Miaou ici ! Au détour d’une correction sur Prince des Ténèbres, Oldie m’a reprise à un moment sur une expression que j’utilisais pour traduire la peur de ma protagoniste :
J’eus un geste de recul, vite contré par la sensation glaçante de la dague du soldat sur ma nuque. Un froid vif m’envahit. Je me sentis pâlir.
On a assez rapidement dérivé sur les rougissements (qui vont dans le sens inverse, pour le coup) et le fait que ça se sente pas toujours. Idem pour le pâlissement. On en est venues à la réflexion qu’un petit sondage serait pas une mauvaise idée pour voir un peu comment ces deux phénomènes pouvaient être ressentis par les autres
Vous sentez-vous rougir ou pâlir ?
Ni l’un ni l’autre
Jamais rougir, parfois pâlir
Jamais rougir, toujours pâlir
Toujours rougir, jamais pâlir
Parfois rougir, jamais pâlir
Toujours pour les deux
Parfois pour les deux
0votant
Personnellement, je ressens assez bien quand je rougis, un peu moins quand je pâlis. D’où le fait que j’utilise assez facilement ces deux phénomènes quand je décris des réactions de mes personnages, sans doute
Ahahah, c’est très original comme sondage ! Personnellement, j’ai beaucoup de mal à repérer quand quelqu’un pâlit (moi ou un autre). Je peux voir que quelqu’un est pâle (s’il est malade par exemple et donc plus pâle qu’à l’ordinaire, si je le / la connais) mais l’action de pâlir me semble si subtile que je ne la perçois jamais, contrairement au rougissement. La phrase « je me sentis pâlir » est donc très étrange pour moi.
J’ai voté aussi pour cette intéressante question. Je relève aussi ce genre de choses en tant que relectrice. Surtout rn ce qui concerne les regards. Comment peut-on qualifier notre propre regard puisque, techniquement, nous ne pouvons pas le voir… sauf si nous regardons une vidéo de nous même
En ce qui me concerne, je sens que je palis ou que je rougis parce que je sens des choses qui se passent en moi.
Je m’explique …
Je sais que je rougis quand je sens mes joues chauffer… et quand c’est le tour des oreilles, je n’ai pas besoin de me regarder dans un miroir pour savoir que j’ai les joues ecarlates.
Donc, je ne me sens pas rougir directement. Je sens que "je chauffe " et je connais le résultat. Tu vois la petite nuance ?
Quand je palis, je sens d’une certaine manière que je me vide. Froid, malaise, transpiration froide, légère nausée … bon, c’est des petites chutes de tension en général mais quand ça m’arrive, on me dit :
– Tiens, t’es toute pâle.
– Oui, je le sens …
Donc là pareil.
Rougir ou pâlir, c’est le résultat visible par d’autres de nos sensations. Dire « je me sentis pâlir », c’est une sorte de raccourci. On sent des sensations, on voit des changements de couleurs. Tu woua ?
Pour ta phrase, pour le coup, je rejoins @OldGirlNoraArlani , on ne se sent pas pâlir mais on peut sentir les sensations qui mènent à la pâleur… peut-être même en espérant que les autres ne le remarquent pas …
Perdon je me répète un peu … j’ai du mal ce matin ^^
Je suis tout a fait d’accord avec cette remarque. Pour ma part, j’imagine aue je pâlis quand je suis prise d’une sueur froide, vertiges, voire bourdonnements d’oreilles si je sens que je vais tomber dans les pommes. C’est le moment où je m’assois d’ailleurs, maintenant que connais lzs signes physiques de la baisse de tension.
Vous allez dans le sens de ma remarque (d’étonnement).
Je me suis dit « bah comment elle se voit de l’extérieur ? » car vous l’aurez deviné je ne sens rien à ce niveau.
On me signale que je suis pâle (en général quand je suis tombée dans les pommes) c’est tout.
Et à vrai dire je me fiche un peu d’être pâle alors que rougir inopinément, ça me colle la honte (donc je m’en soucie plus, en prêtant attention à d’éventuelles sensations).
Moi je trouve ça mignon quand quelqu’un rougit et quand c’est moi, ça ne me gêne pas plus que ça, de toute façon on ne peut pas l’empêcher alors…
En revanche quand quelqu’un pâlit, ça m’inquiète (déformation professionnelle parce qu’au boulot en principe ça tourne au vinaigre derrière…)
J’ai peut-être du caca dans les yeux, mais il ne manque pas « toujours rougir, parfois pâlir ? »
Parce que moi je me sens toujours rougir, en revanche pâlir c’est très très aléatoire. En fait, tout dépend pourquoi je pâlis. Il n’y a que quand je suis très malade ou que j’ai des crises d’angoisse que je me sens pâlir. Sinon, c’est trop léger pour que je sente quoi que ce soit (voire imperceptible).
