🔞 Les agressions sexuelles dans les intrigues?

Bonjour Ă  tous.

Déjà… AVERTISSEMENT !!! Le sujet que je vais aborder sera… Sans doute très dur… Et sombre… Mais je vais essayer de l’aborder de la manière la plus vague possible.

Autre chose. Ce sujet n’a pas pour but de faire l’apologie de ça. N’oubliez jamais que c’est mal et que ça détruit des vies.

Donc âmes sensibles s’attenir.

Poursuivons. Les agressions s******** dans les intrigues.

Je ne vous cache pas que je suis entrain de trembler de peur au moment ou j’écris ce sujet.

La réflexion m’est venu hier au boulot. Alors que je cherchais des idées pour le prochain chapitre de mon histoire “Les souvenirs”, je me demandais s’il y avait une possibilité de corrompre le saint graal que j’avais établie dans mon histoire.

Contexte : Dans les nombreux interprétations du saint graal, il peut être une coupe, un plat, une pierre incandescente. Tout cela, je l’ai appris à travers une vidéo du youtubeur sy play qui à traiter le sujet à travers des vidéos sur la série Kaamelot.

Mais, à un moment donné, il à dit que le graal pouvait être l’enfant d’arthur. Interprétation qui à été aussi mentionné dans une vidéo théorie de Didi.

Puis… J’ignore pourquoi… Mon cerveau est parti en roue libre… Il a imaginé un délire du style.

- Hé ! mon pote ! Viens, on dit que le prochain saint graal à pour mission de donner naissance à un enfant et qu’un roi tyrannique, ayant eu vent de la légende du graal, décide de la kidnapper et de l’agresser s*********** pour avoir un descendant puissant.

Puis, je me suis souvenu que j’avais déjà écrit une histoire comme ça… C’était une elfe qui était devenue folle à cause de ça… donc j’ai approfondie l’idée dans mon esprit. L’elfe, qui était vierge, portait le graal. Elle fut délivrer par son peuple, mais il découvrit l’agression. A cause de ça, le graal était corrompue, pire… Elle portait l’enfant du roi tyrannique.

Ecoutez… Je vais m’arrêter là… Parce que j’ai l’impression de passer pour un détraqué… Je tiens à vous remercier d’avoir lu le sujet. Je vous fait mes adieux aussi parce que je pense que je vais me faire ban avec ça.

Merci à tous de m’avoir lu ou de m’avoir aider avec mes sujets précédents.

8 « J'aime »

Je pense qu’il n’y a pas de sujets tabous dans la création littéraire. Là où ça peut coincer, c’est dans la manière de les traiter. Plus le sujet est sensible, plus il faut faire attention à ne pas faire n’importe quoi.

Les agressions s**** sont un phénomène qui est malheureusement trop fréquent dans la vie réelle, donc c’est normal que ce soit un sujet que certains auteurs ont envie de traiter. Je l’ai moi-même déjà fait deux fois de mémoire, une fois où ça n’aboutit pas, et une autre qui parlait davantage des conséquences que de l’agression elle-même.

Ce qu’il faut garder en tête, sur des sujets aussi délicats, c’est comment est-ce qu’on doit les aborder ? Faire l’apologie de ce genre de comportement, ce serait le cas extrême inacceptable. Mais, plus maladroitement, il y a le risque d’esthétiser une agression sans balancer par une mise en évidence du côté dévastateur que ça a. C’est le débat classique sur les dark romance où l’héroïne tombe sous le charme de son agresseur.

Attention aussi, s’il y a des mineurs impliqués, je pense que décrire la scène serait hors règlement sur FFR. On peut raconter dans le background d’un perso qu’il a subit ce genre de violences étant mineur, décrire la scène, ça me semble hors des clous.

Et bien entendu, ne pas oublier les trigger warnings. Des lecteurs ayant des traumas suite à ce genre d’agression qui tomberait dessus par surprise au détour d’une fic, c’est vraiment le truc à éviter.

