Bureau des plaintes... mais pas que
Classement personnel de la S5, du meilleur épisode au moins bon (selon moi… j’ai pu constater que je n’étais absolument pas raccord avec les évaluations web), j’ai trouvé – heureusement – qu’il y avait une montée en puissance progressive et que le volume 2 et volume 3 étaient bien meilleurs que la première partie – qui m’avait laissée franchement dubitative 
E7 Le pont
E8 Le Monde à l’Endroit
A égalité E4 Sorcellerie et E6 S’échapper de Camazotz (je mets Sorcellerie, dont j’ai trouvé le démarrage poussif, au même niveau que Camazotz à cause de la scène avec Will – qui était certainement la mieux amenée et la plus épique de toute la saison)
E5 Plan de choc
E2 La disparition d’Holly Wheeler (peut-être qu’en le revoyant dans de bonnes conditions, je le placerais plus haut : je sais qu’il y a des passages très forts dans cet épisode… mais je n’arrivais pas à me sentir impliquée en regardant ce qui arrivait aux personnages)
E3 Le piège
E1 L’incursion
Pour ce qui est des meilleurs acteurs : ceux campant Dustin, Will, Mike et Max sont ceux qui tirent le plus leur épingle du jeu. En même temps, ils bénéficient tous les quatre d’un très bon développement de leurs personnages… Sadie Sink (Max) est excellente – comme dans la saison précédente – et Finn Wolfhard (Mike – dont le rôle/jeu ne m’avait pas vraiment marquée depuis la S2) a été une vraiment bonne surprise. Pour moi c’est lui qui porte, au niveau émotionnel, la conclusion de la série.
Sur les jeunes adultes j’étais un poil moins convaincue ; ils étaient moins mis en valeur (mis à part Nancy) et je les trouvais globalement moins impliqués/efficaces que sur les saisons précédentes. Il n’y a que sur quelques passages (plutôt vers la fin de saison) où je les ai trouvés vraiment bons. Mention spéciale pour la scène de séparation sur le toit qui m’a vraiment émue… parce que les acteurs semblaient authentiquement bouleversés – et n’essayaient pas de le cacher 
Oui, j’ai eu une poussière dans l’œil… comme pour l’ultime partie de D&D 
Même constat. J’adore Murray et j’étais ravie que M. Clarke soit exhumé du placard dans lequel on l’avait laissé depuis la S3, mais leurs personnages n’étaient pas forcément bien exploités/mis en valeur. Joyce m’a fait une impression très mitigée… de même qu’Hopper. Sa réaction à la perte d’Elfe était beaucoup trop tiède. Ca m’a laissé une impression plutôt curieuse… vu le développement du perso, il aurait été logique qu’il soit anéanti par ce nouveau deuil. Que nenni.
Mais bon, entrons dans le vif :
Alors cette saison 5… je l’ai abordée à moitié à reculons. J’ai sincèrement détesté le premier épisode… ce qui m’a sans doute mise dans un mauvais état d’esprit pour la suite. Pas mal de craintes d’être déçue après avoir été archi hypée et m’être volontairement perdue dans des élucubrations multiples sur le contenu de la fin de la série. C’est le problème quand on se monte le bourrichon tout seul et pond dans son coin un tas de théories de fan : la réalité peut difficilement égaler la vision personnelle qu’on avait soigneusement construite au fil des mois 
D’un côté, j’étais vraiment contente de remettre les pieds à Hawkins, mais de l’autre, j’avais peur de revoir des personnages auxquels je m’étais beaucoup attachée et de ne plus les reconnaître/de ne plus les apprécier… Et c’est ce qui s’est immanquablement produit avec l’Incursion. Devoir constater leurs changements et essayer de comprendre leurs nouvelles dynamiques sans savoir ce qui s’était passé pour eux durant le gap temporel de 18 mois… bah, c’était frustrant.
Honnêtement, j’ai plus détesté les trois premiers épisodes de la saison que je ne l’ai laissé entendre dans mon message de la semaine dernière : ce n’est pas tant les incohérences au niveau du scénario (j’y reviendrai plus tard :p), ni même le manque de passages vraiment effrayants ou émotionnellement forts (quoi que, objectivement, la scène de l’épisode 2 chez les Wheeler était pas mal haletante) qui m’ont gênée sur ce démarrage, mais surtout le fait que les relations entre les personnages me paraissaient complètement à côté de la plaque par rapport à ce qu’elles avaient été auparavant. J’ai trouvé, entre autres, les interactions de début de saison entre Hopper/Elfe, Steve/Dustin, Nancy/Jonathan et Jonathan/Steve particulièrement crispantes. Je trouvais les personnages méconnaissables et leurs plans pour en finir avec l’Envers (très calme, si ce n’est ce brusque projet farfelu de kidnapper des mômes) me semblaient bien fumeux.
