La fanfiction, votre entourage social et vous

Pour la fantasy, je peux te garantir que non ! :laughing: C’est le truc des rêveurs qui assument pas la réalité (ce que j’ai pu entendre ça, que je devais sortir de mes rêves et de mes histoires… :roll_eyes:).

On en discutait sur discord il n’y a pas si longtemps avec des connaissances, mais on est énormément à pas trop s’assumer dans nos genres respectifs : une autrice de romance lutte contre un syndrome de l’imposteur assez sévère parce que la romance est perçue comme le genre « bateau » par excellence et que les vrais auteurs se tournent plutôt vers le policier ou la SF, plus « socialement » acceptables car plus « sérieux » (notez les guillemets), côté fantasy j’ai déjà été confrontée à des gens qui perçoivent ça comme un truc de gamins, pas sérieux pour deux sous… et même le thriller ou l’horreur, tu peux avoir des clichés de facilité ou que sais-je.
Les plus socialement acceptables, j’ai l’impression que c’est le policier/thriller de manière générale et la SF.
Bref, si tu remplaces la science par la magie et l’enquête par une quête épique, on te prend moins au sérieux.

Sauf que quand on analyse les choses plus finement, c’est la romance qui se vend le mieux (même pas besoin d’aller très loin, sur wattpad par exemple les trucs les plus mis en avant sont des romances). C’est très souvent la romance qui fait pleurer les gens. La romance explore des thématiques facilement personnelles, presque intimes, allant de la confiance à la reconstruction en passant par plein de thèmes différents qui peuvent permettre à pas mal de monde de s’identifier ou de s’accrocher un minimum aux personnages principaux. La fantasy fait énormément vendre aussi (suffit de voir le carton du SdA, de GoT, de The Witcher…). On peut traiter d’énormément de thèmes dans la fantasy, en se permettant des parallèles avec la réalité qui peuvent faire réfléchir les lecteurs.
Je pense que c’est assimilable à la fanfic et aux fandoms sur lesquels on écrit. Certaines personnes vont les trouver gnangnan, guimauves ou ce que tu veux. Ce sont des personnes qui soit ne savent pas de quoi elles parlent, soit n’ont pas compris les messages et thèmes qui se cachent dans le fandom. Et je pense qu’en parler avec ces personnes, c’est leur montrer que le fandom est nettement plus riche que juste un truc guimauve, grivois et un peu bêbête. Qu’y a des sujets beaucoup plus profonds derrière.

Prenons Harry Potter : sous couvert d’une histoire « pour enfants » qui suit la vie d’un sorcier de 11 à 17 ans qui va à l’école et a une vie pas folle, on découvre des thématiques très puissantes comme l’amitié, l’amour (et plus précisément l’amour maternel qui est à mes yeux le pilier de l’histoire et qui est pas si mis en avant dans la fiction de manière générale j’ai l’impression), les dérives de l’amour quand il devient une obsession, les conséquences du harcèlement scolaire…
Et pourtant, y’a des gens qui résument Harry Potter à « c’est l’histoire d’un collégien de 11 ans qui va à l’école et affronte un mage noir ». Oui. Mais non.
Winx Club : on a des fées fortes, indépendantes, qui ont pas besoin de leurs princes charmants pour les sauver (bon ça arrive des fois mais pas toujours). On a des personnages avec un caractère très affirmé, des vies qui sont pas toujours simples, des histoires plus ou moins tristes et qu’elles doivent apprendre à accepter et à surmonter pour devenir meilleures. On a des deuils, des couples pas aussi parfaits que chez disney, on a même une relation toxique entre deux personnages qui finit par une séparation du couple (bon toxique léger, ça reste un dessin animé :laughing:). On a de manière plus ou moins marquée selon les saisons des thématiques centrées sur l’écologie, l’amitié est un thème central aussi, bref y’a énormément de trucs à prendre en compte.
L’air de rien, sous couvert de série enfantine pour filles avec des paillettes et des jolies robes, y’a des thèmes très lourds qui sont traités ! Mais non, y’a des gens pour résumer ça à un truc pour gamines centré sur la mode et l’apparence (apparence physique qui est TRES LOIN d’être un thème central même si les fées aiment avoir des jolies robes, dont une en particulier qui adore le shopping et se fait d’ailleurs souvent réprimander par les autres quand elle pense qu’à ça).

Nous, on sait sur quoi on écrit. On sait pourquoi on aime nos fandoms. On sait creuser pour justifier notre amour à l’histoire et aux personnages. Et nos fanfics, c’est un moyen de développer tout ça, de rendre hommage aux auteurices et de peut-être mieux souligner des thèmes qui nous ont marqués, d’une manière ou d’une autre.

Dans ton cas, je pense qu’on appelle surtout ça un syndrome de l’imposteur :eyes: Je le connais bien, je passe mon temps à lutter contre lui. C’est un sacré pot de colle :sweat_smile:
Mais ton idée vient pas de nulle part : effectivement, y’a de manière générale une « hiérarchisation » des genres et des fandoms, en plus des légers stéréotypes qui pèsent sur la fanfic et rajoutent du coup encore plus de difficultés à assumer ça. Si ça peut te rassurer, hormis quelques loisirs « acceptables », t’en as beaucoup qui en souffrent : le jeu de rôle a eu ses moments sombres et est pas toujours bien vu aujourd’hui, les jeux vidéos n’en parlons pas (t’es gamer ? T’as pas de vie…), le cosplay c’est pareil…
Tu lis trop, t’es un rat de bibliothèque. Tu fais du dessin, au mieux tu peux t’attendre à « tu saurais me dessiner ci ou ça ? ». T’es cinéphile, « ah ouais t’as pas de vie ». Tu joues d’un instrument « classique », là par contre t’es le prodige de la famille (bonus si t’es dans un orchestre). Tu fais de la guitare électrique et tu fais partie d’un groupe de rock amateur ? Houlàlà, t’aimes le risque toi !
J’arrête la liste là, mais il y aura TOUJOURS quelqu’un pour critiquer ton loisir si ça plaît pas (et même les loisirs relativement bien acceptés t’auras toujours quelqu’un pour critiquer, te rappeler qu’en tant que femme bah c’est plus logique que tu joues de la flûte ou que tu fasses de la danse plutôt que tu joues du tuba et tu t’éclates à la boxe, te dire que si tu fais pas de compétition/concours ça sert à rien, te traiter d’égoïste, te dire que tu rates ta vie…).

Oui ! Et je sais en connaissance de cause que c’est le plus dur à faire, s’assumer devant les autres :sweat_smile: (et s’accepter soi-même aussi, l’air de rien là je me bats actuellement avec moi-même et mon poids… pourtant je suis une crevette !) Mais si déjà tu réussis à y réfléchir, c’est que tu es en bonne voie :blush: alors je dirais juste continue, fonce, et parle de tes passions… avec passion :blush:

Effectivement autre débat, et tu peux rajouter les hommes dans le même panier parce qu’ils voient pas forcément ce que leur femme fait quand elle est au foyer :sweat_smile:

Je partage son avis (et oui c’est le plus terrible, quand ils ont raison :laughing:) et le sien en même temps.