10 « J'aime »

Je ne vois pas pourquoi tu te ferais ban pour une telle question.
Si tu as envie d’interpréter le graal comme une elfe qui sert de matrice à un tyran, j’ai envie de dire, pourquoi pas ? Des histoires sombres, il y en a plus d’une, qu’elles soient éditées officiellement ou publiées sur les RS ou les sites de fanfictions. J’en ai écrit une il n’y a pas si longtemps sur un texte qui se passait dans un kwanliso nord coréen. Je n’ai pas été banni pour autant.
Anthaus l’a dit, ça dépend comment c’est amené, décrit, utilisé.
Si c’est décrire la scène par pur esprit pervers, par une sorte de volonté qui relève du fantasme, ça ne passera bien sûr pas. Si c’est décrit pour en retirer toute la souffrance, la façon dont cela peut déconstruire la victime, la traumatiser, et pour véhiculer un message qui peut faire comprendre à d’éventuels/potentiels bourreaux (mais il n’y en a normalement pas parmi nous… Gloups) ou simplement des lecteurs lambdas ce que cela occasionne chez les victimes, je dis oui.
Bien sûr, il faut forcément prendre toutes les précautions d’usage : trigger warnings, ratings, ultra visibles +++ !
Voili voilou pour ma participation !
A+ !

10 « J'aime »

Oh, déjà qu’il n’y en a pas beaucoup qui lancent des discussions… Non, ici, on ne bannit pas pour oser aborder un sujet difficile. On a même un sujet sur comment écrire les scènes de sexe…

Je suis d’accord avec Anthaus et Hellth, en soi, le sujet n’est pas tabou, mais il faut simplement faire attention à comment on l’aborde :

  1. sur le forum qui doit ĂŞtre lisible par tous,
    et 2) sur le site (avec le bon rating et toutes les précautions d’avertissement nécessaires, comme déjà dit ci-dessus…).

En tant qu’auteur, on peut se demander pourquoi ce type de scène est nĂ©cessaire ? Quel est son objectif ? Qu’est-ce qu’on veut « dire Â» en trouvant bon de l’insĂ©rer ?

Partons du principe que ça n’a justement rien à voir avec l’assouvissement d’un fantasme de l’auteur par le truchement des marionnettes que sont les personnages… Partons du principe que ça a un sens lié à la narration.

Sur le plan des personnages, quel est le but : Noircir le méchant ? Créer de l’empathie pour la victime ?..

Sur le plan de l’intrigue :
. Constituer un arc de rédemption : raconter comment le premier va chercher à expier ? Ou commencer sa dégringolade morale ?
. Raconter l’histoire d’une résilience : comment la seconde (ou le second, d’ailleurs) va essayer de se relever de ses cendres ? ou orchestrer une vengeance qui lui mangera le peu d’âme qui lui reste ?

Sur le plan du « message Â» : condamner ? informer ?


Plus personnellement, en tant qu’auteure, j’ai eu à utiliser une scène de violence sexuelle dans l’une de mes histoires et à aborder le sujet des abus et du non-consentement.
J’ai trouvé cela très difficile à écrire (émotionnellement, mais pas que), et je me suis posé beaucoup de questions sur leur utilité narrative et leur pertinence.

Sachant que la garder rendait techniquement ma fanfiction invisible aux majeurs non-connectés (ce que je valide pour des raisons éthiques et légales)…

Est-ce que c’était vraiment utile de l’insérer ?
Est-ce que l’histoire pouvait tenir debout sans ça ?
Est-ce que c’était OOC pour les personnages impliqués ? Et qu’en était-il de leur trajectoire de vie et leur évolution ultérieure ?
Est-ce que je disais des bêtises en ce qui concerne les séquelles psychologiques ?
Est-ce que je ne devrais pas mieux me documenter sur le syndrome de Stockholm que j’avançais pour tenter de couvrir maladroitement les invraisemblances (dont j’avais conscience). ?
…
Bref, mon objectif était de tout faire pour m’en débarrasser.

Mais comme elle impactait les actes, les choix et le destin de plusieurs personnages principaux, la suppression pure et simple m’obligeait, de fait, à écrire une autre histoire que celle que je voulais raconter. C’est embêtant quand on est motivé par la construction d’une histoire précise et intentionnelle.