Et les dialogues sonnaient faux – ou du moins très bizarrement à mes oreilles – notamment quand ils tentaient de faire de l’humour pour alléger l’atmosphère irrespirable entre certains persos (comment ont-ils tenu 18 mois dans cette ambiance ? Comment ?
). Mention spéciale au moment où Nancy menace d’émasculer Murray (heu… ?
) et au passage absolument rocambolesque sur l’enlèvement de la famille de Derek (d’ailleurs, ils deviennent quoi, une fois la crise passée ?). Je sais que c’était censé être drôle de voir Erica droguer tout le monde, agiter sa seringue et balancer des répliques de sociopathe avec sa bouille de petite peste… mais non. Définitivement, non : l’humour m’a échappé et je n’ai, à mon grand regret, pas esquissé un sourire.
Bref, après trois épisodes durs à avaler de mon côté, j’ai tout de même eu une bonne surprise avec Will le Sorcier. Malencontreusement, c’était l’élément – avec la rumeur sur la présence de Kali – sur lequel j’avais été spoilée deux jours avant de commencer la saison… mais ça ne m’a pas gâché le plaisir de la scène. Même sans le spoiler, je m’attendais à ce que Will acquière des pouvoirs avant la fin de la saga (en fait, je m’y attendais depuis la S2
) ; en revanche, je n’avais absolument pas prévu le contexte de déclenchement, ni la manière dont ça a été mis en scène. La fin de l’épisode est extrêmement bien exécutée et j’ai trouvé que l’emprunt du style de Vecna plutôt que de celui de Onze était une idée vraiment top.
J’étais cependant encore assez méfiante et avais du mal à entrer réellement dans la saison. Et alors que j’étais enfin intriguée / captivée par ce qui se passait à l’écran… j’ai été forcée – pour des raisons logistiques – à faire une pause de quelques jours dans mon visionnage. Résultat : j’ai vu les épisodes 5 et 6 une poignée de jours après le 4…
J’ai beaucoup aimé la fin du 5. J’ai trouvé le plan pour que Will se connecte à la ruche ridicule à souhait, mais j’ai vraiment aimé le fait que ce soit lui qui freine Henry dans sa poursuite de Max et Holly. Et j’ai adoré le suspense sur lequel se termine l’épisode, avec Dustin qui panique à l’idée de ce qui va se passer quand Nancy tirera – forcément qu’elle va tirer xD.
L’épisode 6 est le seul de la saison où j’ai ressenti une réelle tension / inquiétude pour les persos principaux. À cause d’un détail de la bande-annonce, j’avais conclu que Jonathan n’allait pas y passer, mais ils ont réussi à me faire sérieusement douter pour Nancy. Le truc de la pièce qui fond pendant que les deux tourtereaux enchaînent – enfin ! – les aveux était très réussi et bien glauque ; je dirais même que c’est l’un des rares passages véritablement effrayants de la saison.
Et, même si ça arrive bien tardivement, cet épisode a au moins le mérite de purifier l’atmosphère entre plusieurs personnages. La scène entre Dustin et Steve est très touchante, et – étonnamment – j’ai vraiment apprécié la “rupture” (je mets de gros guillemets) entre Nancy et Jonathan, qui leur permet de mettre les choses à plat… ce qu’ils avaient largement le temps de faire en 18 mois, mais bon, passons : visiblement, des expériences de mort imminente sont le seul moyen rationnel d’être honnêtes sur ses sentiments 
En revanche, la fin de l’épisode est ridicule tant au niveau rythme qu’au niveau scénario. Max qui prend le temps de faire un très looong discours d’encouragement à Holly alors qu’elle est censée s’évader… On se rappelle qu’à sa dernière tentative de fuite de l’Envers, sa porte de sortie a brutalement disparue en même temps que la voix de Kate Bush ? Elle pourrait être un poil plus stressée à la perspective d’à nouveau louper le coche
Faire semblant de courir et d’être dans une urgence totale après avoir papoté pendant cinq plombes, bah, ça ne passe pas. Et le truc de Karen qui fait exploser les démogorgons avec une machine à laver, c’était du pur fan-service. J’aime bien l’actrice dans la scène (c’est pour nous montrer d’où les petits Wheeler tiennent leur côté badass ? :p), mais niveau timing, absolument rien ne va 
Après ça, alors que j’étais de nouveau plutôt emballée et, paradoxalement, j’ai traîné des quatre fers pour visionner la fin. Certes, j’étais occupée, mais j’aurais aisément pu trouver un moment dans la semaine pour visionner les deux derniers épisodes… je crois que je n’avais simplement pas envie de dire au revoir.

