Face aux dystopies, des aventures plus positives

Bonjour à tous !

Je viens de tomber sur cet article assez intéressant sur un récent projet mis en place afin de réunir des idées positives d’écriture d’aventures spatiales dans le but de contrebalancer la montée en puissance des dystopies qui fleurissent dans ce domaine.

Bref, qu’en pensez-vous ? Est ce que vous préférez (un peu comme moi) écrire des dystopies et est ce que cela vous intéresse même d’un point de vue extérieur ou est ce que cela vous laisse de marbre ?

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Oh, ça m’aurait intéressé (j’ai trouvé l’article sur smartphone) et tu le repostes ici… Mais sur ordi, le site de 20 minutes exige qu’on désactive l’ADblock.
Je déteste le forcing et je boude.

Si vous saviez COMBIEN internet m’emm casse les pieds avec son RGPD et ses milliards de pubs et pop-ups qui bouffent l’écran, clignotent sans qu’on ait rien demandé… C’était la minute vioque qui n’en peut plus.

Bref, ce serait le retour de ce qu’on appelait autrefois… les utopies ?

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Je comprends l’idée, c’est pas mal, mais les dystopies existent parce que les gens sont pessimistes, et s’ils sont pessimistes c’est qu’il y a une raison. :sweat_smile:
Les études sociologiques et psychologiques montrent que dans la majeure partie des pays occidentaux, les jeunes (et moins jeunes) ont peur de l’avenir, il y a un stress permanent lié à plusieurs sujets qui s’avèrent être des thèmes appréciés dans la littérature SF : réchauffement climatique et ses conséquences (immigration massive, catastrophes naturelles, manque d’eau, de sources d’énergie, nouvelles maladies…), risques de guerre (physiques, commerciales, numériques), inégalités sociales grandissantes qui peuvent conduire à des dictatures et à des effondrements de civilisations…

Ce sujet me rappelle une conversation que j’ai déjà eu avec un collègue. Un autre de mes collègues, qui vient d’avoir la soixantaine et est en pré-retraite est un gros lecteur de SF, et il a un faible pour la SF « positive ». C’est un optimiste, et c’est quasiment le seul au boulot. Il est persuadé que le monde va s’améliorer, qu’on va vivre de plus en plus vieux grâce à la science, en meilleure santé, que la robotisation va révolutionner le travail, que la planète va être sauvée par les progrès technologiques et agronomiques.
Parfois, on se moque de lui, parce qu’il est abonné à Science et Vie, or la revue est assez optimiste et consacrées aux découvertes scientifiques, aux problématiques de la recherche actuelle et aux différents progrès. Il nous ramène ses numéros une fois qu’il les a lu, et nous en rigole parce que le contenu fait parfois un peu SF, à la fois parce que les rédacteurs vulgarisent beaucoup et ont un petit goût pour le sensationnel, et aussi parce que ce sont de vraies études, mais elles sont marginales ou à leurs prémices, et il n’est jamais question de « l’envers du décor », c’est à dire les manques de financements, les sources de financement (études indépendantes ou financées par des lobbys ?) les choix idéologiques ou économiques qui sont faits dans la recherche indépendamment des besoins de la société, les problèmes méthodologiques, les problèmes éthiques, etc.

Avec mon collègue que je pourrais appeler Monsieur Grincheux Fataliste, on a tendance à penser que notre autre collègue vit un peu dans sa bulle de privilégié. Sa vision du monde découle de ses lectures, et en fait c’est le même principe que le « miroir des convictions » sur internet (sur les réseaux sociaux surtout). On ne lit que ce qu’on a envie de lire et les algorithmes amplifient le phénomène. On s’enferme dans notre réalité en ignorant celle des autres et avec une difficulté à jauger des proportions.

Du coup, la SF optimiste : pour qui et pour quoi ? D’ailleurs, les dystopies, pour qui et pour quoi ?
Est-ce pour une y croire vraiment ou pour arrêter de trop déprimer tout en étant conscient de la réalité ?
Et est-ce que tous les auteurs réfléchissent à ces questions ou fonctionnent-ils plus à l’instinct ?