Le sien, parce que bah… ouais, c’est une passion, y’a pas à s’en cacher !
Le tien, parce que je le vis au quotidien. Hormis quelques amis que je sais sur la même longueur d’onde que moi à ce sujet, j’évite de parler de mes fanfics et de mes projets d’écriture en général parce que je sais que ça sera pas forcément bien vu… Comme j’expliquais plus haut, fantasy → considéré comme un truc pas sérieux (malgré tout l’amour que je dédie à la création de mes univers et aux réflexions personnelles sur les plans écologique, évolutif voire géologique, donc SCIENTIFIQUES), horreur → rendez-vous chez le psychiatre, et globalement j’écris… ouais, autant que je dédie mon énergie à une thèse, ça rapporte plus d’argent (spoiler, non.)

Et pour le coup, je pense que je vais pas réussir à passer le pas de l’assumer un jour. Pour te dire, mes projets (que ce soit pour mon truc embryonnaire de cartographe pro ou pour mes projets d’édition de romans), ça se fera sous pseudonyme. Je refuse de publier quoi que ce soit sans pseudo. Parce que je sais que si jamais je le fais pas, ça risque de m’attirer des critiques et que j’ai peur que ça me ferme des portes à l’avenir pour des trucs pros…

Bref, compliqué tout ça. Mais merci d’avoir relancé le sujet !

17 « J'aime »

Mon Dieu, tout ce que tu dis résonne tellement en moi…

Déjà, bravo d’être maman au foyer, c’est un job à plein temps, genre H24, qui est tellement dévalorisé… on devrait être payées pour ça :sweat_smile: (alors, je travaille à côté, mais comment dire que c’est galère de cumuler les jobs :sweat_smile::joy:).

Ensuite, c’est génial que ton mari te soutienne comme ça !!! Prends-le bien, c’est une jolie preuve d’amour. Mon mari l’accepte parfaitement aussi, mais… je sais pas comment dire. Dans tous les cas, il n’a jamais lu ce que j’écris (j’ose pas lui donner à lire). Et quand je lui en parle, je me sens comme honteuse de ne pas imaginer des histoires “originales”… et j’ai l’impression de le sentir dans son regard, dans ses réponses. Et quand je lui ai parlé de mon roman historique (fiction originale pour le coup), il m’a dit : là encore, t’invente pas grand chose, tu t’appuies sur des faits historiques…

C’est encore pire sur mon lieu de travail, c’est pour ça que personne ne sait ce que j’écris. De manière générale, dire qu’on écrit de la fanfiction, c’est comme avouer que t’as aucune imagination pour élaborer un univers, des personnages, etc. Que tu te sers des écrits des autres, t’invente rien… bref.

Je n’assume pas du tout en public, et je n’ai qu’un cercle restreint, des amis proches, avec qui je partage et me fais lire. Eux par contre, ils n’ont jamais jugé, que ce soit une fanfiction ou pas, ça ne les dérange pas.

Mais je pense que tu as touché un point important : il faut d’abord s’accepter et assumer ce qu’on fait pour mieux le vivre en face des autres. Parce que dès lors qu’on s’assume, le jugement de l’autre perd son importance. On sait sur quoi on écrit, et pourquoi on écrit. Le reste importe peu finalement (eh oui, je sais, plus facile à dire qu’à faire… je le vis aussi :joy::sweat_smile:).

Mais depuis que j’ai découvert cette communauté, j’ai gagné en assurance, parce que j’ai vu qu’on était nombreuses et nombreux à écrire de la fanfiction, à aimer ça, et qu’on avait un lieu où pouvoir partager cette passion. Et ça c’est super précieux ! Donc j’en profite pour vous remercier tous, lecteurs et lectrices, auteurs et autrices, de faire vivre un tel lieu de partage :sparkling_heart:

Et merci à toi @Angel-Dust pour ce partage de ton ressenti qui fait vibrer et résonne en nous :blush:

17 « J'aime »

Pardon, mais il mérite une claque, là !!! C’est pas parce qu’on fait avec de l’existant qu’on n’invente rien !! et je dirais même que l’exercice est d’autant plus difficile dans le cadre du roman historique que tu cherches à coller au maximum à la réalité, donc ça demande des recherches, du temps, de la rigueur… autant de barrières que l’imagination pure n’a pas.

Et franchement, gros gros gros respect à toi pour ça !!!

Le laisse pas dire, il a aucun droit de te dévaloriser comme ça :angry: parce que même si tu fais avec de l’existant, tu inventes quand même des choses, tu crées des scènes coupées, tu approfondis des personnages dont tu n’as, parfois, qu’un nom et une réplique. Et puis déjà avoir l’idée de se dire « et si les choses s’étaient passées comme ça ? Pourquoi on a pas telle scène ? Sa vie, à ce type, ça donnerait quoi ? » c’est imaginer, inventer, et c’est un exercice d’autant plus difficile que tu as un matériau de base que tu respectes plus ou moins suivant ta fidélité au canon.
Si tu n’inventais pas grand-chose, tu ferais ce qu’on appelle un plagiat. Et puis l’historique, faut pas oublier un truc important : ce sont rarement les gens du peuple ou les opprimés qui écrivent l’histoire. Les témoignages qu’on a sont quand même majoritairement issus de lettrés, ou de conquérants (donc des gens plus ou moins politisés et avec une vision possiblement décalée de la société de leur époque). Donc faut chercher les infos (parfois difficiles à trouver suivant l’époque), les recouper pour démêler le vrai du faux, pas se laisser avoir par les clichés récurrents qu’on a sur certains sujets grâce aux livres/films pseudo-historiques qui font passer l’aspect fictif avant l’aspect historique… et comme on sait pas tout (parce que oh bah bizarrement on n’a pas connu cette époque !), ben… forcément, y’a de l’imagination à avoir pour combler les trous et faire tenir l’histoire.

Et puis du coup, si on suit sa logique, James Cameron a moins de mérite à avoir réalisé Titanic qu’avec la réalisation d’Avatar ? Désolée, mais c’est stupide comme raisonnement.

