Bendy et le scandale chez les développeurs

Hey folks,

Aujourd’hui je voulais vous partager une histoire que j’ai entendu et écouter vos réactions à son propos, parce que l’histoire en question ne m’a pas laissé indifférent. Vous vous êtes déjà senti trahi par le ou les créateurs de l’un de vos fandoms ? Non ? Eh bien, en ce qui me concerne, ça a été un peu mon sentiment du moment.

Bien-sûr, les scandales dans les jeux-vidéos ne sont pas nouveaux, que ce soit chez Ubisoft, chez Rockstar ou chez Naughty Dog, avec des histoires de crunch, de mauvaises conditions de travail, des histoires de harcèlement. Bien-sûr, certains diront qu’on ne fait pas d’omelettes sans casser des œufs. Mais je considère ces pratiques malgré tout absolument déplorables, dans ce monde malheureusement sans pitié qu’est celui du jeu vidéo. Evidemment, si les employés sont d’accord pour faire quelques heures supplémentaires afin d’obtenir le meilleur jeu possible ou pour gagner un peu plus d’argent, alors laissons-les faire.

Cependant, je croyais ces pratiques absentes des studios dits indépendants, ou à tout le moins présentes mais avec une intensité largement inférieure. Une boîte ne peut pas se monter sans quelques frictions ou quelques tensions, c’est évident.

Mais quelle ne fut pas ma surprise en découvrant cet après-midi une vidéo concernant une controverse qui a éclaté à propos du studio de développement de l’un de mes nouveaux jeux-vidéos préférés du moment: Bendy and the Ink machine:

J’ai personnellement découvert ce jeu très récemment, alors que le deuxième jeu est en préparation et que les cinq chapitres sont déjà sortis depuis assez longtemps maintenant. Et que dire si ce n’est que j’ai véritablement accroché. J’ai trouvé dans ce jeu beaucoup d’éléments attirants: un jeu à l’esthétique cartoon, des personnages et un univers travaillé, une histoire prenante racontant la chute d’un studio de cartoon et de son directeur mégalomane. Bref, ce jeu était un peu le penchant sombre de Cuphead, auquel j’avais joué bien plus tôt.

La vidéo que je vous présente dure une bonne heure, donc je vais essayer de vous résumer son propos. Mais avant cela, je vais tenter de vous présenter la génèse du projet: à la base, le premier chapitre du jeu a été développé par Themeatly, un artiste développeur marionnettiste et compositeur. Son but était de développer un petit jeu dont le monde aurait l’apparence d’un cartoon, comme s’il avait été crayonné. C’est en commençant son petit projet qu’il se serait rendu compte que ce monde était en fait assez creepy et déstabilisant. Il a donc eu l’idée d’y intégrer un monstre fait d’encre afin de rajouter de la peur. Petit à petit, il a finalement créer un petit niveau, qui a connu un grand succès auprès de plusieurs streameurs, qui ont rendu le jeu ultra-connu. Avec l’aide d’un autre développeur nommé Mike Mood, en s’inspirant notamment de Bioshock, ils ont donc décidé d’étendre l’histoire qu’il avait imaginé pour en obtenir cinq chapitres. Déjà, au moment de la sortie du dernier chapitre, les joueurs se sont rendus compte de pas mal de bugs (perso, je n’en ai pas eu, mais peut-être qu’ils ont été corrigés par la suite). Le jeu a eu tellement de succès que le studio s’est agrandi jusqu’à prendre le nom de The Kindly Beast.

C’est là, si j’ai bien compris, que les choses ont commencé à se gâter. Mais un scandale en particulier va s’ébruiter et va salir la réputation du studio et de ses dirigeants pour tous ceux qui ont eu la chance d’en avoir l’écho: environ 50 employés ont été tout simplement virés du jour au lendemain, quelques mois avant les fêtes de fin d’année, alors que le studio avait assuré à ses employés que leurs emplois été « stables ». Cependant, en échange d’une contrepartie financière plus importante, les employés auraient signé des NDA, des clauses de non-divulgation. Evidemment, malgré la discrétion dont le studio a fait montre, le scandale n’a pas tardé à s’ébruiter quand la liste des employés a été modifiée sur le site et que les employés licenciés ont commencé à chercher du travail.

Et c’est en creusant un peu plus profondément que l’on se rend compte de l’ironie de la situation: le studio qui nous avait conté l’histoire de la chute d’un studio de cartoon à cause de son directeur machiavélique et de tensions qui l’habitait a fini par devenir réalité au sein même de ce studio de développement. Car les choses ne s’arrêtent pas là, puisque d’autres erreurs ont été commises: le nouveau jeu de ce studio, The Showdown Bandit, a été annoncé en grande pompe, mais sa sortie s’est retrouvée repoussée. Le premier chapitre a été publié avant de tout simplement être retiré et que le jeu soit annulé. Pourquoi ?