J’ai donc dĂ» transiger en trouvant des solutions pour en parler, en ajustant l’épaisseur du « voile Â», en courbant le propos pour qu’il soit moins frontal, mais en essayant de ne pas trop perdre la force du drame qui me semblait nĂ©cessaire.
En résumé, je me suis bien pris la tête avec, et promis d’éviter ça à l’avenir. :face_with_raised_eyebrow:

Mais c’est davantage parce que j’ai vu beaucoup de légèreté et d’inconséquence dans certaines histoires que j’ai eues l’occasion de lire, où ce genre de chose est traité comme une péripétie destinée à apitoyer cinq minutes, et à valider une scène de hurt-comfort consécutive (?!!). L’événement glissant sur le personnage comme de l’eau sur les plumes d’un canard, sans l’entamer le moins du monde…

A mes yeux, ce n’est pas juste, ni vrai, et je ne voulais pas contribuer à véhiculer un message faussé.

Après, est-ce que la fiction doit être le reflet de la réalité et est-ce que les lecteurs peuvent faire obligatoirement et à tout âge, la part des choses, c’est un autre débat.

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Ah ben Anthaus et Oldie ont déjà dit à peu près tout ce que j’avais en tête ^^;

Ça m’est déjà arrivé aussi d’évoquer des scènes de ce genre sans toutefois les décrire explicitement. J’en avais besoin pour le développement psychologique d’un perso (qui une fois est victime, l’autre fois témoin. Bon après, c’est un peu particulier, dans les deux cas le perso en question dégoupille et ça se passe mal pour l’agresseur).
Tout dĂ©pend de l’effet recherchĂ©. dans mon cas, c’était un peu un exercice de funambule que d’écrire ces passages : il fallait Ă©viter le moindre commencement de dĂ©but d’érotisation chez le lecteur sans avoir l’air de planter une pancarte « Hello, toi qui lit ça : on est bien d’accord que c’est pas cool ce qui vient de se produire Â». Du coup, dans un cas j’ai surtout dĂ©crit l’après-coup immĂ©diat, avec des images rĂ©miniscences involontaires du perso pour faire comprendre ce qui s’était passĂ© ; et dans l’autre, avec un point de vue interne et une disposition fort pratique qui ne permet au perso de voir le type que de dos (et donc pas ce qu’il fait), et l’expression sur le visage de la victime (mais bon, l’instant d’après, ça massacre le type dans la rage et la mauvaise humeur, donc il n’y a pas le temps de se passer grand chose, mĂŞme si psychologiquement le mal est fait (sinon la scène d’agression est gratuite). C’est pratique, et ça Ă©vite quand on Ă©crit le truc d’avoir Ă  se reprĂ©senter trop prĂ©cisĂ©ment le moment. Bon après, les chapitres en question sont en MA, parce que voilĂ  quoi. Rien que le cotĂ© psychologique du truc… « mouais bof, pas top Â».

Et oui, malheureusement, le sujet a beaucoup été traité par dessus la jambe (sans mauvais eu de mots) dans la fanfiction, y compris avec des persos jeunes, souvent par des auteurices qui n’étaient pas bien plus vieux, pour faire un background larmoyant à une Mary-Sue ou comme solution de facilité pour faire du bashing sur un perso (en faisant de lui l’agresseur).

Sur ton idĂ©e de base, il y a plusieurs trucs Ă  explorer (et d’autres sur lesquels il faut faire gaffe pour ne pas que ça soit interprĂ©tĂ© de travers par le lecteur) : si tu veux orienter ton histoire sur le thème de la communautĂ© qui rejette une victime de viol (car ayant perdu sa « puretĂ© Â», et plus prosaĂŻquement la « perte de valeur matrimoniale Â» que considèrerait sa communautĂ© ), ou le dĂ©veloppement d’un l’enfant issu d’un viol avec tout ce qui va avec (rejet de tous qui y voient la corruption projetĂ©e, y compris possiblement de sa mère parce qu’elle voit en lui son agresseur. Bref, une version hardcore du background « naruto Â»), il n’y a pas forcĂ©ment besoin de dĂ©crire l’acte en lui-mĂŞme.
Si tu focalises plus l’histoire sur la victime elle-mĂŞme (que tu fasses un arc de vengeance, de reconstruction ou autre), lĂ  on veut montrer les dĂ©gâts que cause ce qu’elle subit, et ça peut justifier le fait d’être plus explicite (mĂŞme si on peut aussi faire sans). Mais lĂ , c’est une planche un peu plus glissante (on a vite fait de rendre la scène complaisante, voire Ă©rotisante en dĂ©crivant trop les choses). Ceci dit, dans ce cas, un PoV interne de la victime est un choix judicieux (vu que le sujet va ĂŞtre ensuite les consĂ©quences directes dur elle), et ne laisse pas trop de place Ă  une interprĂ©tation erronĂ©e (le lecteur verra la scène Ă  travers ses yeux et… si tu fais les choses correctement il ne va pas trouver ça follement glamour). Le tout sera juste de doser Ă  quel point dĂ©tailler les choses pour ne pas donner une impression de « oui bah c’est bon on a compris ! Â»