Je ne me sens pas d’écrire de la SF, parce que c’est trop compliqué pour moi, trop technique (en matière de worldbuilding). Le mieux que je puisse faire c’est d’expliquer le fonctionnement de quelques machines dans mes fanfics Pokémon :sweat_smile: Cela étant dit, j’ai beau être très pessimiste et anxieuse par nature, si j’en écrivais, je pense que j’écrirais plutôt des utopies, justement pour l’effet « feel good » que ça procure. Ou plus exactement, j’aurais envie d’écrire des utopie, j’essayerai, mais je ne sais pas si j’en serais capable.
Mes fanfics ont longtemps étaient très feel good et happy ending, mais je constate qu’en vieillissant j’arrive à y mettre plus de noirceur et de fatalisme, sans que ce soit vraiment dark.

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C’est justement une idée que j’ai depuis longtemps, que c’est lassant de ne voir que des dystopies partout. J’ai même un brouillon de roman d’anticipation utopique que je développe de temps en temps.

Je comprends qu’on puisse penser que c’est une démarche optimiste, mais pour ma part, je ne crois pas. Je suis optimiste dans le sens où je cherche toujours à tirer le meilleur parti d’une situation, même catastrophique, mais pas forcément dans le sens où j’attendrais un avenir idéal, surtout en ce qui concerne la politique ou la société.

Au contraire, je consomme des fictions principalement pour le plaisir, je ne suis pas du genre à me torturer avec des histoires horribles alors que garder le moral au quotidien est déjà difficile. Donc l’utopie, c’est un bon moyen de se détendre dans un univers moins oppressant.

En étant optimiste :blush: on peut imaginer que ces histoires inspirent même des décideurs de tous domaines et niveaux (chefs d’entreprises, maires, etc) à mieux légiférer. Un peu comme les héros qui servaient d’exemples, à l’origine.

D’ailleurs, je regrette que les véritables héros, sans défauts ou presque, aient pratiquement disparus en dehors de quelques fictions pour enfants. Mais c’est un autre sujet.

Le projet de l’agence spatiale est intéressant ; je serais curieux de voir les idées que cela produira.

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C’est vrai qu’avec l’actualité et ce qui s’annonce pour le futur, il y a de quoi inspirer des dystopies :cry:
J’aime bien leur projet, je suis curieuse de voir ce que ça donnerait. :slightly_smiling_face:
Je pense qu’une utopie permettrait de se représenter un projet commun sur le long terme et de cibler les solutions. Je pense que l’idée serait de s’en rapprocher au maximum. Si on est optimiste, peut-être que je projet pourrait inspirer les gouvernements,dans les objectifs qu’ils se fixent (qui viserait plus loin dans le temps pour une fois).

Et se centrer sur des solutions et des résultats visualisables ça aide beaucoup à diminuer l’anxiété (puisqu’il y a moyen d’agir) et se motiver si nous sommes amenés à changer nos habitudes (pour les individus et j’imagine pour les sociétés).

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En fait, j’aime toutes les sortes d’uchronies, personnellement, et c’est en s’y intéressant qu’on se rend compte qu’entre une dystopie ou une utopie il n’y a parfois qu’un pas. La dystopie de quelqu’un est peut-être l’utopie d’un autre et inversement. Ca me rappelle la blague du voyageur temporel qui bouge une chaise avant de revenir pour constater des résultats… étonnants. :grin:

Pour le coup, je ne peux pas vraiment me décider entre les deux. Il est vrai qu’écrire dans une dystopie est plus aisé, car, à mon sens, le flux de l’histoire est plus fluide et dynamique, puisque la dystopie implique un ou des problèmes à résoudre afin de détruire cette uchronie, tandis que l’écrivain utopiste se contente souvent de présenter son monde comme un parfait ouvrage aux rouages bien huilés, qui dénote complètement avec notre monde actuel. Mais une seule petite goutte d’eau peut tout faire dérailler, et c’est cette fragilité qui rend l’utopie si intéressante, je trouve.

