avez-vous participé à l’un d’eux ? » ?
OldGirl : Vous auriez plus vite fait de me demander auxquels je n’ai pas participé !
Jean Fanfiksion : Ah bon ? Il y en a ?
OldGirl : Oui, oui, bien sûr. Mes participations sont épisodiques aujourd’hui.

Jean Fanfiksion : Eh bien, ça anticipe une prochaine question, on en parlera plus tard. À l’époque en tous cas, qu’est-ce qui vous a motivée à faire le premier ?
OldGirl : En trois mots ? Nouveau, engageant, enthousiasmant. C’était un défi de vocabulaire et c’est ce que je préfère. Je trouve ça facile.
Jean Fanfiksion : Pour vous citer dans la dernière branche des Anachroniques, si c’est facile, est-ce que ça reste un défi ?
OldGirl : Jean, allons, vous voulez me faire dire que je triche en ne faisant que des défis faciles ?
Jean Fanfiksion : Je ne sais pas… C’est le cas ?
OldGirl : Eh bien, disons que je ne vois pas de raison de me retenir si j’ai le moyen, le mobile et l’opportunité ! Mais c’est vrai que c’est devenu rare pour moi de pouvoir réunir ces trois muses à la fois…

Jean Fanfiksion : Faut-il donc comprendre à demi-mot que vous avez perdu votre motivation ?
OldGirl : J’ai remarqué que j’avais beaucoup de motivation à une époque où j’avais plus de temps libre et peu de charge mentale. Je me demande si ça pourrait être lié ? dit-elle un doigt sur le menton en regardant le plafond. En tous cas, j’en ai toujours pour contribuer à leur élaboration.
Jean Fanfiksion : Parce que vous y êtes attachée, je le comprends. Mais aura-t-on le plaisir de lire prochainement votre participation au Défi spécial des 10 ans ?
OldGirl: Pourquoi, vous comptez rester au-delà du mois de juin ?

Jean écarte les mains avec une moue comique pour signifier qu’il ne sait pas quand son contrat prend fin.

Jean Fanfiksion : Peut-être ? Alors, pour votre participation ?
OldGirl: Peut-être ? Si le sujet donne des ailes à mon inspiration et n’a pas trop de contraintes !

Jean Fanfiksion mi-figue mi-raisin : Ah, la transition est toute trouvée avec la question suivante : quel a été votre meilleur souvenir autour d’un Défi ?
OldGirl : Là, vous me posez une colle… Mes meilleurs souvenirs sont sûrement ceux où j’ai écrit d’une traite en m’amusant avec des idées loufoques qui me faisaient rire toute seule. Ou bizarrement des participations peut-être trop spécifiques pour être vraiment vouées au succès, mais que j’étais (vraiment) la seule à pouvoir écrire.

Jean Fanfiksion : Un pire souvenir ?
OldGirl : Pas que je me souvienne. Un pire souvenir serait un Défi que je me serais forcée à faire alors qu’il ne rencontrait aucune problématique personnelle que j’aurais eu besoin d’exprimer. Je ne veux pas « produire du contenu » pour occuper le terrain. Pour conserver une bonne expérience, j’ai laissé de côté les thèmes qui ne me permettaient ni de m’amuser, ni d’être en connexion avec des émotions plus profondes, partagées par des personnages ayant au moins une frontière commune avec moi.

Jean Fanfiksion : Vous parliez à l’instant de textes « pas voués au succès », cela ne présage rien de bon sur la prochaine question, mais en consultant votre profil, je vois que vous avez… (il tousse) euh… quelques vues sur vos productions, hein ?
OldGirl: Des vues ? Ou ça ? Jean, personne ne vous a donc parlé de la plaie que sont les bots sur Internet ? Il faut se défier des chiffres mirobolants, ajoute-t-elle d’un air finaud.

