Pour les clubs, j’aurais vraiment voulu en ouvrir un, mais la prof doc de mon établissement n’est vraiment pas top et je n’ai pas suffisamment de temps actuellement pour m’investir sérieusement pour le faire… mais l’idée est déjà là depuis plusieurs années.
De mon côté, les réactions face au fait que j’écrive des fanfictions sont assez mitigées. Ma famille proche (mère, soeurs) le vit très bien. Mon chéri, par exemple, trouve ça amusant et aime lire ce que j’écris, surtout quand c’est un peu osé. En revanche, le reste de ma famille se moque régulièrement de moi. C’est d’ailleurs pour cette raison que je ne me rends presque plus aux réunions de famille, leurs remarques finissent par devenir pesantes.
Selon eux, la fanfiction serait réservée à des gens sans imagination, incapables d’écrire sans reprendre les idées des autres, et ce n’est qu’un exemple parmi d’autres propos du même acabit. Ma famille est assez archaïque sur ces questions. Quant à mes amis, pour la plupart assez obtus, leurs réactions n’ont guère été plus bienveillantes. Beaucoup m’ont demandé ce que c’était, puis ont éclaté de rire quand je leur ai expliqué.
Bref, la fanfiction souffre encore d’une très mauvaise image, ce qui est franchement dommage, tant elle peut être un espace de créativité, de liberté et d’expression personnelle.
Ca fait deux ans maintenant que j’ai ouvert un club écriture dans mon collège.
L’objectif premier était de partir sur de la fanfiction car j’étais persuadé que ça serait plus facile pour les élèves (ils sont fans de tellement de choses à cet âge : mangas, romans, séries, etc…).
Ils savent que j’écris des fanfictions. Ils savent que j’en ai fait des livres (qui sont d’ailleurs dans mon CDI et empruntés par les élèves).
Je leur ai proposé d’écrire leurs histoires et qu’on en fasse des livres. Ils ont tous voulu partir sur de l’original. Aucune fanfiction.
Mais il y a déjà trois petits livres au CDI, aucun jugement de la part de leurs camarades, j’ai même dû refuser des candidatures au club car je suis seul à tout relire (j’ai pourtant essayé de fédérer mes collègues de lettres, moi-même étant en sciences).
Donc, l’écriture amatrice existe même parmi nos jeunes ! Je les accompagnerai jusqu’au bout, tant que ça sera possible. Certains ont un vrai talent et j’espère qu’ils continueront… Voire passeront à la fanfiction sur notre site !
Honnêtement, rien que pour valoriser les élèves qui écrivent, et donner envie de lire et d’écrire aux autres… tu me donnes envie de me lancer tout de suite dans l’aventure ! Il faut que je pose clairement le projet…
Mais c’est aussi ce qui me fait peur : j’ai déjà du mal à corriger toutes mes copies en un temps raisonnable, alors me rajouter celles du clubs d’écriture … même si ce n’est pas le même type de correction, ça reste un temps non négligeable.
Merci pour ton retour ! Incroyable, je trouve génial que tu partages comme ça dans ton collège la fanfiction et tes écrits !
J’aime tellement cette idée que je pense que je vais, moi aussi, la piquer ! Merci !
Pour ma part, au collège, je voulais ouvrir un club d’écriture, mais je redoute, comme @ivcalou, la correction qui viendrait s’ajouter à celle des copies… Je fais partie du club média et cette année, nous nous lançons dans l’écriture d’un scénario original, ce qui me donne une première expérience de la chose, même si la rédaction se limite aux dialogues et au storyboard. L’an prochain, j’envisage de tenter quand même le club d’écriture (c’est ça, ou rouvrir le club calligraphie que j’ai déjà animé dans mon précédent établissement - plus salissant, mais avec moins de copies à corriger ! ).