Courage Ivcalou :people_hugging:

Ca, ou alors c’est accepter les clichés sur les fanfiqueurs et les fanfics qui sont parfois nettement moins gratifiants que « juste » ne pas avoir d’imagination.
(d’ailleurs question à 1000 euros pour ton mari : les créateurs de séries policières, ils ont donc moins de mérite que les auteurs de fantasy vu qu’ils font avec de l’existant ? La société, ils l’inventent pas que je sache. Les différents corps de métier non plus. Le modèle judiciaire non plus. Donc hormis les personnages (qu’on a parfois vus, revus et rerevus à toutes les sauces), ils inventent pas grand-chose non plus… et les histoires, un policier, au final, tu peux l’écrire juste en regardant les faits divers du journal, si on va par là ! Pas besoin d’imaginer quoi que ce soit, tu t’appuies seulement sur des textes de loi, des affaires réelles…)

J’ai l’impression qu’y a beaucoup de ça. Et qu’en acceptant d’être nous-mêmes, on accepte aussi de leur opposer une vision qui colle pas à leurs clichés, et qui peut éventuellement leur faire ouvrir les yeux sur ce qu’est la fanfiction, sur l’imagination incroyable qu’il faut pour en écrire (et la rigueur pour tenir le canon de A à Z dans le cas où tu veux suivre au maximum le canon), et sur ce qu’est une passion (parce que je connais énormément de gens qui… ont pas de passion :pensive_face: ils aiment des choses, mais pas au point de les défendre corps et âme, ni au point de s’investir limite émotionnellement dedans… et c’est triste :sob:).

Merci à toi de nous avoir rejoints aussi et de contribuer à faire vivre tout ça ! :smiling_face_with_three_hearts:

18 « J'aime »

Je suis parfaitement d’accord avec toi, c’est ce qui est d’autant plus frustrant dans ce genre de remarque :sweat_smile:.

J’irais même jusqu’à dire que, ayant étudié l’histoire littéraire de manière approfondie, toute œuvre s’est construite sur la base de celles déjà produites. Au moyen âge, on réécrivait sans cesse des épisodes déjà écrits, approfondis ou vus sous un autre angle, et ce sur la base de légendes orales. Hé oui, ils faisaient de la fanfiction avant l’heure, et c’était totalement accepté ! :joy: Toute œuvre que j’ai étudiée dans le cadre de mon travail reprenait les codes, certaines intrigues ou des pans entiers d’autres œuvres antérieures. Donc bon…

Et pas que ! Flaubert lui-même s’est appuyé sur un fait divers pour rédiger son immense roman à succès “Madame Bovary”! Bon, il n’a pas fait l’unanimité à son époque… il a même été en procès pour immoralité :rofl: et le fait d’écrire sur “rien” comme dans “L’éducation sentimentale” avait été éminemment reproché à la publication, tandis que maintenant, c’est considéré comme son trait de génie de l’époque arrivé trop tôt.

Tout est une question de perception je trouve…

Merci beaucoup pour ton message :sparkling_heart:

17 « J'aime »

On peut ajouter aussi : et les témoignages ? Je veux parler des histoires vraies. On n’invente rien mais il faut quand même la raconter ! Et ca nécessite techniques et talents (au pluriel tiens, na au correcteur automatique)

14 « J'aime »

Une contribution un peu décalée par rapport aux témoignages qui précèdent. SVP attendez la fin, il y a bien un rapport étroit !

  • Je suis aussi membre d’une association d’amateurs de Tolkien. Vous vous en doutiez, j’imagine…

  • Il y a toutes sortes de profils de membres, mais le “haut du pavé” (les postes de président, secrétaire et trésorier, ainsi que les vice-présidents, comme dans toute assoc) sont en grande partie tenus par des profils d’universitaires qui me paraissent confrontés, dans leur vie professionnelles, à un certain mépris de la part des autres domaines de la littérature. En clair, étudier Hugo, Giono ou Anatole France, ça reste tout de même plus sérieux et classe qu’une thèse sur Tolkien. Les hiérarchies mentales évoluent très lentement.

  • L’association fait beaucoup d’efforts pour produire des contenus de qualité, formaliser ses investigations comme des résumés de thèse, s’avérer l’interlocuteur incontournable pour toute manifestation autour de Tolkien, etc. C’est ainsi que l’association est un partenaire systématique des éditions Bourgois et l’a aussi été pour l’exposition à la BnF il y a quelques années.

  • A travers l’association, j’ai l’impression que mes camarades promeuvent la respectabilité de leur auteur préféré, non seulement parce qu’il est leur auteur préféré, mais aussi, d’une certaine façon, leur gagne-pain, pour certains…

  • Evidemment, c’est agréable de baigner dans cette ambiance riche en Tolkien : on mange du Lembas à longueur de page, on respire de l’Athelas dans chaque salon du forum ! Et je m’entends très bien avec la plupart des membres.

  • Mais je peux vous dire qu’approcher Tolkien par la voie de la fanfiction, ce n’est pas du tout la priorité ! Certes, je peux égrainer mes fictions dans le forum et certaines ont été reprises sur le site. Certes, quelques amis me gratifient de commentaires encourageants ou enthousiastes. Comme ici, quoi. Mais les remarques des “cadors” sont plutôt à propos des libertés prises par rapport au canon, de l’écart d’interprétation des personnages elfiques au regard de la lettre n°58 à C.S. Lewis, de la place exacte de l’accent tonique sur les noms Sindarin que je déduis du corpus du maître, etc. Bref, un point de vue… universitaire, et il en faut aussi.

  • Pour revenir au sujet de l’acceptabilité de la passion que nous partageons, j’en tire 2 conclusions :

    • Les gens qui nous manifestent de la réserve peuvent être pris de haut par d’autres personnes ou institutions. C’est peut-être pourquoi ils ont besoin de faire-valoir.
    • Nous ne prétendons pas à plus que ce que nous sommes, tâchons d’y trouver du plaisir partagé, ce sera déjà pas mal.
  • Sacha Guitry disait : “Les critiques sont comme les eunuques : ils savent comment ça se fait, mais ils ne peuvent pas le faire !” Je pense que seul un auteur incertain de son propre talent, se risquerait à critiquer la fan-fiction… Et ne parlons même pas des gens qui ne créent rien.

  • @Angel-Dust : indépendamment des considérations ci-dessus, tu t’en tires super-bien ! (Et tu m’as fait découvrir City Hunter)

18 « J'aime »

C’est exactement ce à quoi je pensais hier soir en lisant les échanges, notamment l’intervention de Fah vis-à-vis de la perception de la fantasy comme un genre négatif, à l’opposée de la SF plus « sérieuse ».
On retrouve partout ce genre de pédantisme, peu importe les domaines. J’ai un peu le sentiment qu’en littérature c’est davantage exacerbé. Ma mère jugeait que les mangas valaient pas un vrai roman – pourtant certains mangas m’ont façonnée en tant qu’individu, peut-être davantage que des « vrais romans » comme elle les appelait. Que dirait-elle alors de la fanfiction ? Des romans auto-édités ?
Tout comme les auteurs édités par des MA regardent de haut les auto-édités (« s’ils s’auto-éditent, c’est parce qu’aucune MA ne veut d’eux, donc c’est forcément médiocre »), tout comme on peut assister à des guéguerres entre genres littéraires, c’est qu’une question d’ouverture d’esprit et de capacité à accepter les différences entre soi et l’autre.
C’est toujours plus facile de se sentir mis en valeur si on rabaisse les autres. Plutôt que de s’élever par nous-même, on va descendre l’autre.