Jean Fanfiksion : Et, chiffres trompeurs mis à part, avez-vous l’impression que vous êtes davantage commentée sur vos One-shots de Défi ? Ou non ?
OldGirl : Le fait qu’il s’agisse de one-shots offre la possibilité aux participants de découvrir sans le moindre engagement une plume et / ou un fandom… Tenez, j’ai oublié de dire dans les meilleurs souvenirs : « avoir fait découvrir à quelqu’un son nouveau fandom favori ».
Mais si vous voulez parler chiffres… En prenant vraiment des OS (pas un truc indigeste découpé), j’en ai un en 8e et un en 9e place. Ils ne sont donc pas plus commentés. Par contre, quand ils le sont, c’est par davantage de personnes différentes, fatalement… J’ai par contre une participation qui est 3e à mon podium, mais ce n’est techniquement pas un one-shot. Si je considère juste son premier chapitre, il est seulement 15e…

Jean Fanfiksion : Donc, si j’ai bien compris, votre réponse c’est « plutôt non ». J’enchaîne sans transition car l’heure tourne. J’ai cru comprendre que vous n’avez pas commencé à écrire des fanfictions à l’âge tendre, mais est-ce que participer à un ou plusieurs Défis vous a tout de même aidé à développer votre écriture ?
OldGirl : Pas la moindre idée ! Je veux dire que je ne sais pas si ce sont les Défis qui m’auraient amenée à écrire mieux, ou si c’est simplement écrire et travailler comme une forçate des chapitres de fanfictions longues. Ou lire des fanfiqueurs dont j’aime le style.
Les OS de Défi ont ceci de particulier qu’il y a une probabilité plus élevée qu’ils soient parcourus par des coparticipants « hors fandom ». Je vois un peu ça comme s’habiller sur son trente-et-un pour un rendez-vous versus porter baskets, jean et tee-shirt froissés pour lecteurs déjà familiers. Dans un cas, on y va bien peigné, en rentrant le ventre et avec un bouquet ; dans l’autre, le naturel revient au galop. Les raccourcis, les facilités, les omissions… Mais quand il faut tenir la distance sur quarante chapitres, on oublie les talons, si vous me passez la métaphore.

Jean Fanfiksion : J’ai l’impression que ça compte plutôt pour un oui en faveur des Défis, si vous y faites un effort conscient pour « améliorer » le confort de lecture d’autrui. Vous confirmez ?
OldGirl : Dans les fanfics longues, ce qui m’intéresse, c’est de jongler avec la justesse, les dialogues, une intrigue complexe que j’arriverais à mener. Or il n’y a rien de cela dans 3000 mots définitifs… Il faut voir que c’est à peu près le nombre de pages qu’il me faut pour m’échauffer et poser le contexte avant de commencer…

Jean Fanfiksion : Et ça vous frustre, non ?.. Peut-être une des choses qui sape votre motivation ? Vous avez parlé juste avant de travailler « comme une forçate » – vos mots aussi – donc j’imagine que vous ne publiez pas votre premier jet et que vous aimez « cent fois sur le métier remettre votre ouvrage ». Ce trouble obsessionnel compulsif, vous en faites bénéficier d’autres ? Qu’en est-il de vos talents de bêta ou prélectrice ?
OldGirl : J’ai exercé ici pendant plusieurs années comme correctrice. Et puis le temps a passé, et j’ai réalisé que c’était certes utile mais très peu gratifiant, et que ce qui m’intéressait davantage, c’était de réfléchir sur les mots, sur les formulations, la syntaxe, avec ceux… roulement de tambour… qui n’avaient en réalité aucun problème ni d’orthographe, ni de grammaire !
Mais je fais assez peu de prélecture parce que je voudrais pouvoir le faire sur des fandoms qui me plaisent et que je connais (ça réduit les possibilités). Un malheur n’arrivant jamais seul, je suis plutôt interventionniste avec une idée souvent précise de ce qui serait « mieux dit ». Ce n’est pas forcément une expérience plaisante pour la victime qui tient à ses tournures.

Jean Fanfiksion : Mon rédacteur en chef est pareil… OldGirl, on arrive déjà au terme de cette interview, avec la dernière question : avez-vous pu faire des rencontres et vous créer des amis via les Défis ?
OldGirl, avec un petit sourire narquois : Et là je vous invite à rembobiner pour repasser l’enregistrement de ma dernière phrase…

Jean Fanfiksion : Vous éludez… Tout ce temps en fanfiction, et pas un seul ami ? C’est un peu triste, non ?
OldGirl : J’ai pu faire des « rencontres » mais dans le cadre plus vaste de la fanfiction en général, plutôt que celui des Défis en particulier. J’aime lire et commenter des fanfictions longues dans des fandoms que je connais. Ou à défaut, des fanfictions rédigées de telle sorte qu’on puisse suivre sans rien connaître du lore d’origine. Or les Défis, c’est souvent du court dans des fandoms que je ne connais pas ! Mais à de très rares exceptions près : je les lis tous.

