Incipits

Ah ! Je suis vraiment nulle, j’ai dû demander à mon ami Google ce que signifie « incipit ». Maintenant que je sais ce que cela signifie, je confirme : 22/11/63 de Stephen King compte parmi ses meilleures œuvres et captive dès les premières lignes. Mais le meilleur incipit que j’aie lu, un vrai classique chez un auteur classique, c’était dans « Anna Karénine » de Tolstoï.

Voici les premières lignes : « Toutes les familles heureuses se ressemblent. Chaque famille malheureuse, au contraire, l’est à sa façon. Tout était bouleversé dans la famille des Oblonskï. » Cette phrase suscite immédiatement la curiosité : qui sont ces Oblonskï ? Qu’est-ce qui a bouleversé leur famille ? S’agit-il d’une famille malheureuse à sa manière ou heureuse comme tant d’autres ? Ce simple début pousse le lecteur à poursuivre sa lecture, ligne après ligne, jusqu’à se retrouver complètement immergé dans l’histoire. C’est exactement ainsi, par ses premières lignes, que ce roman m’a pris au piège à mes seize ans, et ce souvenir reste vivace.

Bref, c’était une minute pub pour les classiques russes.

Amitiés,

Beauvais

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Je n’ai pas d’autres incipits à proposer pour l’instant, mais j’adore toujours autant ce topic !

@OldGirlNoraArlani j’ai adoré celui de Julian Barnes (mais il faut dire que c’est un auteur que j’aime bien) et je me demandais si tu ne l’avais pas déjà cité quelque part ? :thinking:

J’ai essayé avec quelques livres achetés récemment. Super idée !!!

On en a déjà parlé ici, et pour moi c’est sans conteste le meilleur Stephen King !

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Il me semblait bien que des gens (dont toi et @HawthorneAbendsen ) avaient encensé un roman récent de Stephen King dans une section du forum, mais je n’étais plus sûre à 100% que ce soit celui-là. Du coup, c’est en bonne partie grâce à vous que je l’ai emprunté.

Pour la petite histoire, toutes les deux semaines depuis fin novembre, j’ai monté un projet “thérapeutique” qui consiste à amener des patients (hospitalisation longue en psychiatrie) pour des sorties/ateliers à médiathèque de la ville la plus proche. C’est dans ce cadre que j’ai pris ce bouquin… forcément fureter régulièrement dans une médiathèque m’a poussée à me pencher sur les bouquins s’y trouvant – ce n’est pas comme si j’en avais une bonne vingtaine poireautant déjà chez moi en attente de lecture. En voyant 22/11/63, j’ai un peu bloqué dessus en me demandant sur si c’était bien le bouquin dont les forumeurs avaient fait des commentaires archi positifs. J’étais plus sûre, mais je me suis dit qu’il fallait bien que je lise un Stephen King entier, au moins une fois dans ma vie xD

Bien m’en a pris, le début est vraiment captivant !

Je suis d’accord que l’incipit est très beau/intrigant, mais je n’ai jamais réussi à rentrer dedans (si le cœur t’en dit je veux bien que tu me donnes des clefs éventuelles dans ce topic, même si c’est moins que je n’ai “pas compris” que pas réussi à comprendre l’engouement autour/les enjeux) : j’ai moins essayé que pour Guerre et paix (qui était le livre favori d’une grande amatrice de Tolstoï), mais je n’avais pas été au-delà des cinquante premières pages. Des conseils ?

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Merci d’avoir mentionné la Tour Sombre :heart: (ce que Stephen King a fait de mieux, en ce qui me concerne)

Sinon, récemment, je suis retombée sur Sables, une nouvelle du recueil Brume, Stephen King toujours.

« Le vaisseau fédéral ASN/29 tomba du ciel et s’écrasa sur le sol. Au bout d’un moment deux hommes glissèrent de son crâne fendu, comme des cervelles. Ils marchèrent un peu, s’arrêtèrent casque sous le bras, et observèrent l’endroit où ils avaient échoué. C’était une plage qui n’avait pas besoin d’océan : elle était son propre océan ; une mer de sable sculpté, une mer en instantané noir et blanc figée pour toujours en creux et bosses et toujours plus de creux et de bosses.
Des dunes.
Des basses, des escarpées, des régulières, des plissées. Des dunes au sommet en lame de couteau, des dunes au sommet plat, des dunes au sommet irrégulier qui avaient l’air de dunes empilées sur des dunes : dunes-dominos.
Des dunes mais pas d’océan.
»

Deux autres nouvelles :

« Dans le salon l’horloge vocale chanta : Tic-tac, sept heures, debout dormeurs, debout dormeurs, sept heures ! comme si elle craignait que personne ne se lève. La maison matinale était déserte. L’horloge continua à tictaquer et à réitérer ses injonctions dans le vide. Sept heures douze, à table tous, sept heures douze ! »

Viendront de douces pluies, Ray Bradbury.

« Malheureux celui auquel les souvenirs d’enfance n’apportent que crainte et tristesse.
Misérable celui dont la mémoire est peuplée d’heures passées dans de vastes pièces solitaires et lugubres aux tentures brunâtres et aux alignements obsédants de livres antiques, et de longues veilles angoissées dans des bois crépusculaires composés d’arbres absurdes et gigantesques, chargés de lianes, qui, en silence, poussent toujours plus haut leurs bras sinueux. Tel est le lot que les dieux m’ont accordé — à moi, l’étonné, le banni, le déçu, le brisé.
»

Je suis d’ailleurs, H.P. Lovecraft.

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A part 22/11/63, je ne me souviens pas avoir évoqué un autre roman de Stephen King. Cela dit, cela fait des lustres que je n’a pas écrit sur un topic du forum (mis à part celui des anniversaires hi hi).

Sinon, en parlant de Stephen King, ça me fait penser que je suis en train de regarder la série Mr. Mercedes adaptée du roman du King, et franchement, elle est géniale. Tordue, mais super :grin: . Je ne sais pas si quelqu’un a déjà lu les bouquins.

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