Les fanfictions écrites avant l'apparition des fanfics

Il y a quelque temps, sur la branche “La fanfiction, votre entourage sociale et vous”, @ivcalou a fait une remarque que j’ai trouvée vraiment très très très intéressante (oui, je sais, je réagis trois semaines après… le temps que ça monte au cerveau et que les connexions neuronales se fassent… :sweat_smile:) :

J’irais même jusqu’à dire que, ayant étudié l’histoire littéraire de manière approfondie, toute œuvre s’est construite sur la base de celles déjà produites. Au moyen âge, on réécrivait sans cesse des épisodes déjà écrits, approfondis ou vus sous un autre angle, et ce sur la base de légendes orales. Hé oui, ils faisaient de la fanfiction avant l’heure, et c’était totalement accepté ! :joy: Toute œuvre que j’ai étudiée dans le cadre de mon travail reprenait les codes, certaines intrigues ou des pans entiers d’autres œuvres antérieures.

Mais oui, mais c’est tellement vrai !!! La fanfic, ça existe depuis TOUJOURS ! Alors pourquoi ce mépris, ce dédain vis-à-vis de cette extraordinaire forme de récit que nous aimons tous ici, sans toujours réussir à en accepter la légitimité ?

Je vous propose de faire ici une petite liste, un petit récapitulatif, une petite compilation des “fanfics-qui-ont-été-écrites-et-publiées-avant-que-les-fanfics-n’écrivent”. Ca donnera peut-être des idées de lecture, et ça nous confortera, j’espère, dans l’idée que nos fanfics sont de VRAIS récits, tout aussi légitimes, intéressants et bien écrits que beaucoup de romans “originaux” publiés chaque jour. Si de grands auteurs l’ont fait, pourquoi pas nous, hein ?

Et je commence donc avec Alexandre Dumas. Allez, révélation : Les Trois Mousquetaires, ben… c’est une fanfic ! Eh OUI ! J’explique : un beau jour, en quête d’inspiration, Dumas se balade dans les rayons de la bibliothèque royale, et il tombe sur un bouquin intitulé Les mémoires de M. D’Artagnan, d’un certain Gatien de Courtilz de Sandras, publié en 1700. Curieux, il l’emprunte, il le lit… et il se dit que c’est vraiment une bien chouette histoire. On peut y rencontrer trois mousquetaires nommés Athos, Porthos et Aramis, ainsi qu’une belle et mystérieuse espionne surnommés “Milady”. Ca ne vous rappelle rien ? :innocent:

En fait, le fameux Courtilz a croisé le vrai d’Artagnan (mort en 1673) : il a été lui-même mousquetaire, et a bien connu le gouverneur de la Bastille (pour cause : il y a été emprisonné pendant plusieurs années), qui lui-même était compagnon de d’Artagnan. Ni une ni deux, il utilise ses connaissances sur la vie du Gascon pour écrire un roman en trois volumes où se mêlent la vérité et la fiction. Ce livre est publié, sous le titre Mémoires de M. D’Artagnan, mais il n’obtient que peu de succès. Dumas le trouve, le lit, et s’en inspire pour écrire la trilogie des Mousquetaires. Quand je dis “s’en inspire”… disons qu’il le réécrit complètement, prenant les personnages pour les remodeler à sa guise, aidé en cela par Auguste Maquet, son collaborateur (ce dernier a écrit avec lui ses romans les plus célèbres). On retrouve donc Athos, Porthos et Aramis, mais leur rôle est beaucoup plus développé que dans le livre d’origine… qui n’a plus grand-chose à voir avec la réalité !

Dans la préface des Trois Mousquetaires, Dumas raconte comment il est tombé sur le livre de Courtilz et comment les noms Athos, Porthos et Aramis ont excité sa curiosité. Puis il prétend avoir fait d’autres recherches, et être tombé sur les “Mémoires de M. le Comte de La Fère” (pour celles et ceux qui ne le savent pas, il s’agit du véritable nom d’Athos), dans lesquelles il a retrouvé ces noms. Il s’est alors empressé de faire publier ce manuscrit, en le renommant Les trois mousquetaires… (Vous trouverez cette préface ici si ça vous intéresse.) Bien sûr, ces fameux “Mémoires” n’ont jamais existé et tout le roman est sorti de l’imagination de Dumas et de Maquet, mais il s’agit ni plus ni moins d’une fanfiction, d’une déviation de l’œuvre première de Courtilz. :winking_face_with_tongue:

Si vous avez d’autres exemples, n’hésitez pas !

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Mais j’adoooooore le principe… !!!

J’enchaîne !