[Jean acquiesce, pas tout à fait satisfait de cette réponse. Il inspire profondément, se relève avant d’empocher ses fiches dans sa veste. Pendant ce temps, dos à la salle, il déconnecte temporairement son micro pour parler plus bas.]

Jean Fanfiksion : C’était difficile, hein, cette interview ?
OldGirl, protestant : Oh non, ne dites pas ça, j’ai pas du tout dévié. Et j’ai fait court.
Jean Fanfiksion : Vous avez botté en touche souvent. Ce sont juste des questions, pas des pièges…
OldGirl, acquiesçant : Des questions, le pain quotidien pour un journaliste. Mais je ne sais pas pourquoi, j’ai toujours l’impression qu’il faut répondre sincèrement… alors qu’il me suffirait de broder et d’inventer.
Jean Fanfiksion, d’un air entendu : Inventer, le pain quotidien pour un écrivain. Mais je me demande si je ne vous préférais pas super dissipée et pétillante, avec la petite jeune fille de la dernière fois. Elle va bien, à propos ? Je crois que je l’aimais bien.
OldGirl : Non. Elle est coincée dans le chapitre 54 où je ne lui ai pas parlé depuis des mois !

[Il s’étonne brièvement, et lui donne le bras pour la raccompagner vers la sortie. Puis avant de revenir sur ses pas pour rejoindre la scène, mû par une inspiration, il demande d’un ton prudent :]

Jean Fanfiksion : Ce sont des chapitres de fin, n’est-ce pas ? Avec votre ado futée… C’est jamais facile, à ce qu’on m’a dit.
OldGirl : Non, jamais. Mais peut-être que je tiens avec ça une réponse honnête à votre première question. Vous savez… Sur ce qu’est un défi pour moi. Eh bien, avec un temps de retard, je propose : dire adieu à ses personnages ?

[OldGirl déglutit et détourne le regard vers les fauteuils sous les spots. Pourquoi était-elle allée parler de ça ? Elle allait casser toute l’ambiance.

Tous les deux savent qu’il est temps de clore l’entrevue. Il hésite. Elle recule.]

OldGirl : Dites, Jean, est-ce que je ne verrais pas un nouvel invité ? J’espère pour vous qu’il sera plus marrant ! Sinon je pense que vous allez décliner l’offre de nos descendants dans dix ans !

[Jean lui lance un dernier signe de tête et se hâte vers le plateau. Trop tard. Il a manqué sa chance de demander deux trois conseils. Dans dix ans, peut-être qu’il en serait à terminer son troisième roman et qu’il se trouverait de l’autre côté du micro. Qui sait ? Parce qu’à force d’interviewer tous ces fans, il se dit qu’il essaierait bien un jour.
Mais par contre, il faudrait impérativement qu’il prenne un pseudo.]

8 « J'aime »

[Une silhouette avance sur le plateau d’un pas très peu assuré. Le public repère en un clin d’oeil que la personne n’est pas du tout à l’aise.]

:green_apple: Je croyais que ça serait des micro-trottoirs… …

[Jean Fanfiksion s’approche pour la saluer et l’inviter à s’installer sur le fauteuil dédié aux invités.]

:studio_microphone: Allons, allons, venez par là, je ne vais pas vous manger ! (rires du public. Ils s’assoient à leurs places respectives.) Pourriez-vous vous présenter, madame…

:green_apple: Euh, BakApple. Ou Apple. Ou Pomme. Ou… bref, officiellement BakApple mais j’ai pas mal de surnoms dérivés de mon pseudo.

:studio_microphone: Eh bien voilà ! Donc, BakApple, bienvenue sur le plateau d’Entre vous et Défis. Et merci d’être venue !

:green_apple: Merci à vous pour l’invitation, surtout.

:studio_microphone: Donc, BakApple, qu’est-ce que vous considérez être un défi, ou la notion de se défier ?

:green_apple: Je dirais réaliser quelque chose en ayant des contraintes dans l’intitulé… Dans la vie, ça serait affronter une épreuve en dépit du stress, de l’appréhension, ce genre de chose. En écriture, tel que je le considère maintenant grâce à FFR, je dirais que c’est écrire une fanfiction, courte ou longue, en ayant des contraintes de style, de thème, de forme… que ce soit personnel ou sous forme de jeu d’écriture.