C’est justement parce qu’on a des communautés comme la nôtre – même si ici on regroupe énormément de fandoms – qu’on peut se sentir à l’aise et nous épanouir dans notre création. Il faut bien commencer quelque part, et mine de rien la fanfic c’est un beau terrain fertile pour se lancer dans l’écriture sans enjeux financiers ! Que du plaisir (parfois de la souffrance, mais c’est une autre histoire) !!

Du coup @Angel-Dust je comprends mille fois ton ressenti, pour l’avoir vécu et le vivre souvent, pas forcément dans le contexte de la fanfic, mais dans le contexte des hobbies notamment. Je suis heureuse d’avoir des collègues qui aiment les jeux vidéo, parce que sans eux je serais bien seule. Ca donne une sorte de « safe place ».
Pareil avec les amis. À force, je suis entourée quasiment que de gens qui ont mis un pied dans l’écriture, souvent par la fanfiction plutôt que par le 100% original – ou au pire du pire, par le fanart en général.
Alors oui, je reste évasive quand le sujet est abordé en famille ou en présence de gens avec qui je me sens pas assez à l’aise pour évoquer cette part très intime de moi qu’est l’écriture, mais comme le dit Chiara, essayons de nous concentrer sur la fierté ! À combien d’entre nous ici as-tu fait (re)découvrir ton fandom de coeur ? :blush: C’est une sacrée veine, quand on voit comment l’adaptation de City Hunter en France a donné une réputation complètement pas méritée à l’oeuvre !!

C’est jamais simple de mêler l’intime anonyme sur le web à l’intime en vrai, à visage découvert. C’est peut-être un cap à passer, un changement du soi au même titre que l’évolution du corps à travers la vie ? Mais que ton conjoint te complimente pour ça et t’encourage à prendre confiance, c’est un boost énorme pour le moral !!
Je te souhaite de réussir à franchir ce seuil et de réussir à bouger ces petits cailloux qui t’empêchent de profiter à fond de ta vie d’autrice de fanfictions !!! !!!

15 « J'aime »

Bonjour :smiling_face:

Je crois que quasi tout mon entourage proche (famille, amis, collègues…) sait que j’écris des fanfictions, sincèrement je n’éprouve ni honte ni peur d’être jugée à ce sujet.

Pour moi c’est vraiment un hobby, au même titre que pratiquer un sport ou faire de la couture par exemple.

Mais c’est vrai que j’ai reçu des retours assez divers quand j’en parle autour de moi, de l’indifférence totale à l’enthousiasme extrême. Ma famille n’a jamais demandé à me lire, sauf mon conjoint qui apprécie que je lui fasse la lecture le soir, avant que je publie un nouveau chapitre par exemple.

J’ai tout récemment changé de travail et jai pu échangé avec plusieurs collègues sur cette “passion”, et deux d’entre eux m’ont demandé de leur donner les liens de mes fics sur le site et ont commencé a me lire. Du coup j’ai leurs retours le lendemain matin au boulot, et c’est plutôt sympa.

En conclusion peu importe la réaction des autres, je suis très contente d’écrire sur les univers qui me font rêver depuis toujours et je l’assume complètement

17 « J'aime »

Bonjour à tou(te)s,

J’ai déjà répondu à ce sujet que je trouve très intéressant, mais en relisant tout, et en découvrant les derniers messages postés, je ne peux pas m’empêcher de revenir sur certains points, car je me reconnais dans plusieurs témoignages.

J’ai fait des études littéraires, au lycée puis dans une prépa (hypokhâgne et khâgne) que je qualifierais de prestigieuse, et ensuite j’ai eu en candidate libre le concours de l’ENS, où j’ai passé 4 ans, j’ai passé l’agrégation et préparé une thèse à la Sorbonne avant d’envoyer bouler tout ce monde qui n’est pas le mien pour aller enseigner dans le secondaire où j’ai trouvé ma place. Je ne tire aucune gloire de tout ça, si ce n’est d’avoir appris des méthodes de travail très efficaces. J’ai fait une maîtrise, puis un master 2 sur Alexandre Dumas et ma thèse aurait dû porter sur le roman populaire au XIXème siècle (j’aurais voulu réunir deux de mes auteurs préférés, Dumas et Conan Doyle). Je me suis alors heurtée à beaucoup d’incompréhension de la part de mes condisciples. Aimer Tolkien, Sherlock Holmes et Les Trois Mousquetaires, ce n’était clairement pas assez “noble” pour eux.

C’est exactement ça. (Même si, heureusement, il y a des exceptions.) J’ai voulu travailler sur le roman d’aventures, sur la fantasy et le polar, parce que ce sont des genres qui me parlent et me passionnent, et je me suis vite rendu compte que les autres trouvaient ça “amusant” mais “pas assez sérieux”. Pour finir, à force de me heurter à des portes closes, des sourires en coin et des regards méprisants (de la part de mes camarades comme de mes professeurs), j’ai décidé d’arrêter mes études et d’aller enseigner. (Ce qui m’a valu de nouveaux sourires en coin et regards méprisants de la part de ces mêmes personnes, parce qu’après avoir été à l’ENS, c’est clairement déchoir que de devenir prof de français dans un collège de province, mais passons ; je vais me contenter de dire que je me suis fait assez peu d’amis là-bas :sweat_smile:.)

Je ne dirai jamais assez à quel point j’aime mon métier et mes élèves et à quel point je suis contente d’avoir fait ce choix. Cependant, pendant des années, je me suis toujours dit dans un coin de ma tête que ce que je faisais n’était pas “à la hauteur” : pas d’analyses littéraires de grands auteurs, pas de recherche sur des sujets pointus, juste des questions terre à terre telles que “mais comment faire comprendre à mes élèves l’accord du participe passé ?” :thinking: J’aimais toujours les mêmes auteurs, auxquels j’ai ajouté Asimov, Pratchett, Vargas et autres piliers de la SF, de la fantasy et du polar - et j’étais certaine que si j’avais dit ça à mes profs ou anciens “collègues” de l’ENS, j’aurais de nouveau eu droit à leur mépris. Ce mépris, je crois que je l’ai d’une certaine façon intégré, si bien que quand j’ai commencé à écrire des fanfics, je ne m’en suis certainement pas vantée. En fait, je n’en ai parlé à personne à part aux membres de la SSHF (Société Sherlock Holmes de France), une communauté dans laquelle je trouvais à m’épanouir puisque nous étions tous passionnés et que nous ne nous posions pas la question de la “noblesse” ou de la “grandeur” des récits que nous adorions tous par rapport à de “vrais” auteurs (comme Proust, Flaubert, Hugo ou d’autres). Oui, je me suis souvent pris ce genre de remarques dans la figure avant de me replier sur cette petite communauté qui m’a ouvert les portes de la fanfic (je ne les remercierai jamais assez). Je ne parle même pas de séries, de BD, de mangas ou de jeux vidéos, parce que je pense que ça ferait avoir une attaque à toutes ces personnes qui m’ont affirmé sans sourciller que Dumas était de la “sous-littérature”… :sweat_smile:

Mes proches ne savaient donc absolument pas que j’écrivais des fanfics, et ce n’est qu’après avoir rencontré mon conjoint que j’ai commencé à en parler. A lui, principalement, puis à des amis, mais avec prudence et avec la certitude qu’on allait me dire que c’était bien gentil mais qu’entre les livres “mineurs” que je choisissais et le fait d’écrire des récits même pas originaux, je perdais mon temps. Je suis certaine que c’est ce que beaucoup m’auraient dit lors de mes études. Mon conjoint, au contraire, a trouvé que c’était un super concept (il ne connaissait pas la notion de fanfic) et m’a encouragée. Aujourd’hui encore, il lit une partie de mes fics, trouve une partie non négligeable de leurs titres et m’aide à élaborer certains scénarios lorsque je bloque. (Mon conjoint est exceptionnel, je ne le répéterai jamais assez. Il ne m’a jamais jugée, ni sur ce point ni sur aucun autre - alors qu’étant donné mes particularités psychiques, il y aurait de la matière… :roll_eyes:)

Aujourd’hui, je me “force” à dire à certains amis et collègues que j’écris des fanfics, parce que je ne veux pas intégrer ce mépris, cette idée qu’il s’agit d’une forme “inférieure” de la littérature, cette échelle de valeurs qu’on m’a mise dans la tête durant mes études. Je veux au contraire montrer aux autres, parfois réticents mais le plus souvent juste curieux, à quel point la fanfic peut être une source de plaisir, de partage et de progrès ; à quel point elle peut être un laboratoire narratif et à quel point elle épanouit ceux et celles qui en écrivent. Je me heurte parfois à une incompréhension plus ou moins polie, une petite moue de supériorité, mais la plupart du temps, je reçois des questions sincèrement intéressées, et parfois des demandes pour lire certaines de mes fics.

@Angel-Dust : Je comprends très bien ce que tu ressens, pour être passée par là et éprouver encore maintenant le même genre de sentiments par moments, une sorte de gêne / honte (et en lisant les réponses à ton message premier, je vois que nous sommes nombreux à avoir du mal à assumer nos goûts, qui pour la fantasy, qui pour les mangas, qui pour tel ou tel fandom jugé “enfantin” ou “mineur”), et je trouve très courageux ce message dans lequel tu nous parles de cette difficulté à accepter d’“assumer ton passe-temps favori” et l’image que tu penses que ton choix de fandom renvoie de toi. Je ne vais pas reprendre l’impeccable démonstration de Fah sur les messages profonds de bon nombre de fandoms sur lesquels nous écrivons, mais j’ajouterais que même si ce n’était pas le cas, même si tel ou tel fandom était “juste” une histoire, même mièvre, même sans double sens, même sans analyse… tu ne peux que l’enrichir en écrivant dessus, et rien que cela me semble au moins aussi louable et intéressant que la moindre analyse sur un texte de Proust ou de Victor Hugo. On ne cherche pas la même chose dans un roman classique, un livre de fantasy, un manga, une série, un jeu vidéo… mais ils ont un point commun : raconter une histoire, peu importe laquelle. Prolonger cette histoire, quelle qu’elle soit, et quel que soit le jugement d’autrui sur elle, et d’autant plus en essayant, comme tu le dis toi-même, de la rattacher à des thèmes profonds qui nous parlent et sont susceptibles de parler à d’autres (tu évoques le féminisme, la marginalisation, l’écologie, le dépassement de soi… autant de sujets universels et passionnants :grin:), me semble un projet magnifique et ambitieux. Et ce, je le répète, QUEL QUE SOIT le matériau de base.

Je vais prendre ici l’exemple des fanfics de @Crapule qui sait ce que je pense de Twilight. :innocent: Je n’aime pas du tout ce fandom, je n’ai pas du tout aimé les romans, les thématiques abordées par Stephanie Meyer me mettent souvent mal à l’aise… et pourtant, j’ai lu toutes les fics de Crapule portant sur ce fandom, et j’en redemande, parce qu’elle utilise ce dernier pour proposer une analyse exceptionnelle des personnages, creuser des thèmes qui me parlent, m’interpellent et me font réfléchir - bref, c’est ce qu’elle en a fait qui m’a plu, et peu importe le récit d’origine ! J’ai découvert Buffy en lisant les récits d’@OldGirlNoraArlani et c’est ce qu’elle a écrit sur ce fandom qui m’a donné envie de le découvrir (et je ne regrette absolument pas car je suis devenue super fan). Je ne connais que très peu City Hunter mais j’ai lu plusieurs de tes fics, notamment dans le cadre des défis, et je les ai trouvées intéressantes, souvent émouvantes, et elles abordaient des thèmes qui me parlaient et qui sont venues nourrir ma réflexion. Si un récit d’origine te parle, te fait réfléchir, t’aide à aborder et peut-être même à résoudre certains problèmes de ta vie, et si en plus il te permet de prendre plaisir à écrire et à progresser dans ce domaine… peu importe que ce soit du Balzac, un bon vieux polar, X-Files ou City Hunter !

(Sur ce, je m’arrête, j’ai l’impression d’avoir trop parlé. :roll_eyes: Mais MERCI, vraiment, pour votre sincérité et votre bienveillance à tou(te)s sur ce sujet comme sur tant d’autres.)

18 « J'aime »

Je n’ai pas vraiment le temps de répondre dans le détail au sujet (pourtant passionnant) ce soir, mais j’ai jeté un œil vu que mon pseudo était cité… je tiens juste à dire que je suis extrêmement flattée par ton exemple @Alresha :smiling_face_with_three_hearts:

Et, c’est amusant, mais en y réfléchissant, je me rends compte que ta remarque tombe à pic, parce que Twilight est justement le fandom sur lequel j’assume le moins d’écrire ; alors que, paradoxalement, En attendant la pluie – qui n’est pas abandonnée… promis, je suis absolument navrée pour les délais :pleading_face: – est, comme tu le sais, l’histoire me tenant le plus à cœur et sur laquelle je me suis le plus investie (que ce soit au niveau recherches historiques, de l’analyse des personnages… et du numéro d’équilibriste consistant à vouloir – avec mes gros sabots – subtilement faire passer un message, tout en respectant au mieux le canon). Je crois que c’est parce que je suis consciente que – pour un certain nombre de raisons très légitimes – le fandom est plutôt détesté/méprisé, par ici, comme ailleurs. Ce qui fait que j’ai toujours la terrible impression de devoir me justifier quand je dis que j’écris sur cette saga… :sweat_smile:

Pour l’anecdote (assez drôle), j’ai récemment eu un coup similaire au tien avec mon mari @Angel-Dust : il n’aime pas lire, donc je ne lui avais jamais vraiment partagé mes textes (alors que j’assume facilement mes loisirs – même Twilight – auprès des gens importants pour moi : ma mère a lu énormément de mes fics quand j’étais plus jeune et j’ai déjà utilisé sur le tas mon père et mes cousins en tant que bêta-lecteurs express, quelques amis proches ont déjà lu certains de mes textes sur des lores qu’ils appréciaient) sauf que j’étais beaucoup trop enthousiaste/fière de l’audiofic… je n’ai pas pu m’empêcher de lui faire écouter. Du coup, il a découvert mon histoire principale par ce biais… et a été lire les premiers chapitres par curiosité. Et, même si ce n’est pas son truc, j’ai appris (de manière moins directe que toi) au détour d’une conversation qu’il en avait parlé en mode fier/enthousiaste à ses collègues. Ma réaction primaire a été « Argh, mais pourquoi tu as été parler de ça à ton boulot ? » et la sienne : « Bah, quoi ? C’est vachement bien écrit : d’ailleurs, j’ai appris que Tartampionne – nom d’une de ses collègues – lit des fics sur l’un des sites où tu publies ! ».