Tout ça me fait d’ailleurs penser au film Tomorrowland (ou A la poursuite de demain en VF), qui, même s’il n’est pas parfait, a le mérite de s’inscrire dans cette opposition entre la dystopie et l’utopie. Les messages s’embrouillent souvent et le scénario part parfois dans tous les sens sans se concentrer sur ce « Monde de demain » qui fait tant saliver, mais le message de fond est plein d’espoir (peut-être un peu niais, maintenant que j’y pense) et c’est bête à dire, mais c’est ce qui me fait aimer ce film.

Bref, je pense finalement que utopie et dystopie ne sont pas si différentes. De là à dire qu’écrire plus d’utopies pourrait changer quelque chose, j’en doute. Et puis comme l’a dit @Tracy :

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J’ai peur qu 'on perde la moitié des gens si je dis qu’une uchronie n’est pas forcément dystopique… :rofl:

Par exemple, pour moi, Le Maître du Haut-Château est une uchronie dystopique.
C’est à dire, à la fois la présentation d’une phase de l’Histoire qui a divergé pour donner quelque chose qu’on ne connait pas, car un point de bascule ne s’est pas produit comme on l’a connu (-> uchronie) et que l’Histoire du monde qui en a suivi a organisé en plus une société inconnue et qui ne donne vraiment pas envie (totalitaire, raciste, oppressive plus ou moins subtilement) soit une dystopie.

Toutes les jeunes filles doivent connaitre le mot dystopie grâce à Hunger Games et Divergente (normalement) mais on ne sait jamais. Et les plus vieux gars, grâce à Terminator car finalement, on n’a pas encore eu le « soulèvement des machines » à la date dite. :smiley:

J’ai lu il y a deux ans ? (je ne sais plus), un roman nommé Acrobolis (ne cherchez pas dans vos souvenirs l’auteur est édité dans une micro maison d’édition).
Cela commence comme une utopie avec la présentation d’une société semblant parfaite au héros qui vit dedans et qu’on découvre à travers ses yeux. Puis on réalise qu’il y en a qui ne vivent pas dans cette « ville parfaite » des conditions de vie géniales, des progrès physiologiques, ni dans aucune autre existant de part le monde.
Devinez quoi ? le héros en est expulsé de ce « paradis » et perd tout l’équivalent de ses « papiers » (identité, job, accès à… tout y compris son appart…) et à partir de là, il n’a plus d’existence légale, et les non-citoyens légaux sont virés « dehors », dans ce qui semble être une banlieue plus craignos que craignos, mais à un point… … Il venait d’entrer non pas dans la 4e Dimension mais dans cette partie du roman où on découvre que c’était en fait, une dystopie (tin din diiiiiin, tin din diiiiin). :notes: :smiley:

Eh bien je n’ai pas aimé du tout la « banlieue » (on s’en doute).
Ni les relents « Soleil vert » (pour ceux qui connaissent ça aussi, et c’est pas évident car ça date) évoquant encore un pas plus loin, avec les « retraites dorées » dans l’équivalent de la Floride pour riches, dans un endroit encore plus magnifique et terrible où au bout d’un temps, les vieux, je préfère ne pas vous dire ce qui leur arrive. :laughing:
La fin est décevante pour moi, mais on s’en fiche. C’est effectivement le modèle fausse utopie mais vraie dystopie (anticipation flippée d’un avenir sociétal pourri où l’écologie tiens, hein ?..).

Effectivement, ça doit être plus facile pour un auteur de roman de remodeler un existant, dont le triturage appelle la péripétie et le « voyage initiatique » que de créer une société fonctionnelle meilleure (mais à quel point de vue ? meilleure pour qui ?) que celle qu’on connait.
Pendant un petit moment, tout l’engouement fasciné pour l’Atlantide au 19e siècle venait uniquement de là : rénover les modèles grecs antiques d’une société idéale.