Cela posé, beaucoup de mes élèves savent aussi que j’écris des fanfics. Ils essayent même de deviner les fandoms parfois, car je ne leur donne pas trop de précisions, mais je leur parle de la fanfiction, notion que certain(e)s connaissent car ils en lisent, voire en écrivent sur… Wattpad , et d’autres, absolument pas.
En classe, j’aime faire écrire les élèves sur les livres ou films que nous étudions.:
Mes 6ème sont en train de finaliser leur recueil des “nouvelles aventures d’Ulysse”. Tous les talents sont mis à contribution : après avoir tapé leur rédaction à l’ordinateur, les plus rapides illustrent leur histoire ou celles des autres, rédigent une préface qui retrace les étapes de l’Odyssée et situent les personnages, ou encore enregistrent à l’oral leur récit (je me lance, on a du super matériel cette année). Le but est de mettre ensuite le “livre” ainsi rédigé au CDI pour que tout le monde puisse le lire. Les enregistrements, en revanche, restent privés car les autorisations sont compliquées à récupérer.
En 5ème, j’ai proposé deux sujets d’imagination suite au visionnage du Voyage de Chihiro de Miyazaki que nous venons d’étudier en classe (raconter une nouvelle mission de Chihiro dans l’univers des bains de Yubaba OU les retrouvailles de Chihiro et Haku quelques années après leur rencontre), et, à mon grand étonnement, ça leur a beaucoup plu (c’était un devoir noté à la fin de la séquence), à tel point qu’ils m’ont demandé plus de temps pour pouvoir terminer et rajouter des péripéties (ce qui veut dire des rédactions plus longues à corriger ce week-end, joie bonheur ).
Avec mes 4ème, quand j’en ai, ils font généralement le très classique “rédigez une nouvelle fantastique” (mais je m’inspire des défis postés ici, avec des thématiques particulières - comme un objet ou un lieu maudit tiré au sort - ou des mots à caser, les élèves aiment beaucoup ça) et surtout réécrivent la fin de Cyrano de Bergerac (succès garanti car beaucoup d’élèves adorent la pièce mais trouvent que la fin est vraiment trop triste : je leur propose de créer une déviation pour éviter de tuer leur personnage préféré, que ce soit Christian ou Cyrano).
Enfin, pour les 3ème, je pense reprendre cette année le procès des criminels mythologiques que j’avais testé il y a quelques années : rédiger une plaidoirie et un réquisitoire lors du procès d’Actéon, Sisyphe, Prométhée ou encore Médée ou Phèdre. Après, ils jouent le procès devant la classe et leurs camarades sont les membres du jury (on vote pour la condamnation au Tartare, l’acquittement ou la diminution de peine ), ce qui me permet de travailler l’argumentation et l’oral…
Quelle est la conclusion que je tire de tout ça ? Que, souvent, même les élèves qui n’aiment pas écrire essayent de faire quelque chose de bien quand ils ont aimé l’œuvre d’origine. Ils ont du mal, ils galèrent parfois à faire des phrases correctes, le vocabulaire n’est pas toujours très varié, mais généralement, ils trouvent plus facile d’écrire sur un univers déjà existant. J’ai beaucoup moins de “J’ai pas d’inspi, madame” quand je leur donne des “fanfics” à écrire que lorsque je leur propose un sujet plus “classique” où ils doivent tout inventer. Cela semble stimuler davantage leur imagination et, de fait, j’ai l’impression qu’ils progressent.
Je me souviens en effet que je faisais plus facilement des écritures et rédactions type '“invention” au collège : je me souviens qu’en classe de 4ème, j’avais mené une rédaction par petits groupes dans le cadre de la lecture d’une partie des Trois Mousquetaires de Dumas, ils devaient rédiger un mini roman-feuilleton en 4 ou 5 épisodes qu’on publiait sur le blog du collège, ils avaient adoré !… mais j’étais TZR, je ne restais jamais suffisamment longtemps pour élaborer un projet d’envergure. Depuis que je suis arrivée au lycée, nous sommes tellement pris par la préparation aux épreuves du bac : entre les élèves et les parents qui nous mettent une pression pas possible là-dessus… Je fais encore quelques projets d’écriture en seconde, mais en première, c’est difficile de les caser.