Comme quoi… le monde est petit :stuck_out_tongue:

Et le constat c’est que, sans même m’en rendre tout à fait compte, je me mets des barrières et ne parle pas aisément d’un loisir qui occupe pourtant l’essentiel de mon temps libre/n’a rien d’honteux ^^"

Un peu une expérience similaire avec l’une de mes tantes – que j’aime beaucoup au demeurant --, prof de français (et de latin et de grec), ayant un gros bagage littéraire classique et faisant preuve d’une bonne dose de snobisme envers tout ce qui est lié à la culture pop. Quand j’étais ado, j’écrivais des critiques mangas pour le site Mangavorace… ça provoquait une sacrée incompréhension chez elle. Elle n’arrivait pas à concilier le fait que j’adore les mangas (média qu’elle méconnaissait et jugeait stupide/violent… à part, bien sûr, Taniguchi, si ça ce n’est pas de l’élitisme de haut vol :rofl:) et le fait, qu’à côté, je lise et apprécie des romans qu’elle considérait « intelligents ».

Je suppose qu’on est tous l’idiot ou le snob de quelqu’un… la hiérarchisation dont tu parles ne me surprend pas vraiment Fah ; de même qu’apprendre que certains considèrent Conan Doyle, Tolkien ou Dumas comme de la sous-littérature :upside_down_face:

Outch, je suis d’accord pour dire que ça mérite une sévère soufflante. Non, mais franchement :grimacing:

Excellent argument, tout à fait judicieux :wink:

Bon, finalement, j’ai plus développé mon message que prévu : je suis d’accord que, même si c’est plus facile à dire qu’à faire, c’est très chouette d’assumer aimer écrire/lire des fanfictions auprès de son entourage. Je me dis que c’est peut-être justement quand davantage de fanfiqueurs seront à l’aise pour partager cette passion que les clichés dévalorisants sur la pratique reculeront ^^

15 « J'aime »

Ahhhh, ce que vous m’avez épatée, les « zamis » ! J’ai plein de nouvelles idées à cogiter sérieusement. Merci infiniment pour vos réponses.

Je me doutais un peu que tu répondrais un truc dans le genre ^^. tu as souvent plus confiance en moi que moi. :wink:

Oui, voilà, c’est exactement cette sensation que j’ai.

C’est vrai. Pourquoi les craindre, c’est ridicule… Mais ça doit être ancré profondément en nous quand même. La lutte sera dure chez moi.

Oui, on vit les choses un peu pareil. On aimerait que ça soit autrement mais, c’est tellement dur de se changer et de se donner ce courage-là.

Pardon, j’ai ri. On les aimes les universitaires… :sweat_smile:

J’ai ri aussi.

Là, tu m’as émue… MERCI !!!

Bien analysé. effectivement, c’est certainement ainsi qu’il faut le prendre. Oser ouvrir et se montrer tel qu’on est finalement. Sans complexe quoi… poopopopop, y’a du boulot, au même titre que le passage en maillot de bain, hein ^^ (pour moi, je précise)

POur moi aussi… C’est pour ça : pourquoi est-ce aussi compliqué d’assumer un hobby. Après tout, quand on dit qu’on fait du yoga ou du footing, ça passe crème, on n’a pas de problème à l’assumer.
Tes nouveaux collègues sont top, c’est super cool !

Heuuuuuuuuu… Dumas ? genre… Dumas ? Alexandre pour les intimes ? Mais lol ! Sont fous, ces universitaires élitistes.
Pas simple pour toi non plus avec ce genre d’environnement. Il en faut une force de caractère pour aller au-delà de ces préjugés. Bravo à toi.

Ohhhh, trop chouette ça. C’est vrai que finalement en parler peut apporter de belles surprises aussi.

Certes.

wow Bon, yapluka comme on dit…
Merci, vous m’avez permis de dépasser ma gêne, parce que je ne suis pas la seule à ressentir cette petite honte, ça fait du bien de ne pas se sentir seule.
Maintenant, j’ai plein de belles phrases à méditer pour eller de l’avant…

:blue_heart:

16 « J'aime »

Bonjour :smiling_face:

De mon côté, oui, mon entourage est parfaitement au courant que j’écris de la fanfiction, et depuis très longtemps.
C’était même, à l’origine, une idée de ma mère. Quand j’étais plus jeune, écrire était un moyen de me canaliser, de rester tranquille au moins vingt minutes sans sauter partout. Spoiler : ça n’a jamais vraiment marché sur le long terme :sweat_smile: mais l’écriture est restée.

Aujourd’hui encore, j’écris parfois avec mes frères, surtout mon jumeau, ou avec mes sœurs, même si, dans ce cas-là, elles m’imposent souvent le fandom, ce qui m’oblige à me replonger sérieusement dans une série ou un univers pour m’en imprégner à nouveau. Quant à ma mère, lors des repas familiaux, elle me donne toujours un petit travail d’écriture à faire. Parce que, malgré les années, je n’ai toujours pas appris à tenir en place. Cette année, j’ai écrit une fanfiction originale autour d’un chanteur, dans laquelle l’OC entretenait une relation avec lui. L’histoire est toujours en cours. Il nous reste encore quatre chapitres à écrire avec mes frères. En revanche, elle ne sera jamais publiée.

Concernant le regard porté sur la fanfiction. Je suis très consciente des préjugés qui l’entourent. Ils existent, ils ont parfois un fond de réalité, mais ils sont surtout réducteurs. Mon entourage, lui, a dépassé ces clichés depuis longtemps. Ils savent que j’écris avant tout pour le plaisir, pour l’imaginaire, pour explorer des émotions et des univers, pas pour répondre à une case ou à une étiquette.

Certaines personnes de mon entourage ont déjà lu mes textes, d’autres non, par choix mutuel. Il n’y a ni secret honteux, ni exposition forcée. Juste une pratique assumée, intégrée à ma vie comme n’importe quel autre loisir créatif. Et côté loisirs créatifs, je ne manque pas d’occupations.

