Pour la fantasy, je peux te garantir que non !
C’est le truc des rêveurs qui assument pas la réalité (ce que j’ai pu entendre ça, que je devais sortir de mes rêves et de mes histoires…
).
On en discutait sur discord il n’y a pas si longtemps avec des connaissances, mais on est énormément à pas trop s’assumer dans nos genres respectifs : une autrice de romance lutte contre un syndrome de l’imposteur assez sévère parce que la romance est perçue comme le genre « bateau » par excellence et que les vrais auteurs se tournent plutôt vers le policier ou la SF, plus « socialement » acceptables car plus « sérieux » (notez les guillemets), côté fantasy j’ai déjà été confrontée à des gens qui perçoivent ça comme un truc de gamins, pas sérieux pour deux sous… et même le thriller ou l’horreur, tu peux avoir des clichés de facilité ou que sais-je.
Les plus socialement acceptables, j’ai l’impression que c’est le policier/thriller de manière générale et la SF.
Bref, si tu remplaces la science par la magie et l’enquête par une quête épique, on te prend moins au sérieux.
Sauf que quand on analyse les choses plus finement, c’est la romance qui se vend le mieux (même pas besoin d’aller très loin, sur wattpad par exemple les trucs les plus mis en avant sont des romances). C’est très souvent la romance qui fait pleurer les gens. La romance explore des thématiques facilement personnelles, presque intimes, allant de la confiance à la reconstruction en passant par plein de thèmes différents qui peuvent permettre à pas mal de monde de s’identifier ou de s’accrocher un minimum aux personnages principaux. La fantasy fait énormément vendre aussi (suffit de voir le carton du SdA, de GoT, de The Witcher…). On peut traiter d’énormément de thèmes dans la fantasy, en se permettant des parallèles avec la réalité qui peuvent faire réfléchir les lecteurs.
Je pense que c’est assimilable à la fanfic et aux fandoms sur lesquels on écrit. Certaines personnes vont les trouver gnangnan, guimauves ou ce que tu veux. Ce sont des personnes qui soit ne savent pas de quoi elles parlent, soit n’ont pas compris les messages et thèmes qui se cachent dans le fandom. Et je pense qu’en parler avec ces personnes, c’est leur montrer que le fandom est nettement plus riche que juste un truc guimauve, grivois et un peu bêbête. Qu’y a des sujets beaucoup plus profonds derrière.
Prenons Harry Potter : sous couvert d’une histoire « pour enfants » qui suit la vie d’un sorcier de 11 à 17 ans qui va à l’école et a une vie pas folle, on découvre des thématiques très puissantes comme l’amitié, l’amour (et plus précisément l’amour maternel qui est à mes yeux le pilier de l’histoire et qui est pas si mis en avant dans la fiction de manière générale j’ai l’impression), les dérives de l’amour quand il devient une obsession, les conséquences du harcèlement scolaire…
Et pourtant, y’a des gens qui résument Harry Potter à « c’est l’histoire d’un collégien de 11 ans qui va à l’école et affronte un mage noir ». Oui. Mais non.
Winx Club : on a des fées fortes, indépendantes, qui ont pas besoin de leurs princes charmants pour les sauver (bon ça arrive des fois mais pas toujours). On a des personnages avec un caractère très affirmé, des vies qui sont pas toujours simples, des histoires plus ou moins tristes et qu’elles doivent apprendre à accepter et à surmonter pour devenir meilleures. On a des deuils, des couples pas aussi parfaits que chez disney, on a même une relation toxique entre deux personnages qui finit par une séparation du couple (bon toxique léger, ça reste un dessin animé
). On a de manière plus ou moins marquée selon les saisons des thématiques centrées sur l’écologie, l’amitié est un thème central aussi, bref y’a énormément de trucs à prendre en compte.
L’air de rien, sous couvert de série enfantine pour filles avec des paillettes et des jolies robes, y’a des thèmes très lourds qui sont traités ! Mais non, y’a des gens pour résumer ça à un truc pour gamines centré sur la mode et l’apparence (apparence physique qui est TRES LOIN d’être un thème central même si les fées aiment avoir des jolies robes, dont une en particulier qui adore le shopping et se fait d’ailleurs souvent réprimander par les autres quand elle pense qu’à ça).