:studio_microphone: Et, puisque vous parlez de votre notion de défis d’écriture découlant de FFR, comment avez-vous découvert les Défis proposés sur le forum ?

:green_apple: Alors c’est tout bête, mais un jour de novembre 2019 j’ai cliqué sur le bouton « Forum » du site, et je me suis retrouvée sur le forum, et c’était l’un des premiers sujets en haut de la liste. J’ai cliqué, j’ai adhéré, j’ai participé ! Et après, j’ai continué !

:studio_microphone: Une sorte de veni, vidi, vici, dirions-nous ? (rires du public et des intervenants) Donc si vous dites avoir adhéré, c’est que ces Défis vous ont fait une bonne impression ? Ou au contraire, une mauvaise ?

:green_apple: Elle est un peu orientée votre question ! (rires) Mais oui, une bonne voire très bonne impression ! Je me suis dit que c’était une super façon de varier mes textes, et de progresser. Le premier Défi, c’était Promenons-nous dans les bois, donc un paysage forestier, et le niveau 2 de difficulté c’était dix mots rares à insérer. J’ai découvert des mots rares grâce à ça, et ai dû faire en sorte de les inclure sans que ça détonne du reste du texte et du style – un vrai défi ! Aujourd’hui encore, j’en utilise certains, d’ailleurs, comme quoi ça marque. Bref, et ensuite, en parcourant les anciens, en découvrant l’option de seconde chance et en voyant les suivants, cette bonne impression s’est renforcée. Savoir qu’il y avait des personnes bénévoles qui réfléchissaient à des thèmes et se donnaient autant à fond pour animer le forum, et chaque mois en plus puisqu’à ce moment-là c’était mensuel, ça m’a encore plus motivée à les relever.

:studio_microphone: Vous répondez déjà à la question suivante ! Vous avez déjà participé à au moins un Défi, donc, et pensiez-vous avant cela participer à ce genre de défi d’écriture ?

:green_apple: Oh, ça, sûrement. Je ne me rappelle plus trop, à vrai dire, mais je pense que oui. J’adorais les exercices d’écriture d’invention au collège et au lycée, qui posaient des contraintes – un défi d’écriture comme je l’entendais et comme FFR le propose en somme. Donc ce n’est que la continuité ! Je passais quand même mon tour lorsque les thèmes m’inspiraient moins, ou me posaient davantage de difficultés. Mais si ça me donnait la moindre idée… à coup sûr, je faisais tout ce que je pouvais pour participer dans les temps !

:studio_microphone: Et y avait-il une motivation en particulier lors de votre première participation ?

:green_apple: Celle de tenter le coup, si ça compte ? Je pense que c’était à ce moment-là un prétexte pour écrire autre chose, m’essayer à un autre fandom, un autre genre !

:studio_microphone: Et cette motivation de la nouveauté était-elle présente sur les défis suivants ? L’avez-vous conservée ?

:green_apple: Oui et non. Elle a évolué, disons. Lorsque j’ai vu, via les commentaires que je recevais, que j’étais lue et que j’avais des retours, j’ai eu cette envie de continuer parce que les retours me critiquaient de façon pertinente. Par la suite, les défis ont quelques fois été un prétexte pour prendre des pauses dans mes fanfictions en cours ou pour écrire sur d’autres fandoms. D’autres fois, c’était pour mon simple plaisir, ou alors pour le plaisir de partager. J’ai participé deux fois à des ateliers-défis de type « Secret Santa », et le fait d’écrire pour quelqu’un était particulièrement agréable. En fait, je dirais que la motivation qui me poussait à participer aux défis – me pousse, pardon, même si je n’y participe plus en ce moment, je n’abandonne pas l’idée de faire mon grand retour – donc je disais, ma motivation, elle est beaucoup plus large aujourd’hui, et dépend beaucoup du thème. Mais il y a une règle à laquelle je veux absolument me tenir, c’est de m’amuser, d’être heureuse d’avoir écrit le texte que je soumets à la fin. Donc on peut dire que c’est ça, la motivation principale ! (rires gênés) Avec tout ça, je ne réponds pas concrètement à la question, désolée…

:studio_microphone: Non, non, pas de souci ! Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse, après tout !