Je suis d’accord avec Tracy, les temps ne se prêtent pas à l’optimisme et on regarde le monde à travers les lunettes qu’on choisit (plus ou moins) de porter. Alors qu’il faudrait regarder peut-être autre chose qu’un fil algorithmé par ses propres craintes.

Moi je suis en télévision minimale depuis bien avant le confinement et je dois dire que le monde ne va peut-être pas mieux ; mais moi, si. L’optimisme n’est pas nourri par « le journal des mauvaises nouvelles » permanent ou par le poids du lobby pessimiste qui est, de fait, castrateur et empêche d’entreprendre quoi que ce soit.

« Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait ».

S’il n’y avait pas des optimistes, on n’avancerait certainement pas, ou en tous cas, ailleurs que dans le mur.
Quelqu’un a vu « Don’t look up ? » :smiley:

(j’ai bien plombé là, hein ?) :rofl:

Oui, il faut des aventures plus positives, et surtout qu’elles ne soient pas systématiquement dénigrées comme « niaises ». Mais ça…

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Une petite histoire légère et joyeuse, si je me souviens bien ? :upside_down_face:

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Du coup, est-ce que vous connaissez de véritables utopies de fiction, ou des presque-utopies ?

Et nous avons oublié de mentionner la créativité : Si presque toutes les anticipations et uchronies sont dystopiques, alors écrire une utopie devrait forcément produire des idées un minimum originales, ce qui est souvent le but (ou un but important) des fictions.

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Le sujet me fait penser à une série de BD qui s’appelle « Jour J ». Ce sont des OS (à quelques exceptions près, composées de 2 ou 3 volumes à la suite) qui explorent des uchronies à toutes les époques. Le premier de la série, intitulé « Les Russes sur la lune », imagine qu’une météorite a détruit Apollo 11 et que les Russes (en la personne de Valentina Terechkova, une astronaute qui a vraiment existé) posent les premiers le pied sur la lune. Je ne vais pas raconter toute l’histoire ici, mais la BD est à la fois optimiste (ce qui se passe sur la lune) et pessimiste (ce qui se passe sur Terre) : ça forme un mélange que j’ai trouvé assez réaliste (toutes proportions gardées bien sûr).

D’autres tomes de cette BD imaginent (de mémoire, je ne les ai pas tous lus) un Christophe Colomb qui est payé par un dirigeant arabe pour traverser l’océan Atlantique (et découvre donc l’Amérique au profit de l’émirat de Cordoue), la survie de Marie-Antoinette et sa volonté de récupérer le trône, un empire napoléonien qui ne se serait pas heurté à Waterloo, les conséquences de mai 68 si De Gaulle était mort avant… Mon préféré est celui où Barrabas meurt sur la croix à la place du Christ. A chaque fois, il y a des conséquences positives et négatives. Si ça vous intéresse : Jour J

Je ne connais pas d’utopie à l’exception de celle de Thomas More, et je pense qu’on peut ajouter L’île aux esclaves de Marivaux… mais j’ai bien conscience que ces livres ne datent pas d’hier.

Sinon, les livres que je trouve les plus intéressants sont ceux qui présentent une dystopie elle-même présentée à ses habitants comme une utopie. Je m’explique : dans Hunger Games, par exemple, on se rend tout de suite compte qu’on est dans une dystopie (y a qu’à voir les conditions de vie des gens). Mais dans des romans comme Globalia, Le passeur ou Bleue (à part le premier, ce sont des romans pour ados que je vous recommande), les sociétés sont présentées à première vue comme égalitaires et permettant le bonheur de la population. Sauf que, en fait, non, évidemment, mais l’idée de dystopie n’est pas claire et nette dès le début : la guerre n’existe plus, les hommes ne souffrent plus, la misère est un lointain souvenir… (Bon, dans Globalia, ça se passe à peu près comme dans le roman que décrit Oldie : il y a ceux qui vivent dans Globalia… et les autres.)