Ton thème de Graal qui est corrompu pose par contre un piège extrĂŞmement glissant : si la cosmogonie de ton univers valide le point de vue des persos qui considèrent ton elfe comme « souillĂ©e Â», lĂ  il va falloir ĂŞtre très prĂ©cis sur ce que tu veux raconter, parce que ça peut vite dĂ©river très fort sur une validation de l’idĂ©e « violĂ©e = corrompue Â». Il faut bien poser comment l’univers fonctionne, comment les personnages l’interprètent, et ce que tu veux en faire par la suite pour ton histoire. Ça peut très bien laisser une « marque indĂ©lĂ©bile Â» (mĂ©taphore des ravages que ça engendre dans la vraie vie), mais alors il faut savoir exactement la manière dont la communautĂ© rĂ©agit, et surtout oĂą tu veux aller avec ça (si tu fais une histoire centrĂ©e sur ton elfe, toutes les mises en gardes sur le fait de traiter le sujet trop lĂ©gèrement s’appliquent, avec le risque de pondre quelque chose qui soit perçu comme complaisant avec le point de vue des agresseurs (de l’histoire, et de la vraie vie) : typiquement, dans un tel contexte, le tyran sait qu’il agit de manière abominable (et soit le justifie, soit choisit probablement de s’en moquer, mĂ©chant de l’histoire, toussâ) . Si tu Ă©cris plutĂ´t d’un point de vue plus global (les consĂ©quences d’une corruption du Graal sur tout le pays / guerre avec le tyran / etc.), c’est un peu moins risquĂ© mais il faut quand mĂŞme gĂ©rer un peu ce qu’il advient de l’elfe dans tout ce fatras (en dehors de : bon ben voilĂ  le graal n’est plus « pur Â»). Si tu tournes le truc comme une dĂ©cision stratĂ©gique (Ă©quivalent Ă  certains crimes de guerre de la vraie vie), il y a encore d’autres choses Ă  traiter. Mais ceci dit, il vaut sans doute plus safe d’introduire une subtilitĂ© du genre "le graal rĂ©agit au sacrilège commis contre son porteur, et les effets sont ceux d’une corruption.

Bref, là pour le coup, je pense qu’il vaut mieux adapter le fonctionnement de l’univers à ce que tu veux raconter avec.

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j’ai peur de mal aborder ça et de mal traiter le sujet.

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ce ne sera jamais mon but, faire une scène par pur perversion, c’est pas pour moi. Et même là, le but aurait été de le suggérer plutôt que de le dire explicitement.

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En lisant ton commentaire… Je viens de rendre compte que je pouvais utilisé le terme “souillé” plutôt que “corrompre” pour désigné l’état du graal. Ta dernière phrase ma permis cela.

Si je devais faire une histoire sur l’idée que j’ai expose, je la concentrerai sur les ravages que ça a provoquer sur la victime… En vrai c’est difficile de choisir car tes deux propositions sont d’excellente idées… Mais j’ai peur de passer à côté…

En matière de cosmogonie, je n’y ai pas encore réfléchit. Pour le moment, je me concentre ce que je peux faire avec l’idée que le graal à de nombreuse représentation dans la littérature. Déjà qu’il faut que je termine l’histoire où je l’ai évoqué.

5 « J'aime »

Je rejoins Hiero, Anthaus et Oldie qui ont bien élagué le sujet et ses branches.

Je rajouterais simplement qu’il y a une notion à avoir, c’est, une fois encore, l’idée d’intérêt narratif de l’agression sexuelle de l’héroïne.