Je le fais avec les premières par contre, nous faisons le procès de Dorante dans Le Menteur, ou du chevalier des Grieux et de Manon Lescaut aussi. Cela leur plaît beaucoup en général (même si cette année, mes deux classes de première n’ont pas du tout accroché… Alors que l’an passé, c’était un régal !).
Depuis que j’enseigne au lycée, j’ai l’impression de ne plus avoir le temps de mener des projets d’écriture vraiment sympa avec les élèves, la préparation au bac nous prend tout notre temps, et obnubile aussi les élèves, beaucoup.
Mais foncez, les profs !
Il y a tellement de choses sympas à faire avec des élèves de cet âge !
C’est comme ça qu’on sortira du tout-numérique, du tout IA et du pré-mâché, je l’ai toujours pensé et je veux y croire encore !
Quand ça se passe comme ça, c’est presque merveilleux.
Après, en général, le problème de s’assumer, ce n’est pas avec l’entourage proche mais plutôt avec le « second cercle social » si je peux appeler ça comme ça. les collègues, les camarades de promo qui nous lorgne du coin de l’oeil…
Peut-être pas faire un coming-out devant tout le monde « Allô, bonjour. Je me présente, je m’appelle Astriel et je suis fanfiqueuse »…
Mais juste en parler à un ou deux proches pour commencer ? Moi, j’en ai parlé à mon chéri et mes enfants (même s’ils attendrons pour me lire, hein ^^)
Tu n’as pas à avoir honte… Il ne faut pas le garder comme une honte… Sinon, à un moment, on laisse tomber.
(Bon, je t’avoue, au début, j’écrivais aussi en cachette… mais c’est vite devenu difficile à cacher ^^)
Courage à toi !
Merci à toi, je crois que tu as créé un des sujets que j’aime le plus ! et qui m’a fait le plus réfléchir et changer de point de point de vue depuis que je l’ai lu…
Yeuuu, t’es chou…
Alors, curieusement, je n’ai aps honte de mes histoires. Elles sont comme elles sont. Elles plaisent ou pas. je sais que je ne prends pas toujours le côté le plus simple ni le pus attendu dans le fandom qui est le nôtre et que ça ne plait pas à tout le monde… J’ai eu mon baptême du feu de ce côté là.
C’est plus l’netourage. Mon Dieu, si je disais à ma belle mère que je perds du temps devant un ordi à écrire à des gens que « je ne connais pas » sur des « hsitoiiiires »… lol… nan, vaut mieux pas ^^
C’est tes potes geek qui balancent des trucs pareils ou c’est sur internet ?
C’est d’une violence !
C’est exactement parce que je crains CES remarques LA, que je ne dis rien. J’en ai eu des palpitations en les lisant !
Alooors, en vrai, il y en a des comme ça ^^
C’est comme si tu dis que les séries, c’est nul parce que Beverly Hills, c’était nul… (je cite celle-ci aprce que j’aimais pas mais pardon, je peux en changer si ça gêne , je me dis que c’est vieux, personne ne connais ^^). Argument nul, personne nulle, nulle doute là-dessus.
Ohhh, il faudrait l’encadrer celle-ci ! Pour les moments de doutes… et se la répéter tel un mantra ^^
Ca viendra peut-être ? Je te le souhaite… Je ne suis pas prête perso, je te comprends tellement mais avec du temps et en se soutenant les uns les autres… qui sait ?
Ah ça, c’est rude. Je suis déslée pour toi.
C’est triste, et encore plus ce que tu nous racontes ensuite, les ractions de ta famille éloignée et de tes amis… C’est assez nul de leur part.