Mais, il y a un moment où il faut bien se résoudre. L’épisode 7 (qui est apparemment le plus mal noté de toute la série, pour une raison qui m’échappe complètement… si c’est à cause du coming-out de Will, j’ai juste envie de dire que les gens sont… fatigants) est sans doute mon préféré de la saison, malgré quelques longueurs. Déjà, les passages centrés sur Holly sont très réussis et vraiment perturbants (la scène où elle est brusquement aspirée en arrière et celle où les autres gosses se liguent contre elle sont très bien exécutées ; j’en profite que je trouve l’acteur qui campe Derek l’emm..chanteur – perso qui me laissait vraiment sceptique à son apparition – très bon). La scène du coming-out aurait pu être mieux placée, mais le jeu de Noah Schnapp était parfait, et celui de Charlie Heaton excellent – ce qui est heureux, vu que c’est la seule interaction concrète entre Jonathan et Will en S5… ils ont dû échanger trois phrases max sur toute la saison, un coup dur pour moi qui adorait la dynamique des frères Byers 
Dans cet épisode, j’ai aussi beaucoup aimé que presque tous les personnages “sympas” du fandom soient réunis (avec les tensions entre eux purgées… ouf) pour préparer le plan de la bataille finale. Bon, j’aurais tout de même aimé que M. Clarke m’explique – à grands renforts de graphiques façon C’est pas sorcier – cette histoire d’abysses fusionnant avec le Monde à l’Endroit via un pont interdimensionnel chargé de matière exotique… kamoulox. Je n’ai rien bité. Rien
En dépit ce gros flou artistique autour de ma compréhension des explications pseudo scientifiques, j’ai trouvé la dynamique entre la plupart des acteurs vraiment super dans cet épisode. Les seules qui détonnent, c’est Winona (Joyce) et Millie Bobby Brown (Elfe)… il n’y a aucun moment de la saison où les actrices m’ont semblé convaincantes/convaincues de ce qu’elles faisaient. Leurs personnages en ont clairement pâti à mes yeux.
Bon, et pour parler de la conclusion…
D’abord, j’ai eu la très bonne surprise de découvrir que l’élément dont je m’étais le plus plainte sur la S4 se voyait corrigé : Vecna n’était pas le grand méchant du lore, lui aussi n’était qu’un pantin du Flagelleur. Youhou. Ça rajoutait pas mal de sel à la confrontation/au parallélisme entre Will et Henry (qui était lui-même une victime à l’origine… même s’il préfère se persuader du contraire). En revanche, passé cette satisfaction initiale, force est de constater que le dernier combat se révèle extrêmement décevant.
J’ai eu l’impression que tout tombait du ciel, que les enjeux étaient posés puis évacués en deux temps trois mouvements, sans logique interne, sans cohérence avec les règles mêmes de l’univers. S’il y avait déjà eu des choses qui m’avaient fait froncer les sourcils ou lever les yeux au ciel dans les saisons précédentes, là, mon incrédulité a atteint des sommets tout le temps du combat (express).
Par exemple, l’arachnide géante (je tiens à dire que l’ancien design – S2/S3 – du Flagelleur était beaucoup plus réussi/effrayant ; là, comme Vecna, il ressemble à une version ratée et dopée à la 3D de lui-même) est une sorte de Démogorgon XXL. Démogorgons censés, on le rappelle, être quasi invulnérables et insensibles aux armes non incandescentes ; le Flagelleur étant une version ultra cheatée des démogogs, sur le papier, il devrait résister à tout (pourquoi le flingue de Ramb… Nancy lui fait de l’effet ?). Il est massif, terrifiant et parfaitement inutile en tant que grand méchant de fin… il se fait mettre à l’amende par une bande d’humains qui ont la taille de fourmis par rapport à son gabarit. Sérieusement, il n’y avait bien que Jonathan pour croire que Nancy allait laisser sa peau en jouant les appâts face au Flagelleur : la bestiole est vaincue en cinq minutes, montre en main. Puis Henry en six minutes… et onze coups de hache de Joyce – que cette scène était gênante.
Et c’est le problème global de la partie « action » de l’épisode final : tout y est expédié (et mal expédié).