Pour commencer, si on lit l’agression dĂ©crite (avec les diffĂ©rents degrĂ©s, du simple flashback Ă  la description crue), vient la question de l’intĂ©rĂŞt, autre que l’aspect voyeuriste. C’est très dur, Ă  mon sens, d’écrire ce genre de scène (comme les scènes de sexe) et de les lire sans qu’elle ne crĂ©e une sorte de malaise. En gros « ok, et ? ça apporte quoi ?? Â» Donc au-delĂ  de l’intĂ©rĂŞt au sein de l’intrigue, tu peux t’interroger sur l’intĂ©rĂŞt en tant que scène. Est-ce que ça vaut vraiment le coup de l’écrire, et en dĂ©tails ? (si dĂ©tail il y a)

Ensuite, il y a le fait que très, très souvent en fantasy, les personnages féminins passent nécessairement par la case agression sexuelle pour s’émanciper et devenir des personnages forts. À croire qu’une femme ne peut être forte si elle n’est pas passée par l’un des pires sévices qu’un humain puisse infliger à un autre… :roll_eyes:
Dans ton cas, ce serait davantage une sorte de crime de guerre si on peut parler de ça – en tout cas, c’est ce que m’évoque cette situation.
Bref, est-ce vraiment nécessaire que le personnage subisse ça ? Est-ce que ça ne pourrait pas être une simple blessure physique, une maladie, un truc qui laisse au mieux des marques physiques, au pire des marques psychologiques ? Ou juste entraînerait une croyance commune qu’elle est devenue impure/corrompue et donc ne peut plus remplir sa tâche de génitrice d’un enfant prodigue ?

Tu as l’idée d’une sorte d’incarnation physique du Graal.
Le fait que ton personnage soit corrompu, ou au moins la relique le soit, par cette agression renvoie donc à une image opposée à celle du Graal pur, immaculé… bref, le sacro saint Graal.
En soi, l’idée que ton elfe ait été utilisée pour s’approprier la puissance magique de la relique n’est pas trop mal. Mais si l’agression sexuelle n’est que dans ce but, peut-être que ça ne vaut pas le coup de trop s’attarder dessus en tant que scène…

Je pense qu’il y a d’autres moyens de développer ton idée, sans forcément tourner autour de l’explicite. Peut-être que les personnes qui sauvent l’elfe découvrent qu’elle a été abusée sur le fait – peut-être en sont-ils témoins, ou bien il y a des traces, ou bien elle le dit ? Ou alors c’est une fois que sa grossesse est suspectée – bonus avortement impossible pour raisons médicales ou religieuses – qu’on fait le lien avec l’agression ? Voire, pourquoi pas, une prise à contresens de l’espèce de prophétie : l’enfant que l’elfe était destinée à faire naître était bien celui du roi tyrannique… … :smirking_face:

Beaucoup de choses pour ne rien raconter en fin de compte – tout moi ça !!
Je me doute que c’est un sujet très dense et compliquĂ© Ă  utiliser dans nos intrigues mais, comme tout sujet aussi dĂ©licat qui porte atteinte Ă  l’intĂ©gritĂ© d’autrui, il est Ă  mon sens important de s’interroger sur le « pourquoi Â». Comme on disait, pourquoi cette action plutĂ´t qu’une autre, pourquoi cette scène plutĂ´t qu’une autre…
Essaie de te mettre en tant que lecteur (dans tous les sens du terme) d’une histoire qui utilise ce thème ou au moins ce ressort scénaristique. Comment te sentirais-tu face à ça ? Pourquoi l’auteurice a-t-iel voulu montrer ça ? Si tu es du genre à te questionner sur les intentions de lecture et les intentions d’écriture, peut-être que le cheminement sera plus simple ! Et à la fin de cet exercice, peut-être arriveras-tu à comprendre pourquoi tu envisage(ai)s ce scénario et/ou cette scène, et si c’est toujours pertinent à tes yeux dorénavant.

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Bonjour.

Il ne faut jamais croire que vous ne racontez rien. Au contraire, je trouve votre commentaire intéressant.

Pour l’agression… Je ne mettrai/décrirai jamais la scène… le but c’était juste que ses semblables le découvrent mais de manière non explicite. Du genre…

- Nous l’avons nettoyé et nous avons examiné son état… long silence…

- Que ce passe-t-il, guérisseur ?

- Les esprits… M’ont fait par… D’une terrible nouvelle… La pureté de notre congénère… Fut volé….

Voilà ! Terminée ! Pas plus que ça !