D’abord, le jeu a été repoussé, soi-disant pour proposer un jeu parfait. En vérité, en coulisses, les choses semblaient bien différentes: les développeurs auraient proposé plusieurs éléments, qui auraient tout simplement été balayés d’un revers de la main par Themeatly et Mike Mood, sans oublier les reproches violents qu’ils ont pu leur faire. La raison de ce retard était donc que les deux gérants principaux de la boîte ont dû remanier presque tous les éléments du jeu. Quand le chapitre 1 est sorti, les critiques ont été mitigées, mais si les fans hardcore ont laissé des critiques plutôt positives. Le jeu a ensuite carrément été retiré de Steam avant que le studio annonce son annulation pure et simple.

Les problèmes ont continué avec des problèmes financiers d’abord, qui auraient mené à ces fameux licenciements. Plusieurs employés ont d’ailleurs dénoncé les conditions de travail au sein de ce studio, notamment la politique du studio consistant à faire le minimum nécessaire pour sortir le jeu sans corriger tous les bugs (ce qui s’est ressenti à la sortie du chapitre 5 de BATIM), en pointant principalement du doigt Mike Mood, qui a fini par supprimer tous ses réseaux sociaux, malgré sa défense apportée par quelques personnes. Il est revenu quelques mois plus tard sur twitter afin de s’expliquer, mais ses réponses n’ont pas forcément été convaincantes, même s’il a fini par présenter ses excuses aux personnes licenciées (ce que n’a pas fait publiquement Themeatly).

Ses réponses n’ont pas été convaincantes, d’autant plus qu’elles contredisaient parfois les réponses d’autres employés mais aussi la politique générale du studio, qui met visiblement en avant le merchandising (dés le menu principal de BATIM, un lien renvoie directement au store du merchandising) alors que Mike Mood assure ne pas faire ça pour l’argent, quand bien même il était au courant des problèmes financiers du studio.

Tout ça ressemble étrangement à l’histoire de BATIM, vous ne trouvez pas ? Et ça continue encore et encore, c’est que le début, d’accord, d’accord…

Plusieurs développeurs ont aussi accusé Mike Mood et Themeatly de népotisme (càd l’abus de quelqu’un qui use de son autorité pour procurer des avantages aux gens de sa famille). En effet, la sœur de Mike Mood était accessoirement, au moment des licenciements, la seule personne en charge des ressources humaines. Autrement dit, l’une des personnes en charge de faire le lien entre l’employeur et les employés et de rapporter les plaintes était la personne la plus proche de l’employeur. Quelqu’un a dit conflit d’intérêt?

Bref, d’autres problèmes ont pu entacher leur réputation et tout est expliqué dans cette longue vidéo, qui m’a franchement rendu énervé contre ce studio (qui a d’ailleurs pris le nom de Joey Drew Studios dans la réalité, quelle coïncidence !). Ce qui me fait me demander si je vais acheter le nouvel opus de la saga, qui devrait se dérouler dans l’univers de Bendy, nommé Bendy and the Dark Revival. En réalité, mon amour pour l’univers de ce jeu n’est en rien entaché. En revanche, mon admiration pour ce studio est définitivement amochée.

Ce qui signifie que la fanfiction que j’ai prévue avec un petit crossover entre les univers de Bendy et Cuphead n’est pas du tout avortée. Mais j’hésite clairement désormais à favoriser un studio qui traite ses employés de telle manière, surtout quand on compare la situation de ce studio avec celle de MDHR, les créateurs de Cuphead, qui semblent prendre leur temps et qui n’ont pas connu de scandales de la sorte, au moment où j’écris ses lignes, en tout cas. Pourtant, c’est une entreprise familiale, ce qui pourrait constituer un terreau propice à de nombreuses tensions. Je croise donc les doigts pour que cela continue de la sorte.

Si jamais d’autres scandales concernant les créateurs de vos fandoms favoris vous viennent en tête, n’hésitez pas à en faire part. Que ce soient des studios de développement, des réalisateurs ou des écrivains sur qui des scandales avérés ont éclaté et qui vous ont déçu par la même occasion. Je sais d’ailleurs que beaucoup de personnes ont déjà évoqués quelques scandales dans le sujet sur The Last of Us .

Merci de m’avoir lu jusqu’au bout, en tout cas.

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Comme d’habitude : déçue, mais pas surprise. :confused:

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Pas étonnants la direction pousse souvent les développeurs dans les extrêmes, les forçant faire des choses de dernière minute ou a changé des trucs dans un jeu en pleine finition ou non. Même les studios qu’on pense encore éthique comme CD Projekt tombe dans se genre de scandale. Je pense que la grosse blague sur Cyberpunk 2077 n’est pas passé inaperçus. Il y a des studios qui pense cas l’argent et qui s’en fiche ouvertement de leur développeurs et joueurs. ( coucou Actipognon ) Il y a même des studios que j’aime mais parfois leur décision pour tel ou tel licence c’est un peu du foutages de gueule. C’est triste à dire mais le monde du jeu vidéo il y a très peu d’offre mais beaucoup demande et donc vire un dev tu le remplaces très vite. :roll_eyes:

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