Tu as pu reprendre le dessus ?
Ca fait rêver. Tu es une prof qui fait rêver !!!
Tu m’étonnes !
Tu recrutes en fait ? Glisse des cartes FFFR dans les copies corrigées ^^ A force eput-être que ces élèves-là, seront ceux qui n’auront pas des apriori débiles idiots sur la fanfic.
De ce que j’ai lu, c’est violent quand même. Pas étaonnant que certains d’entre nous ne sont aps emballés pour crier sur les toits qu’on est fanfiqueurs passionnés…
Je ne m’arrête pas à ce que les gens racontent. Car sinon, je ne vivrais plus vraiment. J’ai appris assez tôt que les gens étaient relativement mauvais et que certains n’aiment pas vraiment la nouveauté ou les différences. J’ai plus de la peine pour eux. Mais bon c’ets uen autre histoire
Mais ça existe vraiment ça, les gens qui considèrent la SF plus “sérieuse” ? Pourquoi moi je tombe que sur ceux qui résument ça à des piew-piew, sabres laser et surtout vaisseaux spatiaux ? (tellement que ça arrive presque à m’en dégoûter). Et qui voient ça au mieux comme enfantin, au pire comme stupide ?
Et en vrai, j’ai jamais vu personne opposer fantasy et SF, qui fait ça ?! Je veux dire, une personne qui n’y connaît rien à la fiction et trouve ça stupide (oui, j’en ai connus) trouvera que toutes les fictions se valent… (i.e. qu’elles sont toutes stupides).
Et alors, niveau hobby “créatif”, c’est pas mieux ; mon préféré, c’est probablement le gifmaking. Les images qui bougent en format gif, là ? Oui. Je fais ça avec Photoshop, ça prend des heures et le seul truc que je peux en faire, c’est les poster sur Tumblr (plusieurs gifs à la suite dans un post, ça s’appelle un gifset, parce que tout ceci est très sérieux). Et le pire, c’est que je sais faire des choses avec Photoshop qui sont parfaitement inutiles par ailleurs. Quoique non, le pire, c’est que les gens n’ont aucune considération et les repostent partout comme si ça leur appartenait, parce qu’ils respectent déjà pas le fanart, alors, les gifs… Pensez bien.
Mais du coup quand j’y pense, l’écriture, c’est probablement mon hobby le plus intellectuel (à moins que ce ne soit “lire de la philosophie” …en tout cas, je place ça en tête du snobisme, avec la musique classique et le golf).
Ceci étant dit, actuellement, seuls mes parents et mon frère sont au courant que j’écris (ou autre)(et ils ont déjà corrigé mes textes à l’occasion), parce que ça fait déjà un moment que je ne parle plus de mes hobbies avec le commun des mortels. (perte de temps et d’énergie, ça)
Une fois, quelqu’un m’a sorti très sérieusement (à propos de la fanfic) : “Mais, il y a déjà une histoire ?” Ça m’a tellement éberluée que je n’ai rien trouvé d’intelligent à répondre (ni à répondre tout court, d’ailleurs, et je réfléchis encore à ce que j’aurais pu dire, même quelque chose comme 7 ans plus tard).
Mais le truc le plus drôle, ça reste le classique “pourquoi t’écris de la fanfic et pas de l’original ?” (que je mets au même niveau que le “pourquoi tu ne fais pas du dessin d’imagination ?”). Ça me fait toujours marrer parce qu’on me demande ça comme si je faisais l’un mais pas l’autre. Comme si les deux s’excluaient mutuellement. Alors que non ?
« Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. » (Lavoisier)
Et toute personne qui s’intéresse un tant soit peu à l’art sait que toute création est faite des expériences/influences/préférences de son auteur.
Pour ça que je reste persuadée que si quelqu’un s’était dit : “Mais, il y a déjà une histoire ?”, ça aurait signé la fin de la création artistique telle qu’on la connaît.