Bref : chez moi, la fanfiction n’est ni un tabou, ni un combat. C’est une évidence. Et peut-être aussi une tradition familiale un peu atypique :blush:

11 « J'aime »

Vraiment intéressant comme sujet ! Bon… je n’ai pas lu les 170 réponses, ça va être une longue lecture sinon lol Sinon, pour ma part, c’est un grand secret. Je n’ai jamais dévoilé à quique ce soit que j’écris. C’est vraiment une partie cachée de ma vie. Dans un monde idéal, j’aimerais l’assumer et en être fière mais je suis quelqu’un de très réservé et timide. J’ai toujours eu cette ‘‘honte’’ d’écrire et je ne peux pas expliquer pourquoi. Pourtant, on a tous déjà été à la bibliothèque lire de livres donc en quoi écrire est mal ? Je ne me vois pas dévoiler ce secret au grand jour, personnellement. Je suis heureuses pour ceux et celles qui s’assument, vous êtes trop cools ! :smiley:

14 « J'aime »

@Angel-Dust , merci infiniment d’avoir relancé ce topic ! Je me suis délectée de tous vos incroyables messages, chers camarades ! Je suis heureuse que ce topic continue d’être nourri de vos réflexions, questionnements, débats et témoignages, et de vos proses toujours d’une grande qualité ! J’aurais tellement de choses à répondre à chacune de vos récentes interventions que je préfère m’abstenir car sinon, ce soir j’y serais encore. Mais vraiment merci à tous, ça fait chaud au cœur :heart:

11 « J'aime »

Bon je recommence, mauvais manip (merci le voyage en train… lol)

@Angel-Dust Tu sais ce que je penses de tes fics, pour les avoir lues, relues et rerelues pour certaines, je les aimes d’mour tes fics. Tu as ce talent de réussir à voir le meilleur dans nos personnages favoris. Tu fouilles, tu triffouilles, tu tisses des histoires uniques avec ta propre vision et c’est génial. Tu as toujours fais preuve de modestie par rapport à ça, mais comme l’a dit Fah, c’est effectivement sans doute plus proche du syndrome de l’imposteur. JE me doutes d’où ça vient, en partie du moins, mais vraiment, tu n’as pas à avoir honte.
Par rapport à l’entourrage, par contre, je comprends, j’ai aussi tendance à garder ça pour moi, ou alors à trier sur le volet ceux à qui j’en parle.

Je suis entourrée de geek, de nerds, de joueurs de JDR et de lecteurs assidus de fantasy ou autre. Certains écrivent même des fiches de personnages pour du Jeu de Role Grandeur Nature (GN pour les intimes). On pourrait se dire qu’ils sont plus ouverts d’esprits à ce sujet mais en fait pas vraiment, j’en ai encore eu la preuve y a pas si longtemps :
Alchemised a tourné par mal dans notre groupe d’amis. Moi je l’ai lu et j’ai beaucoup aimé. (oui, on pense ce qu’on veut de la dark romance, mais alchemised j’ai aimé, j’ai trouvé très bien écrit, très bien amené et avec un sacré sens du récit). Mais Alchemised est tiré d’une fanficition. Voici des morceaux choisis des commentaires :
« Si j’avais su que c’était tiré d’une fanficiton, j’aurais pas lu, j’ai perdu 3 semaines de mon temps : c’est nul »
« les fanfics, ça pue la frustration amoureuse » « c’est écrit par une nana qui n’a pour base de lecture qu’une autre frustrée de la vie qui ne savait pas écrire avant d’avoir un éditeur se voit propulsée en merveille littéraire du siècle avec un deal cinématographique mirobolant alors que c’est de la emrde en barquette… Et pendant ce temps là, les vraies auteurices se cassent les fesses à faire des recherches et à sortir des concepts relativement nouveaux et intéressents, et crèvent de faim parce que tout le monde s’en ■■■■… Fais iech… »

Alors ouais… Pas trop envie de leur en parler XD ça sent les frustrés de la vie qui arrivent pas à être publier ? Ben en fait si tu y arrives pas, c’est peut-être que ce que TOI tu écrit, c’est nul… Non ?
Bref, ça m’avait tellement énervé…

(Pardon pour le message tronqué et supprimé juste au dessus)

12 « J'aime »

Ou peut-être qu’ils débarquent sur un genre ultra-saturé ? :laughing: J’ai souvenir qu’avec le covid, des dizaines de centaines de Français et Françaises se sont mis dans l’écriture et ont saturé considérablement les ME avec leurs manuscrits, ce qui a provoqué une mise en attente très très longue… J’imagine qu’il y a des situations comme ça, où selon les genres littéraires, il y a plus ou moins de demandes et donc une recherche dans le haut du panier pour les prochaines publications à défaut du tout venant ?
Au moins en fanfiction on n’a pas cet écrémage des maisons d’édition… nous sommes la maison :smiling_face_with_sunglasses:

14 « J'aime »

Tu oublies aussi les incroyables représentants de la fanfiction originalisée avec 50 nuances de Grey et After (respectivement issues de twilight et des one direction)… de ce que j’ai compris, le succès repose davantage sur le côté sulfureux du premier et sur la romance toxique du second (je sais plus si y’a du lemon dans After). Pas franchement une belle publicité pour la fanfic, donc… :sweat_smile:

Deux choses ici :

  • ils font quoi des fanfics qui sont tout, sauf orientées romance ?
  • Et des fandoms tellement riches qu’ils en deviennent vertigineux avec des tonnes des zones d’ombres à explorer ? (coucou TES, entre autres, ou HP)
  • Pas sûre que l’autrice d’After soit riche et célèbre, hein :sweat_smile: et pas sûre que le succès éphémère de ses romans ait suffi à la dispenser de trouver un taf.
  • Ils sont au courant que hormis quelques très rares exceptions qui se comptent sur les doigts d’une main, les auteurs ne vivent ABSOLUMENT PAS de l’écriture ? (en tous cas j’en connais pas dans mon entourage immédiat, même parmi les personnes que je connais qui sont édités. Pire : une connaissance qui a eu un « bon » début avec son tout premier roman s’est dégagée, sur un an… le montant mensuel du smic).
    Donc désolée les rageux, mais faudrait redescendre sur terre là :sweat_smile:

J’irai même plus loin : des concepts « originaux » y’en a pléthore sur wattpad. Et parmi eux, y’en a un sacré paquet qui sont juste nuls, en fait. Donc la maison d’édition… normal que ça soit pas pour eux :sweat_smile:

10 « J'aime »

Je doute qu’il ait fallu les attendre pour que la fanfic ait mauvaise réputation.
Dans la section commentaires de l’article de Morgane Tual mentionné dans un autre topic, on a droit à ce merveilleux :

Ce à quoi quelqu’un lui répond « Dit celui qui n’a pas lu une seule Fan Fiction. Et votre avis sur le surf? Ou bien sur la permaculture? Je suis impatient. »
Et la réponse d’Elbarto ?