Oui, il y a de très bonnes raisons d’être pessimiste, mais cela doit-il dire pour autant qu’il faut arrêter de rêver et d’imaginer des choses positives ? Je ne pense pas que lire ou écrire de la SF « positive » prouve qu’on soit naïf ou qu’on refuse de voir les choses en face. Je vais évidemment ressortir Star Trek :roll_eyes:, qui est, je le sais, une vieille série (1966-1968), ce qui explique en partie son optimisme général (la Terre est unifiée, Starfleet explore pacifiquement l’univers). J’adore cette série, je la trouve incroyablement complexe et intéressante (la plupart du temps, on oscille entre un gris clair et un gris foncé, les gens et les événements sont rarement tout blancs ou tout noirs) et j’aime la vision de l’avenir que nous propose son créateur, Gene Roddenberry. Ce n’est pas pour autant que je nie le dérèglement climatique ou les autres problèmes qui vont probablement se poser dans l’avenir… J’aime lire des romans relativement « positifs » et regarder des séries relativement « positives », parce que sinon, face à ce qui nous est répété à satiété sur les médias, je déprime. Il y a, à mon sens, suffisamment de nouvelles atroces dans le monde et je n’ai pas nécessairement envie d’en rajouter dans l’imaginaire.

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D’après mes souvenirs de collège/lycée, c’est sans doute la plus connue, d’autant plus que c’est lui (corrige moi si je me trompe, @Alresha) qui a inventé le terme d’utopie.


Pour ma part, il se trouve que je lis actuellement un livre qui s’inscrit dans ce genre de l’utopie !

J’en ai parlé un peu sur le discord, mais je vais en parler un peu plus ici : il s’agit d’une histoire dans laquelle une société utopique a été fondée sur une île, mélangeant orient et occident, bouddhisme et protestantisme, des technologies modernes et des traditions. Dans le roman, un journaliste débarque sur l’île, pas vraiment par hasard puisqu’on l’a engagé pour faire changer d’avis les dirigeants de cette île, afin que les capitalistes avides qui se trouvent à proximité de l’île puissent récupérer certaines de leurs ressources, surtout le pétrole, et commercer avec eux. Au fur et à mesure, le journaliste va ainsi découvrir leur mode de vie ce qui va éveiller sa conscience par rapport au monde qui l’entoure et aux vérités qu’on lui a toujours inculquées.

Le livre est assez intéressant, mais si vous cherchez un tant soit peu d’action, passez votre chemin : le personnage principal (en tout cas au point où j’en suis) ne fait que poser des questions et écouter tandis qu’on le trimballe ça-et-là sur toute l’île. :smile:

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Intéressant ça ! J’aime bien la remarque de Hawthorne : où se situe la dystopie et où se situe l’utopie ?

Dans les faits, ça parait en général évident, mais plutôt que l’envie d’écrire tel ou tel, est-ce que ce n’est pas juste le fait d’accrocher le lecteur qui prédomine ? Or il est beaucoup plus simple de décrire en premier lieu une utopie qui se révèle au final être une dystopie, car les découvertes sinistres font penser qu’il y a plus que ce qu’on voit d’une, et que l’événement déclencheur négatif se présente mieux comme une situation à résoudre qu’un élément déclencheur positif.

Imaginez une dystopie bien montée qui se révèle en fait être une utopie ? C’est bizarre non ? :sweat_smile: Pour moi, il y aussi ce qui a été évoqué plus haut : l’utopie est un mécanisme finement monté. C’est la « perfection ». Or, si on commence sur une dystopie qui est par essence imparfaite, il devient d’emblée difficile de montrer une utopie. Alors que présenter une perfection qui n’en est finalement pas une… C’est déjà plus logique.