Maintenant, il est vrai… Que je dois réfléchir au “pourquoi” j’ai fait ça ?

Je réfléchis encore à d’autre méthode pour souillé/corrompre le saint graal. Et sur l’implication cosmogonique de ce dernier dans mes histoires.

4 « J'aime »

Bon, je ne veux pas faire une énorme redite des propos d’Anthaus, Hellth, Odlgirl, Hiero, et maintenant, de BakApple – que je partagent très largement – du coup, je vais essayer de rester succincte et de ne pas être trop redondante.

Hm… j’ai envie de te contredire sur ce point. J’ai au moins deux occurrences en tête qui sont publiées sur le site (dont l’une ayant bénéficié d’une review, il y a presque dix ans). Après dans les deux cas, c’est très clairement fait sous l’angle de la dénonciation : les scènes sont horrifiantes, pas excitantes pour deux sous, en principe (mais bon, les principes, chacun en a des différents…).

N’est-ce pas ? Il y a des fics où c’est traité de manière à peu près équivalente à un bras cassé et où la victime est en pleine forme/égale à elle-même deux chapitres plus loin…

Quel terrible message à véhiculer.

Je préfère encore (pour rester dans la catégorie hurt/comfort – que j’affectionne :sweat_smile: ) quand ça part sur du pathos complet et qu’on discute (même si c’est mal fait et/ou peu crédible sur le plan psycho) en long, en large et en travers, les conséquences de l’événement traumatisant que quand on l’expédie et le traite comme quelque chose d’anecdotique : si l’agression sexuelle et/ou le viol n’avait aucun impact réel sur la victime et sur l’intrigue à quoi bon l’évoquer ? À plus forte raison pourquoi avoir décrit avec moult détails la scène si celle-ci n’avait aucune espèce d’importance ?

Je comprends très bien où tu veux en venir et je visualise tout à fait le genre de fics auxquelles tu fais référence…

Cependant Seb Du Grenier GIF – Cependant Seb Du Grenier Jdg ...

Je perçois (dans le hurt/comfort, mais pas que) tout de même l’intérêt à aborder plutôt frontalement la question des agressions sexuelles… même par des auteurs, connaissant assez mal (voire pas du tout) les mécanismes psychos impliqués par un tel événement et qui en produisent des récits tendancieux, discutables… voire franchement dans les choux. Le fait que les représentations soient maladroites/à côté de la plaque ne signifie pas nécessairement que l’intention de base était mauvaise…

En psychologisant un poil (désolée :upside_down_face: ), je crois que chez certains auteurs – notamment chez de jeunes auteurs ? – il y a une forme de “traumatophilie” (bon, j’utilise le mot de manière impropre, mais…) derrière ce type de textes : une fascination pour les situations sordides, la souffrance, le traumatisme et la mise à l’épreuve “extrême” des personnages. À mon sens, ça se combine à une forme de recherche de catharsis : l’auteur fait subir à son personnage les pires choses imaginables, puis le fait survivre, lentement se reconstruire (si ce n’est pas fait complètement par dessus la jambe), et enfin obtenir une forme de dénouement positif/de happy end.

Dans ce cadre, ce n’est pas nécessairement une façon d’érotiser le viol (et/ou de satisfaire une certaine forme de voyeurisme) que de détailler l’agression par le menu ; ça peut être une manière de tenter de mettre en scène la capacité du personnage à traverser l’horreur la plus totale et à s’en sortir malgré tout. Une lumière au bout du tunnel ?

Aller, là, je vais psychologiser à outrance : il s’agirait plutôt, je pense, pour les auteurs de montrer les capacités de résilience (hmpf, je n’aime pas plus le terme que l’auteur du concept, mais bon…) de la victime. Quand il y a débauche de violence (pas que sexuelle d’ailleurs) et que le personnage survit au pire/en ressort grandit, il peut y avoir une sorte de bénéfice psycho pour les auteurs/lecteurs des histoires concernées… une forme de relativisation de leurs propres problèmes : si le héros random (ou plus généralement la Mary-Sue infortunée) se remet de toutes les infamies qu’on lui a fait subir et trouve une issue, ça donne peut-être un peu de baume au coeur à certains auteurs/lecteurs qui estiment vivre un chemin de croix IRL (même confrontés – on l’espère fort – à des choses bien moins dramatiques) et leur permet de prendre du recul sur leurs situations personnelles. La fiction permettrait alors à un certain niveau de déplacer et d’externaliser une souffrance pour la rendre, paradoxalement, plus supportable.