Notre cher Jean de la Fontaine (oui oui, notre fabuliste préféré ou non, dont on n’a tous appris un jour l’une des fables comme le Corbeau et le Renard, ou encore le Loup et l’Agneau !) s’est très largement inspiré de fables écrites dans l’Antiquité, celles d’Esope et de Phèdre notamment. Et il ne s’en cache pas non plus ! Dans sa préface aux Fables, il cite explicitement ses sources et son dessein : transposer en vers français les fables antiques. Mais il y met sa patte, et il le dit bien dans sa préface également : “On ne trouvera pas l’élégance ni l’extrême brièveté qui rendent Phèdre recommandable : ce sont qualités au-dessus de ma portée. Comme il m’était impossible de l’imiter en cela, j’ai cru qu’il fallait en récompense égayer l’ouvrage plus qu’il n’a fait. […] J’ai pourtant considéré que, ces fables étant sues de tout le monde, je ne ferais rien si je ne les rendais nouvelles par quelques traits qui en relevassent le goût. C’est ce qu’on demande aujourd’hui : on veut de la nouveauté et de la gaieté.”

J’irais même plus loin : prenons la fable du Renard et du Corbeau… Certes, elle apparaît dans l’Antiquité chez l’auteur Phèdre, mais pas que : dans le Roman de Renart, oeuvre anonyme certainement créée par de nombreux clercs au cours du XIIe et du XIIIe siècle qui continuèrent les aventures du goupil nommé Renart (ce qui a d’ailleurs donné le nom à l’animal :wink: ), on y retrouve l’histoire de Tiécelin le Corbeau qui a récupéré un beau fromage qu’il entame sur une branche d’un arbre contre lequel Renart se reposait. Ayant alors faim, le Renart tente de faire lâcher le fromage au corbeau en le poussant à chanter… ! Cela ne vous rappelle rien ? Et si… ! Vous pouvez en retrouver une version ici.

Et pourtant, ce sont bien ses fables qu’on apprend à l’école, sans forcément mentionner que la matière n’est pas de lui. Il les a réécrites pour les mettre au goût du jour, à son époque.

J’adore vraiment le principe, je vais fouiller ma bibliothèque en quête d’autres exemples que j’essaierai de détailler comme l’a fait @Alresha ! Merci beaucoup de l’idée, c’est vraiment génial !

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“Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme” phrase attribuée au chimiste français Lavoisier… à moins que ce ne soit une reprise du philosophe grec Anaxagore, bien des siècles auparavant : “ Rien ne naît ni ne périt, mais des choses déjà existantes se combinent, puis se séparent de nouveau” :stuck_out_tongue:

Oui, c’est un sujet passionnant et qui permet en effet – si besoin – de se décomplexer à propos du mépris de certains vis-à-vis de l’écriture de fanfictions ! La prochaine fois que quelqu’un se montre discourtois sur le thème, il ne reste plus qu’à lui balancer que Dumas, Virgile et bien d’autres “grands auteurs” s’y sont essayés avec succès :wink:

À titre personnel, il n’y a pas beaucoup de “vrais” exemples de fanfictions à l’ancienne qui me viennent, mais je pense qu’ivcalou a vraiment le bon “filon” en creusant du côté des mythes, des fables et des contes. Je ne me rappelle plus exactement de quelle manière c’est intégré dans l’oeuvre (j’y pense surtout parce que je viens de voir le film de Del Toro :smiling_face_with_three_hearts: ), mais Mary Shelley avait sous-titré Frankenstein, “le Prométhée moderne” et, en y réfléchissant, on comprend bien comment la figure de Prométhée (d’Eschyle ? Je ne suis même plus sûre d’à qui est attribué le mythe d’origine) lui a inspiré – de manière très détournée – celle de son brillant mais monstrueux scientifique voulant rivaliser avec les dieux… pour transcender la condition humaine. Et, forcément, je pense à l’Ulysse de Joyce qui ne m’a pas laissé un grand souvenir personnel (je l’ai lu trop jeune et n’en ai pas retenu/compris grand chose), mais qui est un pastiche assumé de l’Odyssée et est considéré comme l’un des plus grands romans du XX siècle. Et pour sortir un peu des mythes et se rapprocher de notre époque (même si des mythes sur des créatures légendaire dont la traque fait se perdre eux-mêmes, ceux les poursuivant, on doit pouvoir en trouver des exemples très anciens), je vois un emprunt assez net au Moby Dick d’Herman Melville quand je lis le K de Dino Buzzati (auteur de nouvelles que j’adore).

De manière connexe (enfin, je crois que le sujet est très lié), je suis une grande fan de l’intertextualité qui peut – à sa manière – être considéré comme un procédé (et un hommage) similaire à une forme de crossover : @Theblueone m’avait il y a quelques temps fait remarquer que Thiéfaine (chanteur dont nous sommes très fadas toutes les deux) aurait peut-être bien apprécié, en tant que grand amateur d’intertextualité (je ne peux, à ce titre, pas résister à l’envie de vous renvoyer vers En remontant le fleuve magnifique hommage à Joseph Conrad, ni à l’impitoyable portrait dressé au travers de Affaire Rimbaud ) de voir les paroles de ses chansons détournées sous format fanfictionnel. Quand on joue en permanence avec les mots des autres et apprécie de se perdre en références poétiques multiples, il est logique de voir les siens détricotés à un moment ou l’autre :innocent:

Si on va du côté de l’intertextualité, on peut parler des hommages – divers et variés – de Daniel Pennac à d’autres œuvres littéraires au cours de la saga Malaussène. Je pense notamment à la façon dont certaines références aux livres de Dostoïevski – mais pas que – sont intégrées, mais aussi à la figure de Bartleby le Scribe (de Melville, encore lui :p) qui imprègne complètement Des chrétiens et des maures. Et, l’exploitation des tragédies et des figures Shakespeariennes me semble on ne peut plus nette chez le génial William Faulkner (un William peut en cacher un autre xD).