« Bah en vrai le seul intérêt des fanfics c’est d’être un point d’entrée vers l’écriture pour de nombreux auteurs qui ont commencé par ça, tout simplement parce qu’il est plus facile de créer un récit dans un univers existant et qu’on connaît par cœur. Parce que bon l’intérêt artistique des « what if Drago Malefoy chopait Edward Cullen » c’est quand même assez limité. »

Eh bien ok boomer.
On remercie chaleureusement cet autre lecteur de l’article qui répond par un beau :

c’est sans intérêt les torchons pour midinettes ?
plein de gens s’amusent, expérimentent leurs techniques d’écritures et au passage socialisent et rencontrent des personnes avec un sujet d’intérêt commun
en quoi serait ce une raison de rabaisser au rang de « torchon » (je sais que vous sortez une phrase toute faite, mais l’intention de rabaisser est là)
et en quoi que ça soit des « jeunes filles » serait là aussi un tort ? Plein de jeunes personnes non masculines font des trucs sympathiques et éventuellement ont mûri et se sont professionnalisés via le fanfic
les jeunes démarrent en écrivant et dessinant des histoires de batman de leur enfance, pour ensuite écrire de la fiction sérieuse et sophistiquée, usant de leur passif d’expérimentations.
d’autres continuent de rester des écrivains du dimanche, en détente et amusement et c’est très bien ainsi.

.
.

De base il y a une méconnaissance générale de la fanfic, toujours rabaissée à cette identité de roman bas de gamme écrit par des adolescentes en pleine chaleur pubère sur leurs acteurs et autres stars du moment. Toujours de la romance, mal écrite, pas profonde, des torchons comme dirait l’autre.
Grâce à des supers profs, l’approche de l’écriture d’invention par la fanfiction germe dans l’esprit d’élèves, et ça peut peut-être faire tourner le vent en notre faveur !

Mais une fois encore, comme en politique ou d’autres sujets assez clivant (genre, juste la littérature « officielle » ?? Dumas de la sous-culture ?? Allô ???) les personnes coincées dans leurs idées arrêtées ne vont pas s’ouvrir subitement à la véritable identité multiple de la fanfiction, et réaliser que, non, ça n’est pas que des torchons de romances pubères, mais un véritable arc-en-ciel de genres, styles, thèmes et j’en passe. Il faut de tout pour faire un monde ! Et qu’importe si ça a tout l’air de « torchons » ; à nos yeux c’est de l’or, du diamant, toutes les richesses du monde !!!

Je n’ai jamais été aussi heureuse qu’en découvrant que d’autres fans d’une série ou d’un jeu écrivaient dessus. Je ne suis jamais aussi heureuse que quand quelqu’un vient jeter un oeil à mes écrits. Je suis aux anges (qui sont félins pour moi :face_with_hand_over_mouth:) quand quelqu’un que je connais IRL me dit en face « j’aimerais te lire » (coucou le compagnon de Panda ; même si je lui vends les fanfics d’autres ami.e.s, ce qui l’intéresse c’est nos écrits parce qu’il nous connaît personnellement :face_holding_back_tears:).

Et franchement, qu’est-ce que ça a à vous faire, à vous les non-fans de fanfics, que j’écrive sur des univers qui existent déjà, me les approprie pour être au plus près de l’oeuvre d’origine ou au contraire pour tordre le cou au canon et en faire ce que je veux ? (hein Astrée ? :heart:) Je m’amuse, je ne fais de mal à personne et, en prime, je suis fière de mon travail.
Appelez mes fanfics des torchons si vous dépréciez le « genre » qu’est la fanfiction. Mais ce serait vous priver de superbes textes appréciés par mes pairs. :smiling_face_with_sunglasses: Qui est vraiment le perdant ici ? Certainement pas moi ! :sparkles:

14 « J'aime »

Outch, j’en prends pour mon grade :rofl:

D’abord j’hésitais dans ma pratique professionnelle, et depuis deux-trois ans, j’essaie dès qu’on a un peu de temps de faire de l’écriture d’invention en passant par la fanfiction ! Les élèves ont aussi des préjugés figurez-vous, et c’est intéressant de les déconstruire avec eux, et de leur montrer toutes les possibilités d’amusement qu’offre la fanfiction. Beaucoup mine de rien en lisent aussi ! Par contre, ils ne savent pas que j’en écris :sweat_smile: trop honte que mes élèves sachent que j’écris sur Batman, entre autres… :sweat_smile::joy:. De nouveau, un beau préjugé sur les fandoms.

Le pire dans tout ça, c’est que cette année, j’ai un élève en première qui lit plein de comics de Batman (de belles éditions en plus), et je sais qu’il veut devenir écrivain… mais je n’ose absolument pas discuter avec lui, peur qu’il me prenne pour une folle ou je ne sais quoi, alors qu’on pourrait avoir de super discussions sur le fandom et l’écriture ! Je me dis que je pourrais l’aider d’une certaine manière, etc. Mais voilà… j’assume pas encore suffisamment pour ça.

C’est tellement intéressant de vous lire ! Topic qui est toujours d’actualité et qui fait couler beaucoup d’encre virtuelle :wink:

12 « J'aime »

petite suggestion comme ça, vestige de mes cours de français de collège : le super-prof qui nous donnait une rédaction par semaine en quatrième faisait aussi tourner un cahier dans la classe où, à tour de rôle, chaque élève écrivait dedans une petite histoire courte. Je me rappelle qu’une fille que j’aimais pas du tout (le genre qui pouvait pas m’encadrer sans aucune raison) était venue me voir quand elle a eu ce cahier et m’a dit que j’écrivais super bien ! (heureusement qu’il me l’avait filé en début d’année d’ailleurs, quand j’étais encore balbutiante :joy: si j’avais eu le cahier en fin d’année, il lui serait jamais revenu, ou alors avec un truc de 500 pages :sweat_smile:)
Le prof notait aussi régulièrement sur mes rédactions que j’avais une très bonne plume (avec le recul très sincèrement je pense qu’il devait être biaisé par les copies calamiteuses qu’il devait récupérer ailleurs parce que quand je relis mes meilleures rédacs que j’ai gardées, ouais… y’a de l’idée, mais c’est pas un Tolkien, quoi :sweat_smile:). Et on a eu un club écriture durant deux ans, qui a ensuite fusionné avec le club blog du collège. Le prof encadrait les deux. Dès la sixième du coup il m’a encouragée, avec la documentaliste, à continuer l’écriture. Je faisais pas de la fanfic, mais… c’était déjà un joli début :smiling_face_with_three_hearts:
Si jamais tu as des collègues, la foi, l’énergie et le temps d’organiser une activité similaire… :innocent: (nous c’était des activités organisées sur le temps de midi, franchement c’était hyper-chouette et teeeeeellement mieux que de rester 1h30 à se les cailler dans la cour à se bouffer des ballons sur la tête parce que les mecs faisaient absolument pas gaffe à où ils tiraient…)

11 « J'aime »