Bref, tout ça pour dire, que je me retiens de juger sévèrement les amateurs de mauvais hurt/comfort focalisés sur des agressions sexuelles… parce que je crois comprendre ce que certains peuvent en retirer :thinking:

Ceci étant dit, je suis évidemment d’accord que c’est un sujet très sensible (nécessité de prendre des précautions oratoires pour introduire un chapitre comportant une telle scène ou de mettre de gros trigger warning) et la difficulté principale quand on découvre une scène de viol ou d’agression sexuelle dérangeante (pas dérangeante par rapport à son sujet même, mais par rapport à la “mise en scène”) pourrait être de jauger des intentions de l’auteur à l’aune de ce qu’il produit :

Une scène d’agression sexuelle n’est pas neutre simplement parce que l’auteur affirme vouloir “dénoncer” les violences sexuelles. Il existe une différence considérable entre représenter la violence, l’utiliser comme ressort dramatique et s’y attarder longuement et/ou sous un angle bizarre.

Est-ce que la scène est vraiment malsaine parce que l’auteur ne sait pas ce qu’il fait/est maladroit ou au contraire fait-il exprès de décrire l’événement de cette façon pour heurter les lecteurs… ou dans un but encore moins avouable ?

Le problème se pose particulièrement lorsque la violence est banalisée, psychologiquement traitée de façon stupide ou anecdotique, répétée à outrance et décrite avec un luxe de précisions qui n’apporte rien à l’intrigue. À partir d’un certain stade, il devient légitime de remettre en cause le but énoncé.

À titre d’exemple (très subjectif), je garde un souvenir bien écœuré de L’Épée de vérité de Terry Goodkind : le texte multiplie les scènes de viols collectifs graphiques et, en parallèle, des descriptions extrêmement détaillées de pratiques BDSM non consensuelles. Certes, lesdites scènes sont présentées sous couvert d’illustrer la violence et la cruauté du lore, mais leur profusion et leur traitement tout ce qu’il y a de léger (la psychologie des personnages… misère ! :grimacing: ) me donnent l’ombre d’un gros doute. J’ai, personnellement, beaucoup de mal à considérer qu’elles servent à dénoncer quoi que ce soit… au contraire, le but m’apparaît (peut-être à tort) tout autre.

Tout ça, c’est épineux : une scène peut être dérangeante sans être complaisante, très explicite sans être érotique, ou au contraire prétendre dénoncer une violence atroce tout en hurlant via sa mise en acte que ce qu’'elle entend condamner la fascine et relève de fantasmes peu avouables.

Ps :

Je suis évidemment d’accord pour dire qu’aucun sujet n’est tabou (en tout cas, ne devrait jamais provoquer un bannissement automatique) si tant est que la personne l’aborde de manière “correcte”/pose des questions de bonne foi et non pas pour troller. N’empêche, je crois l’avoir déjà dit sur le topic consacré aux ratings ciné, mais ça m’étonne qu’on puisse vraiment débattre du thème sur le forum : il me semble que le forum est supposé être rating G, sauf que le sujet en lui-même ne me paraît pas très compatible avec le rating G… mais bon, encore une fois, je dis ça sans aucune conviction : l’appréciation des ratings et moi :melting_face:

Plus sérieusement : comment FFR définit concrètement les limites du rating G sur le forum ? Est-ce que c’est le contenu de la discussion qui doit être G, ou est-ce que certains thèmes adultes peuvent – comme ici – être discutés tant que les intervenants ne les traitent pas trop “explicitement” ?

Re-Ps : @warrock, merci pour ce sujet intéressant ! Tu sais que tu peux citer (et donc répondre) à plusieurs personnes au sein d’un même message ? :wink:

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Je trouve ton questionnement intéressant. Personnellement, j’ai écrit sur ce sujet dans mon récit original (qui est escamoté actuellement) pour l’aspect traumatique, la reconstruction et la dénonciation des dérives actuelles. Si tu as besoin d’un oeil extérieur, n’hésite pas. Je ne suis pas très présente ces derniers temps, mais ça m’intéresse.

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