Et pour en revenir au cas des antagonistes humains…
Ouaip, c’est un assez bon résumé de leur rôle. Bêtes à manger du foin, incompétents et cruels. Le Dr Kay est un personnage catastrophique (c’est une version féminine de Brenner sous testostérone ?) et son acolyte soldat (dont je n’ai même pas retenu le nom) n’en parlons pas. Le seul but de leur existence est de justifier la disparition finale de Elfe. Ils s’évaporent en même temps qu’elle d’ailleurs. Il est amusant de voir qu’Hopper, Nancy et Murray – qui ont, quand même, buté une pelletée de soldats – n’ont aucun problème avec les services secrets une fois la crise passée. Bon, la gosse magique est morte… tant pis, on oublie tout et on se serre la pince ?
Arf, et c’est peut-être juste un point de détail dans le monceau d’incohérences, mais où étaient passés les Démogorgons, les Démobats et les autres calamités de l’Envers durant le combat final ? Ils pioncent ? Pourquoi l’espèce de flou permanent autour de leur dangerosité ? À un moment, un seul d’entre eux constitue une menace absolue ; la scène d’après, un troupeau se fait gentiment mater par une petite explosion (coucou Mme Wheeler).
Tout ça donne une impression très étrange : les enjeux sont censés être colossaux, mais leur résolution est systématiquement trop facile/trop rapide.
À côté du cargo de doléances sur le déroulé du combat final, j’ai réellement adoré la dernière heure de l’épisode 
La dernière scène dans le sous-sol des Wheeler est magnifique. Vraiment. Nostalgique, douce-amère, presque un instant suspendu quand la porte se referme. Elle fonctionne comme une vraie image de clôture. Avec, effectivement, ce truc très satisfaisant du passage de témoin entre Mike et Holly et sa bande pour reprendre le flambeau avec Donjons & Dragons.
Pour résumer mon avis une saison agréable, mais clairement en deçà en termes d’intrigue (et encore plus mal ficelée que la 3, à mon sens). J’ai trouvé les deux derniers épisodes très touchants grâce à la dynamique entre les personnages et aux longs adieux – qui ont lassé certains spectateurs non friands des épanchements émotionnels… Perso, j’étais au comble de la joie. C’était exactement ce que j’avais envie de voir et la meilleure façon de dire au revoir à la série. Et c’est justement tout ce mélo qui sauve la fin à mes yeux.
Certes, on ne saura jamais ce qui était à l’origine de l’Envers. Des intrigues ont été mal gérées ou mal bouclées (mais où étaient passés, au hasard, Owen, la mère de Max et nos amis les Russes ? Pourquoi les Byers n’ont pas les moyens de récupérer une baraque à Hawkins en dix-huit mois – alors que la fin de la S4 suggérait que les prix de l’immobilier allaient s’effondrer avec l’exode massif de citoyens quittant la ville – et doivent vivre chez les Wheeler ? Où Jon trouve les fonds pour partir étudier à New York ?), certaines amorcées cette saison avaient très peu de sens (pourquoi cette indication improbable selon laquelle Henry Creel aurait été au lycée avec Joyce, Hopper et compagnie ? Comment l’homme tué par Henry enfant avait-il récupéré la pierre dans sa mallette ? Pourquoi cette symbolique autour du 6 novembre ?), d’autres sont destinées à rester en suspens…
Mais, malgré tous les bémols ci-dessus et toutes les plaintes que je peux formuler concernant le côté bancal du scénario, je dois admettre que c’était une très belle fin qui m’a touchée. Et une vraie réussite, si on la considère uniquement sur le plan humain. Le discours de Dustin (un major de promo avec le t-shirt du Hellfire
) sur fond de Iron Maiden, c’était un vrai baume au coeur après la perte d’Elfe… et oui, Erica prend visiblement bien sa suite 
Le côté passage de témoin, des mômes qui ont survécu à des épreuves, qui quittent doucement le monde de l’enfance sans pour autant perdre espoir… bah, il y a un brin de magie là-dedans. Et Mike qui offre un conte de fées (ça m’a beaucoup évoqué la fin de L’Odyssée de Pi : à quelle version on choisit de s’accrocher ?) à ses amis en les invitant – et nous invitant – à “croire”… ça reste éminemment émouvant.
Et, si la musique n’a pas été autant mise en avant que sur les précédentes saisons (quid des combats épiques sur Queen et de Deep Purple annoncés en bande-annonce ? Remboursés xD), je salue la « bd » sur Heroes de Bowie. Un générique de clôture regardé jusqu’à la dernière seconde la larme à l’oeil.
Hein ? Je suis aussi perplexe face à cette phrase que sur l’histoire du pont de verre et de la matière exotique… Il faut regarder le making-off pour comprendre cette mention ? 
Moui, je compatis, ça rame aussi un peu de mon côté… bon, là, je viens d’écrire un long truc – ce message.Trois/quatre heures (voire plus… je ne sais plus ce que je fais
) pour parler de la saison 5 de Stranger Things… voilà donc où file mon weekend 