Alien : La dérive du Fortune, lien
Auteur : LoikBihan
Genre : Horreur / Science fiction
Rating : M à MA
État : fiction à chapitres, équivalet d’une nouvelle.
Connaissance du fandom : Basique
Fanfiction centée sur les personnages de : Personnages originaux
Résumé de l’auteur : La mission de minage spatial «Fortune» court un grave danger. L’équipage du vaisseau explore une mystérieuse pyramide millénaire perdue sur une lune inconnue. Mais dans ses sinueux couloirs rôde une menace peut-être encore plus ancienne. L’infortunée pilote Foster va établir un bien funeste premier contact avec une créature monstrueuse qui va à tout prix chercher à décimer ses camarades. Une lutte pour la survie s’engage…
Pourquoi cette recommandation ?
Alien, une série de films mythiques, qui ont marqué l’histoire du cinéma, de l’horreur, de la science fiction. Je ne suis pas un « grand fan » de la série, mais je l’ai appréciée. J’en ai vu un ou deux alors que j’étais enfant (bon sang si des parents me lisent, il vraiment important de respecter les âges recommandés pour les films et les jeux vidéos!), et j’ai revu les quatre il y a une dizaine d’année. Mon père me disait qu’à l’époque de la sortie du premier Alien, des personnes s’évanouissait dans les salles de cinéma (je suspecte une légende urbaine mais ça permet de restituer la place de ce film dans l’imaginaire collectif). Les quatre films ont été confiés à des réalisateurs différents et sont donc assez différents, inégaux en qualité. Sans surprise le premier laisse plus de place à la créativité du réalisateur et domine largement les autres, dans lesquels on sent bien que le producteur à des attentes précises. En homme de goût, notre auteur à choisi de se rapprocher de ce premier épisode fondateur.
Il nous propose une fiction de type univers étendu, avec des lieux et des personnages de son invention. Et c’est là que la magie opère : avec une histoire différente et un média différent de l’œuvre originale, LoikBihan nous offre une fiction incroyablement fidèle à l’esprit du premier Alien. Comme une éponge qui aurait absorbé l’essence même d’Alien, et l’aurait relargué sous une forme différente. C’est ce qui m’a le plus frappé dans cette fiction, une fidélité parfaite tout en proposant quelque chose d’entièrement nouveau.
Nous sommes sur un texte de format « nouvelle », puissant et tendu. Le récit est rythmé à la perfection. On débarque proche d’une étrange pyramide et on meurt d’envie d’aller l’explorer. On partage la frustration du personnage principal resté dans le vaisseau en attendant le retour de l’expédition et qui ne perçoit que lentement et partiellement ce qui se passe à l’intérieur. La tension monte, la suite ira plus vite (je ne veux rien spoiler de plus), mais avec quelques pauses bien positionnées, juste ce qu’il faut pour accentuer encore la tension par la suite. Le final est magistral, un pur moment d’horreur. Le format impose une description minimale des personnages, mais qui suffit à nous les rendre attachants et à nous rendre inquiet pour leur sort. Juste ce qu’il faut : la justesse est un qualité de cette fiction. La structure du récit est parfaitement ajustée, le suspens est maîtrisé. Rien n’est à retirer.
Le style quant à lui sert bien la narration. Il est maîtrisé, et surtout congruent à l’histoire. Je n’ai pas relevé de fautes d’orthographes ou de conjugaison, et si on peut discuter de trois ou quatre passages où j’aurais mis une virgule de plus, où un « puis » ou un « mais » se répètent, à aucun moment une erreur ne gâchera le plaisir de la lecture.
Dans la tradition de la science fiction que j’aime, l’auteur glisse quelques réflexions sur la psychologie des personnages et d’autres d’ordre politico-sociologiques qui donnent de la profondeur au texte.
Conclusion : Avec un récit maîtrisé de bout en bout, LoikBihan nous transporte en plein dans l’univers d’Alien avec une histoire pourtant inédite. Le passage de l’écran au texte est réussit comme peu d’adaptations le sont, et ce n’est donc pas Alien comme au cinéma, mais Alien exactement comme dans un livre. L’auteur nous offre généreusement une expérience d’une rare intensité, bien supérieure à des Alien versus Predator aux budgets indécents, et qui peut tutoyer sans rougir le Alien de Ridley Scott.