Hm pour moi, on peut se sentir pâlir. En fait, la question ce n’est même pas si c’est sémantiquement correct mais si ça se dit puisqu’il s’agit d’un narrateur interne à la 1ere personne. On pourrait même avoir un narrateur dyslexique que, techniquement, ce serait juste.
Et « se sentir rougir », ça me semble tout à fait dicible. C’est le cas lorsqu’une personne a l’impression qu’elle est en train de rougir, que ça va mal finir cette histoire… Ce n’est pas juste un raccourci de la sensation physique au changement d’apparence, mais aussi un raccourci de pressentiment. Dans « je sens que je rougis », il y a mêlées une sensation physique et une sorte de prescience personnelle, de 6e sens.
Bon, dans les faits, ça serait vite remplacé par « je me sentis me figer » ou quelque chose comme ça, pour exprimer qu’elle est victime de l’action, mais dans une narration à la 1ere personne, je trouve pas ça choquant. C’est pas une espèce de dieu externe, c’est une potite personne, comme vous ou moi, prise de sanglots en se remémorant cet instant sombre de son existence :’ (
Suite à ces remarques de Them_x4 dans la rubrique voisine sur l’amélioration dialogues, j’avais promis de fouiller et je ressors la fiche concernant les manifestations de l’anxiété.
Elle est tirée de The Emotion Thesaurus: A writer’s guide to character expression (Becca Puglisi & Angela Ackerman)
Ces descriptions concernent une émotion (survenant en réaction à un événement ou une situation), mais j’imagine que si l’on parle d’un tempérament anxieux, on peut retrouver certains signes récurrents.
ANXIÉTÉ
DÉFINITION
Un sentiment intense de malaise et d’inquiétude, parfois sans raison apparente.
SIGNES PHYSIQUES ET COMPORTEMENTS :
Regard fuyant
Se toucher sans cesse le visage
Se mordre les lèvres ou se ronger les ongles
Tapoter sa bouche avec le poing
Déglutitions excessives
Marmonner entre ses dents
Secouer la tête
Se frotter la nuque
Étirer sa nuque, comme si elle était douloureuse
Rouler des épaules
Expirer une série de petits souffles pour reprendre le contrôle
Croiser les bras, formant une barrière vis-à-vis des autres
Se tenir debout en serrant un bras contre l’autre au niveau du coude
Se frotter les bras et regarder autour de soi
Se tordre les mains ou se frotter la peau pour se rassurer
Se gratter
Serrer les poings
Se tenir le ventre et se pencher légèrement en avant
Impossible d’avaler quelque chose à manger
Se balancer sur place
Bouger sans cesse, incapable de trouver une position confortable
Tapoter du pied
Rajuster ses vêtements, comme s’ils irritaient la peau
Tourner une montre ou une bague
Jouer avec un collier (surtout s’il s’agit d’un symbole de réconfort)
Serrer un sac à main, un manteau ou un autre objet
Fouiller dans son sac à main ou sa poche pour occuper ses mains
Vérifier sans cesse son téléphone pour voir s’il y a des messages
Jeter un coup d’œil à l’horloge, au téléphone ou vers la porte
Vigilance accrue à son environnement
Sursauter au moindre bruit ou mouvement brusque
Se laisser facilement distraire
Impatience
Prier
SENSATIONS INTERNES :
Vertiges
Soif accrue
Sensation d’étouffement et respiration accélérée
Avoir trop chaud ou trop froid
Estomac qui se retourne, estomac noué
Sensation des entrailles qui se tordent
Picotements dans les membres
Jambes agitées
RÉACTIONS PSYCHOLOGIQUES :
Envisager les pires scénarios
Se reprocher à soi-même de tout ce qui arrive
Chercher à être rassuré par les autres
Avoir l’impression que le temps passe lentement
Ressentir un malaise dans les espaces confinés
Avoir des inquiétudes irrationnelles
Se culpabiliser mentalement de ne pas pouvoir contrôler ce sentiment
Revivre mentalement les événements qui ont provoqué ce sentiment
RÉACTIONS IMMÉDIATES OU À LONG TERME LIÉES À CETTE ÉMOTION :
Transpiration excessive.
Se parler à voix basse.
Se balancer sur sa chaise.
Palpitations cardiaques, hyperventilation, voire crises de panique.
Apparition de peurs, de phobies ou de symptômes de type TOC.
Apparence débraillée.
SIGNES INDIQUANT QUE CETTE ÉMOTION EST RÉPRIMÉE :
Un sourire forcé
Yeux plissés
Éviter la conversation
Chercher un endroit pour être seul
Faire des choses pour paraître normal (par exemple, commander à manger sans y toucher)
Feindre de s’intéresser à quelque chose à proximité
Fermer les yeux pour tenter de rester calme
Lisser ou caresser ses cheveux comme geste apaisant
(traduction avec Deepl).
Nota : la fiche « Malaise » (être mal à l’aise pour X raisons) possède plusieurs manifestations physiques similaires.