Il y a aussi cette catégorisation d’utopie ou de dystopie… Dans certaines œuvres c’est évident mais est-ce qu’au global ça l’est ? Est-ce que l’auteur pense toujours « tiens je vais créer une dystopie ? », « tiens, je vais créer une utopie ? », ou est-ce qu’on lui colle l’étiquette sur la tête ? Pour moi, il faut voir les faits tels qu’ils sont, des faits, qu’on juge tantôt positifs, tantôt négatifs, suivant notre propre intérêt d’observateur , et l’utopie ou la dystopie ne sont qu’un moyen de dire : « globalement, je juge cette réalité, cet ensemble de faits, très positifs ou très négatifs ».

Au final, il y a une multitude de situations : atout pratique, effet de mode ou pessimisme, la dystopie ne tient qu’à un seul contre-fait de l’utopie, pour moi c’est donc logique qu’elle soit omniprésente comme l’imperfection opposée à la perfection.

Et puis c’est toujours la once de malheur qui captive les gens :stuck_out_tongue: (même quand il ne s’agit que d’un migalos).

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Oui, oui, c’est tout à fait ça ! (Et ça date du début du XVIème siècle…)

J’aurais bien envie de le lire malgré ce bémol, mais en lisant l’article, je me suis rendu compte que le roman avait été écrit par Aldous Huxley… et j’ai tellement détesté Le meilleur des mondes que je ne suis pas certaine de me lancer. C’est un peu bête, mais quand je n’ai pas aimé un roman d’un auteur, je suis réticente à lire d’autres livres de lui alors que j’adorerais peut-être les autres… (Mais c’est un autre sujet.)

Ah oui c’est bizarre mais j’adorerais lire un récit de ce genre !!! Il faut une sacrée inventivité narrative pour parvenir à amener le lecteur à faire ce chemin…

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Bon alors je vais pousser un ronchonnement !

Moi je vous lis tous et j’ai l’impression que le voeu exprimé ci haut dans le titre, et peut-être bien l’article, est irréalisable.

Que les histoires positives n’intéressent personne. Ni à écrire ni à lire. Pour les raisons que vous avez citées (ouh là là vaste question / la perfection n’est pas de ce monde et puis c’est trop dur à imaginer / il n’y a pas assez d’enjeu pour une aventure héroïque…)
Avec des réponses comme : dystopie, utople, mais quelle différence au fond ? (Mais pourquoi on s’est embêté à faire deux mots avec des définitions précises, je vous le demande ?).

J’ai comme le sentiment que Pixar est le dernier bastion qui s’élève contre le lugubre d’un avenir bouché. Comme si le réalisme glauque était une fatalité inhérente à l’adultification.
C’est clair, le nombre de fanfics sur fandom mimi qu’il faut faire devenir tout soudain « mature » avec des sujets durs, violents, du sexe plus ou moins consenti (je schématise, sinon gare au post à rallonge).
Ça en dit long sur ce qu’on trouve « intéressant » au fur et à mesure qu’on s’éloigne de l’insouciance (quand on l’a connue, bien sûr).
Alors après, c’est peut être pour se blinder avant d’être poussé dans la fosse aux lions, je sais pas. :smile:

La dernière aventure positive et pourtant parfaitement initiatique avec transformation du héros, je l’ai revue à la téloche (miracle, j’étais devant), c’était La vie rêvée de Walter Mitty. Un roman, à la base.
Moi, je suis prête pour d’autres trucs dans le genre, parce que franchement, lire qu’il n’y a pas de différence entre une société décente et un cloaque décadent, je me dis que le mieux n’est pas l’ennemi du bien, juste le mieux, ça urge un peu.

