J’aimerais vous parler si vous le voulez bien, de la première œuvre de la célèbre Rumiko Takahashi (Maison Ikkoku, Ranma ½, Inuyasha, Rinne, etc), et non des moindres, puisqu’elle a marqué toute une génération de japonais durant les années 1980 : Urusei Yatsura (うる星やつら). Si vous connaissez la mangaka ou la culture populaire japonaise de cette période là, vous en avez forcément entendu parlé ou vu un clin d’œil.
Le titre est un jeu de mots. « Urusei » est une déformation typiquement orale de « urusai », qui signifie « bruyant », dans un sens négatif (on peut souvent le traduire en français par « fermes-la » selon la façon de l’exprimer et le contexte).
Le jeu de mot porte sur l’écriture du « sei » de « urusei » avec le kanji signifiant étoile. Yatsura signifie les gars, les gens. Le titre pourrait donc être traduit en français par : « Les Gens bruyants des étoiles ».
Synopsis :
Un peuple extraterrestre, les Oni (créatures issus de la mythologie japonaise), débarque sur Terre pour l’envahir. Au lieu de s’emparer de la planète par la force, ils offrent aux humains la possibilité de se battre pour leurs droits sur Terre en participant à une compétition. Cette compétition est une variante du jeu du chat (connu sous le nom de « jeu des Oni » en japonais), où le joueur humain doit toucher les cornes sur la tête du joueur Oni en une semaine. Le joueur humain, sélectionné par l’ordinateur, est Ataru Moroboshi, un lycéen lubrique, poissard et en échec scolaire, originaire de la ville fictive de Tomobiki (友引町, Tomobiki-chō), située à Nerima, au Japon. Le joueur Oni est Lamu, la fille du Roi des Oni. Malgré ses réticences initiales, Ataru se prend d’intérêt pour le jeu après avoir rencontré la belle fille. Au début de la compétition, Lamu surprend tout le monde en s’envolant, et Ataru se retrouve incapable de la rattraper. Avant le dernier jour de la compétition, Shinobu Miyake, la petite amie d’Ataru, l’encourage en lui promettant de l’épouser s’il gagne. Le jour J, Ataru remporte la compétition en volant le haut de bikini de Lamu, l’empêchant ainsi de protéger ses cornes et la poussant à préserver sa pudeur. Fou de joie à l’idée de se marier avec Shinobu, Ataru, prenant cela pour une demande en mariage, accepte en direct à la télévision mondiale. Malgré ce malentendu, Lamu tombe amoureuse d’Ataru et emménage chez lui, l’engagement étant sacré chez les Oni. Malgré le désintérêt d’Ataru pour Lamu et ses tentatives pour renouer avec Shinobu, cette dernière s’immisce fréquemment dans leur relation et Shinobu se désintéresse de lui. Ataru persiste néanmoins dans son comportement de séducteur. Lamu tente de l’en dissuader, ce qui lui vaut de recevoir de puissantes décharges électriques en guise de punition. Deux traits de caractère sont particulièrement marquants chez Ataru : sa perversité et sa malchance légendaire qui attire à lui tous les habitants les plus étranges de la planète, du monde des esprits et même de la galaxie.
Le manga était d’abord prépublié entre le 30 Août 1978 et le 21 Janvier 1987 dans le magazine Weekly Shōnen Sunday.
Puis est paru sous forme de 34 volumes de 366 chapitres entre le 15 Avril 1980 et le 15 Avril 1987. Il a remporté le Prix Shōgakukan en 1981 dans la catégorie shōnen.
En France, on le trouve chez Glénat.
Il fut ensuite adapté une première foi en un anime de 4 saisons regroupant 194 épisodes (54+52+43+45) entre le 14 Octobre 1981 et le 19 Mars 1986 sur Fuji TV. Les plus anciens d’entre nous se souviennent qu’il fut diffusé au Club Dorothée en 1988 avec une adaptation française totalement à la ramasse, comme souvent avec AB Production.
Et pour l’anecdote, les 106 premiers épisodes furent réalisés par un certain Mamoru Oshii (Patlabor 1 et 2, Ghost in the Shell, Jin Roh, etc). Lors de son passage, l’animation est vieillote, le dessin est assez juvénile et les décors sont peu détaillés. Cependant, il décide d’axer de plus en plus le titre vers un humour encore plus profond et débridé que dans le manga avant de, finalement, se tourner vers des épisodes plus métaphoriques, existentielles et psychologiques. Le virement du réalisateur vers du « autre chose qu’une simple adaptation du manga » se voit de bonne heure puisque l’épisode 44, qui est le préféré des japonais, apporte une profondeur aux sentiments qu’éprouve Ataru pour Lum que le manga a de la peine a retranscrire au premier abord. Cependant, le fait qu’Oshii commence a avoir du mal a se renouveler et son détournement de la série vers quelque chose de plus personnel fait que Rumiko Takhashi et les responsables de Kitty Films préfèrent changer de réalisateur et même de studio (préférant ainsi le Studio Deen au studio Pierrot) dès l’épisode 107. Le nouveau réalisateur fera revenir la série aux sources du manga et surtout fera en sorte que le dessin et l’animation de la série s’améliorent grandement pour en faire quelque chose de plus commercial.
6 long-métrages ont vu le jour entre 1983 et 1991, dont le second, Beautiful Dreamer (réalisé par Oshii), est de loin le plus réputé.
10 OAV furent commercialisés entre le 18 Juillet 1987 et le 21 Juin 1991, plus un réalisé à l’occasion de l’expédition It’s a Rumic World le 23 Décembre 2008.
Et enfin, un second anime fut diffusé entre le 14 Octobre 2022 et et le 12 Janvier 2024 sur Noitamina disponible chez nous sur Anime Digital Network.
Ne souhaitant pas faire un post trop long, je vous conseil cette vidéo de la chaîne Chronique Pop si vous voulez en savoir plus sur cette œuvre dégantée signé la « Reine du manga ».
En espérant que cette présentation, un peu chargée il est vrai, vous a plu.






