Bonjour toutes et tous !
Ce topic naît d’une écoute du très intéressant podcast signé France Culture,
À qui profite la littérature ?, qui interroge sur l’importance et la place de la littérature dans notre société moderne qui va toujours plus vite et nous place en recherche constante de performance au détriment du plaisir et de la détente.
C’est un fait : les Français lisent de moins en moins, en témoigne
le baromètre du Centre National du Live en date du 8 avril 2025, avec une diminution progressive de la lecture sur papier et de la lecture tout court (63% des Français ont lu au moins 5 livres ces 12 derniers mois, alors qu’ils étaient 69% en 2023).
Le temps moyen passé devant un écran explose largement celui passé à lire (y compris les livres numériques), pour d’autres activités comme le travail, les réseaux sociaux, le streaming, les jeux vidéo… et j’en passe.
Or, comme le souligne l’invité du podcast sus-nommé, Antoine Compagnon, la lecture est primordiale pour façonner notre esprit, apprendre, découvrir, nous épanouir et nous émanciper. Il dit notamment :
Pour moi l’expérience primordiale de la lecture, c’est l’égarement. C’est prendre un livre, et être comme dans une forêt, comme dans une ville la nuit, de ne pas savoir où on va et, pendant un certain nombre de pages, vraiment de se demander où l’on est. Et puis peu à peu, de se retrouver, de se familiariser.
Nous vivons à une époque où tout va très vite. Les tendances se suivent, s’enchaînent et ne perdurent qu’un maigre temps ; nous sommes abreuvé.e.s d’informations aussi intéressantes qu’inutiles ; nous sommes en constante recherche d’interaction, de stimulation, quelles qu’elles soient.
Qu’il s’agisse de la vie professionnelle, de la vie privée ou de la vie virtuelle, nous – en tant qu’individus – sommes très souvent soumis aux problèmes de rentabilité. Qu’il s’agisse de notre temps, de nos compétences, de notre « utilité », tout doit être rentable. Il ne faut pas gaspiller son temps mais le répartir à bon escient pour en tirer le meilleur profit. Il ne faut pas s’embêter à apprendre de nouvelles choses (une langue, un instrument, une activité) si elle ne nous sert « à rien » dans notre vie professionnelle ou personnelle.
En plus de cela, cette conscience de la finité ou finitude du temps nous rend, pour certain.e.s, impatient.e.s. Lorsque nous n’avons pas les réponses que nous souhaitons dans la seconde qui suit notre question, nous nous tournons vers des outils toujours plus performant qui nous répondent en une fraction de seconde, qui cherchent à notre place. L’information n’a jamais été aussi accessible qu’à présent, et notre mémoire n’a jamais aussi peu retenu d’informations qu’aujourd’hui.
La lecture en tant qu’activité de loisir n’est pas quantifiable. On ne peut pas mettre des nombres indiquant sa « rentabilité » car, mis à part l’aspect financier qui en découle (coûts d’impression, d’acheminement, de ventes, et autres droits d’auteurs), l’impact de la littérature sur les individus ne peut être mesurée avec des nombres ou des statistiques.
Et pourtant, malgré toutes ces injonctions et ces constats qui pourraient être alarmistes, nous nous retrouvons ici, tous autant que nous sommes, à partager nos écrits, à les lire, à en discuter, et à divaguer sur des sujets tournant plus ou moins autour de la littérature.
Ainsi se pose la question : est-il possible de défendre notre pratique de la fanfiction dans notre société en proie à cette recherche de vitesse et de rentabilité ?
À travers différents topics, nous avons plus ou moins déjà abordé des sujets similaires.
・ Nous avons évoqué un « besoin de rentabilité », qui pousse parfois à suivre les tendances pour avoir des lectures, des commentaires, voire une sorte de prestige en tant qu’auteur. Forcément, de tels retours tangibles sur nos textes boostent notre ego.
・ Pour d’autres, ce serait davantage un simple besoin d’écrire pour viser une
publication rapide et régulière, comme un chapitre par semaine, tels le roman-feuilleton qui paraît aujourd’hui encore dans certains journaux. Mais chez quelques-uns de ces adeptes, cela met une tension énorme sur les épaules et les esprits ; un simple grain de sable dans cet engrenage met en péril cet équilibre précaire dès lors que nous ne sommes pas ou plus en mesure d’écrire ce chapitre hebdomadaire, c’est la fin du monde.
・ Et enfin, certains sont davantage adeptes du « suivre sa propre voie », quitte à ne pas publier aussi souvent qu’ils l’aimeraient, voire être marginal dans son fandom en allant à contre-courant des tendances.
Est-il possible pour nous, en tant que lecteurices et auteurices de fanfictions, de défendre la fanfiction et ses spécificités dans notre monde actuel où tout s’accélère ?
Avez-vous déjà fait face à ces problématiques que rencontre actuellement la littérature plus « classique » dans le monde de la fanfiction et, si oui, quel(s) effet(s) ont-elles eu sur votre vision des choses ?