Nous, on sait sur quoi on écrit. On sait pourquoi on aime nos fandoms. On sait creuser pour justifier notre amour à l’histoire et aux personnages. Et nos fanfics, c’est un moyen de développer tout ça, de rendre hommage aux auteurices et de peut-être mieux souligner des thèmes qui nous ont marqués, d’une manière ou d’une autre.
Dans ton cas, je pense qu’on appelle surtout ça un syndrome de l’imposteur
Je le connais bien, je passe mon temps à lutter contre lui. C’est un sacré pot de colle ![]()
Mais ton idée vient pas de nulle part : effectivement, y’a de manière générale une « hiérarchisation » des genres et des fandoms, en plus des légers stéréotypes qui pèsent sur la fanfic et rajoutent du coup encore plus de difficultés à assumer ça. Si ça peut te rassurer, hormis quelques loisirs « acceptables », t’en as beaucoup qui en souffrent : le jeu de rôle a eu ses moments sombres et est pas toujours bien vu aujourd’hui, les jeux vidéos n’en parlons pas (t’es gamer ? T’as pas de vie…), le cosplay c’est pareil…
Tu lis trop, t’es un rat de bibliothèque. Tu fais du dessin, au mieux tu peux t’attendre à « tu saurais me dessiner ci ou ça ? ». T’es cinéphile, « ah ouais t’as pas de vie ». Tu joues d’un instrument « classique », là par contre t’es le prodige de la famille (bonus si t’es dans un orchestre). Tu fais de la guitare électrique et tu fais partie d’un groupe de rock amateur ? Houlàlà, t’aimes le risque toi !
J’arrête la liste là, mais il y aura TOUJOURS quelqu’un pour critiquer ton loisir si ça plaît pas (et même les loisirs relativement bien acceptés t’auras toujours quelqu’un pour critiquer, te rappeler qu’en tant que femme bah c’est plus logique que tu joues de la flûte ou que tu fasses de la danse plutôt que tu joues du tuba et tu t’éclates à la boxe, te dire que si tu fais pas de compétition/concours ça sert à rien, te traiter d’égoïste, te dire que tu rates ta vie…).
Oui ! Et je sais en connaissance de cause que c’est le plus dur à faire, s’assumer devant les autres
(et s’accepter soi-même aussi, l’air de rien là je me bats actuellement avec moi-même et mon poids… pourtant je suis une crevette !) Mais si déjà tu réussis à y réfléchir, c’est que tu es en bonne voie
alors je dirais juste continue, fonce, et parle de tes passions… avec passion ![]()
Effectivement autre débat, et tu peux rajouter les hommes dans le même panier parce qu’ils voient pas forcément ce que leur femme fait quand elle est au foyer ![]()
Je partage son avis (et oui c’est le plus terrible, quand ils ont raison
) et le sien en même temps.
Le sien, parce que bah… ouais, c’est une passion, y’a pas à s’en cacher !
Le tien, parce que je le vis au quotidien. Hormis quelques amis que je sais sur la même longueur d’onde que moi à ce sujet, j’évite de parler de mes fanfics et de mes projets d’écriture en général parce que je sais que ça sera pas forcément bien vu… Comme j’expliquais plus haut, fantasy → considéré comme un truc pas sérieux (malgré tout l’amour que je dédie à la création de mes univers et aux réflexions personnelles sur les plans écologique, évolutif voire géologique, donc SCIENTIFIQUES), horreur → rendez-vous chez le psychiatre, et globalement j’écris… ouais, autant que je dédie mon énergie à une thèse, ça rapporte plus d’argent (spoiler, non.)
Et pour le coup, je pense que je vais pas réussir à passer le pas de l’assumer un jour. Pour te dire, mes projets (que ce soit pour mon truc embryonnaire de cartographe pro ou pour mes projets d’édition de romans), ça se fera sous pseudonyme. Je refuse de publier quoi que ce soit sans pseudo. Parce que je sais que si jamais je le fais pas, ça risque de m’attirer des critiques et que j’ai peur que ça me ferme des portes à l’avenir pour des trucs pros…
Bref, compliqué tout ça. Mais merci d’avoir relancé le sujet !