:green_apple: Ou de bonne ou de mauvaise situation pour un défi… pardon.

:studio_microphone: C’était des rencontres, des défis qui vous ont tendu la main, peut-être à des moments où vous ne pouviez pas, où vous étiez seule chez vous ?

:green_apple: Ah, ah, vous ne croyez pas si bien dire ! C’était juste avant le COVID, mon tout premier, j’étais quasiment seule chez moi en effet !

:studio_microphone: Merci monsieur Chabat ! (rires) Allez, recentrons-nous un peu ! Est-ce que vous avez un meilleur et/ou un pire souvenir autour des Défis ?

:green_apple: J’ai deux super souvenirs, je dirais, et un mauvais. Il y a eu le premier contact, je dirais, celui où j’ai eu mes premiers retours, à la fin de mon tout premier Défi. J’étais comme une gamine un matin de Noël, les étoiles dans les yeux, heureuse de constater que j’avais été lue et commentée. Ca paraît peu, mais pour moi c’était beaucoup. Mes fanfictions n’avaient jamais vraiment dépassé mon cercle restreint d’amis qui partageaient mes fandoms, donc là c’était quelque chose ! Mais je pense que mon meilleur souvenir reste les fous rires autour du Défi du crossover improbable. C’est parti d’une blague sur le serveur Discord à l’époque, où on disait pour rire les crossovers « débiles » qu’on écrirait un jour. Comme il y avait eu un engouement, j’ai proposé l’idée au Comité en argumentant qu’on avait des motivés qui avaient déjà des prémices d’idées, et ça a été validé. Ah, les participations étaient incroyables, les participants et participantes se sont vraiment donné.e.s à fond !

:studio_microphone: Ah ça, je peux m’en douter ! Des exemples de ces cross-overs improbables ?

:green_apple: J’avais adoré le combo féérique enfantin et morbide à l’humour noir d’EnSo, un mix entre les Luxioles et la Famille Addams. Astrée nous avait proposé un combo Gardiens de la Galaxie et Dora l’Exploratrice, et Hestha a proposé la cerise et le gâteau avec les Gardiens de la Galaxie qui rencontraient notre légendaire Joséphine, Ange Gardien. Les gens étaient aussi inventifs que drôles et doués !

:studio_microphone: Je ne peux que vous croire ! Et le mauvais souvenir, si ce n’est pas trop demander ?

:green_apple: Ah, lui, il n’est toujours pas digéré, mais il y a eu un texte de Défi qui signifiait beaucoup pour moi, où j’avais mis une grande partie de mon cœur dedans, en l’écrivant. Et j’ai eu une suspicion de plagiat sur mon texte. Aujourd’hui encore j’ai du mal à savoir si je me faisais des films ou si c’était le cas, volontairement ou non, mais l’idée qu’un de mes textes ait été plagié, surtout un texte qui signifiait beaucoup pour moi, ça m’a fait quelque chose. Le Défi en lui-même était super, et je n’ai pas eu de mauvaise expérience en écrivant ou en ayant des retours, mais c’était plutôt l’après-coup, en lisant d’autres contributions, en première instance comme en Seconde Chance, pour remarquer que je retrouvais mon style dans le texte de quelqu’un d’autre.

:studio_microphone: En effet, ça ne devait pas être simple à gérer, autant pour vous que pour les autres ; le Comité, peut-être, et la personne en question.

:green_apple: C’est résolu, maintenant, donc c’est du passé ! C’est juste moi qui ne sais pas tourner la page, mais ce n’est qu’une page parmi d’autres qui restent ouvertes alors que j’ai fini de les lire ! (rires)

:studio_microphone: J’aime cette vision des choses ! Courage ! Mais recentrons-nous encore un peu, je vous prie. Vous mentionniez que ça vous avait fait de l’effet d’avoir des retours sur votre premier Défi, parce que c’était inattendu et peu commun pour vous. Diriez-vous que vous êtes davantage commentée sur vos textes de Défi ?