Positif, c’est pas bien ? Même le titre du topic est prudent, pour ne pas choquer trop violemment… « Des histoires plus positives » (genre « pas complètement », car fou la la, le tollé que ce serait, des barricades de refoulement freudien « anti-bisounours »). :grinning::smile:

Allez quoi, faites un effort pour comprendre le sujet. :smile:

Un petit coup de Monstres et Cie, ça ne ferait pas de mal. :stuck_out_tongue:

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J’ai vu, et aimé, ce film sans savoir qu’il s’agissait d’une adaptation de roman ^^

Sûrement mais j’adorerais lire une histoire comme ça ! L’histoire pourrait impliquer une transformation pour le héros (une sorte de voyage initiatique ?) et faire réfléchir le lecteur :slightly_smiling_face:

Je pense qu’on aurait justement besoin d’histoire positives au vu de la morosité ambiante (merci Pixar du coup ^^).
Tout ça me fait penser au film Wall-E : la Terre est ultrapolluée ect mais à la fin les humains sont prêts à faire des efforts et abandonner le mode de vie qu’ils connaissent pour recoloniser et nettoyer la Terre parce qu’ils croient à un projet qui pourrait être qualifié d’utopie en un sens :thinking:

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C’est vrai que Pixar c’est un peu le dernier bastion des films feel-good avec une bonne morale et qui font réfléchir qu’on soit vieux ou jeune. Pour autant, je ne peux m’empêcher de préférer les « vieux » Pixar à leurs films les plus récents, qui manquent clairement de ce souffle qui animait les classiques Pixar.

En parlant de positif, ça me fait penser à la dernière fois que je me suis posé devant la télé pour regarder Notre belle famille, une sitcom des années 90 que je ne connaissais pas vraiment. Même si c’est très niais et très cheesy, je trouve que ce genre de vieux programmes a un certain charme qui manque clairement aux nouvelles productions, une sorte d’insouciance évanouie depuis longtemps. Je suis peut-être trop nostalgique d’une époque que je n’ai même pas connue, mais le fait est que le monde semble effectivement être devenu beaucoup plus sombre.

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Les derniers que j’ai vu, ce sont Vice Versa et Coco, qui m’ont beaucoup touché. Je ne sais pas dire ce que je penserais des tout nouveaux par contre

C’est vrai que certaines séries de cette époques, avec un optimisme limite niais ne sont plus raccords avec l’époque actuelle. Après This Is Us par exemple est une bonne série feel-good récente, elle reste optimiste sans ignorer les douleurs et difficultés qu’il peut y avoir dans la vie.

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En parlant de vieilles séries, vous me rappelez un film que j’ai vu récemment, pile dans le thème : Pleasantville.
C’est l’histoire de Tobey Maguire qui, afin de fuir la morosité ambiante, se passionne pour une vieille série en noir et blanc. Quand un soir, lui et sa sœur Reese Witherspoon (oui, c’est un film des années 90) sont littéralement aspirés par le téléviseur, et projetés dans le monde parfait de cette série : Pleasantville.
Et quelle pagaille ils vont mettre ! Une pagaille pour le moins… colorée. :grin:
Je ne vous raconte pas la suite, mais c’est une tentative très intéressante sur l’utopie… ou peut-être la dystopie, je vous laisse découvrir.

Dans un genre beaucoup moins rigolo, j’ai aussi lu « La barrière Santaroga » de monsieur Frank Herbert (le papa de « Dune »).
Un psychologue enquête sur une ville bizarre… où deux précédents enquêteurs sont déjà morts « accidentellement ». Et en effet, peu de temps après son arrivé, il est déjà victime d’une série d’accidents indiscutablement accidentels, qui manquent de le tuer à son tour. Que se trame-t-il vraiment à Santaroga ?

On retrouve tous les thèmes fétiches de Frank Herbert : les expériences spirituelles, les évolutions technico-philosophiques, les manigances, et surtout, les bizarreries.
Pour moi, c’était une lecture mitigée. Je ne sais pas si c’était volontaire, mais j’ai trouvé la psychologie des personnages « normaux » très artificielle, comme si Herbert ne savait pas comment se comportent les gens dans la vie (c’était un psychanalyste convaincu je crois, alors pas étonnant). Et presque toutes les scènes, encore une fois même les plus normales, ont ce décalage caractéristique.

Cela dit, le concept de base était franchement cool. C’est un peu à chacun de se faire son opinion sur la politique de Santaroga, car le récit ne semble pas vraiment trancher pour ou contre au final. Quelqu’un d’autre l’a lu ?

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