Trop intéressant tout ça.
Merci @Hellth de m’avoir taguée, j’ai failli passer à côté du sujet. ![]()
J’ai toujours vu la fanfiction comme quelque chose de profondément politique par plusieurs aspects : déjà parce qu’elle donne la parole à tout le monde, et ensuite parce qu’elle ne cherche pas à générer des revenus. Et je m’en rends encore plus compte avec ce topic. Dans ce monde de plus en plus rapide, connecté, stimulant, où la recherche d’efficacité est poussée à l’extrême et où notre précieuse attention est sans cesse captée par un flux continu d’informations, ça devient presque un acte de résistance (et un grand luxe aussi) de prendre du temps pour lire, dessiner, écrire, bref, rêver et créer, et encore plus de manière totalement gratuite et désintéressée (peut-être que je force un peu le trait pour me motiver à écrire, mais ça marche, c’est l’essentiel ^^).
Je suis donc contente de ne pas être la seule à être concernée et agacée par la question « mais tu ne veux pas écrire quelque chose d’original plutôt, que tu pourrais éditer/commercialiser ? »
Pour ma part je crois que c’est justement la gratuité qui m’a permis de me lancer dans l’écriture, le fait de me dire : « de toute manière, c’est fait pour s’amuser, alors fais-toi plaisir ». Ça m’a permis de lever un certain nombre de barrières qui m’empêchaient d’écrire (le sentiment d’illégitimité notamment). C’est aussi ce qui me permet d’écrire en y prenant autant de plaisir. Je crois que si j’avais la pression des objectifs de ventes etc., ça me bloquerait (ou en tout cas, ça me « briderait » sans doute dans le processus créatif, du moins au début).
C’est ce que j’explique autour de moi et j’essaie d’encourager celles et ceux (surtout celles) qui ont l’envie d’écrire mais qui ont la même impression de ne pas être assez douées pour ça. Parce que c’est un autre effet pervers des réseaux sociaux, en plus de vampiriser tout notre temps libre : ça inculque l’idée que tout doit forcément être parfait pour être montré. Ça pousse à douter de soi, et ça bride forcément la créativité.
Et c’est vrai que malheureusement, dans le monde de l’édition, tout est fait pour décourager les autrices et auteurs qui ont le malheur de douter un peu de leur talent : la compétitivité entre les auteurices, les refus répétés, les contrats abusifs… Je ne m’y suis pas frottée, mais les quelques connaissances qui ont essayé de publier leur livre sont allés de désillusions en désillusions
donc quand je vois ça, je me dis qu’on est très bien ici, dans cette ambiance libre, bienveillante et cocooning ! (et c’est ce que je dis aussi à tous mes proches
)
Et pour revenir sur la comparaison avec le dessin, je n’ai pas du tout l’impression que le dessin soit perçu comme « supérieur » à l’écriture. Au contraire, quand le dessin est facilement relégué au rang de « hobby », l’écriture est tout de suite vue par le prisme de l’édition, comme si écrire c’était tout de suite super intello, et systématiquement pour publier, pour vendre, etc.
Et en tout cas, avec Alixe, on est très contentes de pouvoir se faire un peu de marges sur les fanarts, c’est ce qui nous permet de rentrer à peu près dans nos frais de stands…
Et donc de mettre en valeur ce concept incroyable qu’est la fanfiction. Et de la défendre. Yeah !! ![]()
D’ailleurs, les gens avec qui on discute lors des conventions ne remettent pas du tout en question la fanfiction (ni son existence ni son intérêt). Les gens sont plutôt curieux, intéressés et entousiastes. Donc pour conclure, je dirais que la fanfiction est un concept certes mal connu, et relativement assez peu de visibilité, mais suffisamment cool pour être défendu simplement en en parlant le plus possible autour de soi. ![]()