:green_apple: Oh oui, complètement !! Presque le jour et la nuit ! Et ça ne m’étonne pas. Moi la première, je lis plus facilement des textes de Défi même si je ne connais pas le fandom. Je dirais qu’il y a un socle commun sur lequel nous nous sommes toutes et tous appuyé.e.s, donc il y a déjà un moteur pour la lecture. Et aussi, même si la connaissance du fandom bloque parfois à la lecture, rien ne nous empêche de découvrir des plumes et des auteurices. J’ai moi-même conquis des lecteurs avec mon style même s’ils ne connaissaient pas mes fandoms, et ai aussi été attirée par d’autres auteurs en découvrant leur style via les Défis. Une chose en entraînant une autre, on finit par amasser quelques connaissances sur les fandoms pour, au final, en connaître assez pour bien profiter des textes. Et pour les commentaires… C’est une sorte de règle tacite, si on a quelque chose à dire bien sûr, que de commenter les participations. Pour moi, c’est une façon de signifier à l’auteurice que son texte a été lu, et je prends les commentaires comme ça, même s’il tient en une phrase. Le recevoir signifie beaucoup pour moi, parce que ça veut dire que quelqu’un m’a lue, même s’il ne connaît pas toujours mon fandom. C’est très gratifiant.

:studio_microphone: Et est-ce que ces participations aux Défis vous ont aidée à développer votre écriture ?

:green_apple: Je dirais que oui, entièrement. Savoir que j’étais lue me donnait envie de faire au mieux, dans le style, la correction, tout ça. Et petit à petit, j’ai fait en sorte de rendre mes textes accessibles pour que mes lecteurs hors fandom puissent comprendre un minimum de ce que je raconte. C’est quelque chose qui me tient à cœur. Aujourd’hui, ces exercices m’ont permis d’approfondir mon style, et je trouve qu’il est sensiblement le même en cas de Défi ou de fic plus classique.

:studio_microphone: Et vos talents de bêta ou prélectrice ?

:green_apple: Je n’ai pas beaucoup été sollicitée, mais ça m’a permis de m’y exercer ! Pour sûr, comme pour tout travail de collaboration, ça m’a apporté des éléments d’autoréflexion et de communication. Je pense que j’aimerais bien réessayer à l’occasion !

:studio_microphone: À vous entendre, ce sont beaucoup d’expériences à refaire, et avec enthousiasme !

:green_apple: Oui, complètement ! Même si le temps et l’énergie me manquent beaucoup à présent, j’adorerais pouvoir être aussi assidue qu’avant en écriture, en lecture et en bêta ou prélecture de Défis ! Je suis vraiment contente d’être tombée sur les Défis !

:studio_microphone: Est-ce que, par hasard, ce sentiment positif ne viendrait-il pas aussi de rencontres qui sont devenues des amitiés ?

:green_apple: Possiblement, oui ! Disons que ça a abattu un mur que j’imaginais entre moi et les autres forumistes – surtout mes aînés, en âge comme en expérience – et j’ai compris que, derrière tous nos pseudos et nos textes, nous étions surtout des amateurices de fanfictions qui s’adonnaient à l’écriture sous contraintes. Ca a aussi renforcé des liens que j’avais déjà avec certaines personnes ! Donc on va dire que ces Défis m’ont donné en plus un apport social !

:studio_microphone: Ca en fait du positif ! Voilà qui va plaire au Comité !

[BakApple rit légèrement.]

:studio_microphone: Oui, bon, aux autres membres du Comité !

:green_apple: Bien évidemment !

:studio_microphone: Autre chose à ajouter, en mot de la fin ?

:green_apple: Hm… Bon anniversaire aux Défis du forum de FFR, et pourvu que ça dure ! Avec toujours ces idées du Comité et la réception positive des membres du forum !!

:studio_microphone: Ah, ah, ça doit être dur d’évoquer le Comité tout en s’en détachant !

:green_apple: Je ne vous le fais pas dire… Je ne veux pas me jeter des fleurs, mais je veux en offrir à mes compagnons de crime !

:studio_microphone: Allez, il me semble que vous avez une participation à écrire, non ? En espérant que vous en tiriez satisfaction !

:green_apple: Comme toujours ! Et il y a le défi de septembre-octobre à préparer aussi !

:studio_microphone: Alors je ne vous retiens pas plus ! Merci pour votre intervention !

:green_apple: Merci pour votre invitation !

:studio_microphone: À très bientôt, je l’espère, et bon retour chez vous !

[BakApple quitte le plateau sous les applaudissements du public.]

:green_apple: N’empêche que j’aurais préféré le micro-trottoir…

[Jean Fanfiksion fait mine de ne rien avoir entendu, et s’apprête à accueillir le ou la participant.e suivant.e.]

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