Hâte de voir les autres exemples qui vont émerger ^^

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C’est amusant, il y a quelques temps j’ai publié un topic

Essentiellement pour expliquer que les univers qu’on aimes ont surtout traversés les temps parce que d’autres auteurs s’était saisi de ces grands personnages (Holmes, Bond, Tarzan). Et que bien souvent, ces histoires étaient ni plus ni moins que de la fanfictions avant l’heure (dans un but tout a fait commercial).

Bon, c’est le principe inverse de ce que tu évoques @Alresha

Mais voilà, ça m’a rappelé ce vieux topic :sweat_smile:

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@firestorm61 : J’avais complètement zappé ce topic dont tu parles, mais ça rejoint totalement ce que je veux dire ici… et je vais évidemment reparler de Sherlock un peu plus tard :face_with_tongue:

L’intertextualité, c’est la vie. Littéralement (dans les deux sens du terme). Et j’adore vos exemples @ivcalou et @Crapule. Je n’avais absolument pas pensé à La Fontaine, mais c’est évident ! Quant à la formule de Lavoisier, j’étais tellement certaine qu’elle était bien de lui… … … :astonished_face:

Euh, je l’ai commencé deux fois. Une fois quand j’étais jeune et une fois quand j’étais, disons, moins jeune. (Ceux qui disent “vieille” dans le fond, je vous entends !) Eh ben, j’ai rien compris les deux fois. :innocent: Mais rien que le titre semble indiquer qu’il s’agit bien d’une fanfic - et je pourrais rajouter O’Brother, ce film déjanté des frères Cohen, pour filer l’histoire d’Ulysse…

Ah, c’est marrant, parce que moi j’y vois une réécriture d’Hemingway (Le vieil homme et la mer) - moi aussi j’adore Buzzati.

Est-ce que je peux parler un peu de Sherlock Holmes maintenant ? Oui ? Merci, vous êtes bien urbains. :innocent:

Il existe des dizaines, des centaines, des MILLIERS de pastiches, parodies, continuations, déviations, crossovers, séquelles, préquelles, univers étendus… sur Sherlock Holmes. Ca a commencé du vivant de l’auteur, alors que Doyle n’avait même pas fini d’écrire les aventures d’origine, avec Maurice Leblanc, qui a tout simplement pris le célèbre détective et l’a placé face à son propre héros, Arsène Lupin, le gentleman cambrioleur. (Ensuite, pour des questions de droits d’auteur, il l’a renommé “Herlock Sholmès”, mais bon… :roll_eyes:) Holmes a été une inspiration pour des centaines d’auteurs qui ont, pour beaucoup, été publiés, et j’aimerais en citer quelques-uns que j’ai particulièrement appréciés :

  • Les exploits de Sherlock Holmes, d’Adrian Conan Doyle et John Dickson Carr : douze nouvelles écrites par le fils de l’auteur lui-même, dans la droite lignée des aventures originales (si vous êtes arachnophobes, je déconseille la lecture de “L’horreur de Deptford” :sweat_smile: ).
  • La solution à 7% de Nicholas Meyer : j’ai déjà parlé de ce roman, adapté en film par l’auteur lui-même (pour info, Meyer est aussi le réalisateur de films Star Trek, notamment La colère de Kahn : tout est lié !), dans lequel Sherlock Holmes rencontre… Sigmund Freud !
  • Le testament de Sherlock Holmes de Bob Garcia : j’ai adoré ce roman (et en plus j’ai rencontré l’auteur à plusieurs reprises) qui flirte avec l’horreur (il y a plus de 10 meurtres très sanglants) tout en restant dans l’esprit des livres d’origine.
  • Les dossiers Cthulhu de James Lovegrove (c’est un pseudonyme qui rappelle le nom de Lovecraft, l’auteur de Cthulhu) : super crossover (plusieurs tomes) qui reprend toute l’histoire de Holmes et de Watson en les replaçant dans un univers fantastique / horrifique.
  • Dans la tête de Sherlock Holmes : série de BD vraiment géniale dans laquelle on explore à la fois le cerveau du grand détective et de nouvelles enquêtes inédites.

(Promis, je m’arrête avec Sherlock Holmes. Je vais trouver autre chose pour la prochaine fois.)

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À tout ceci je ne peux que rajouter le fabuliste russe de XIXe siècle Krilov, qui avait repris plusieurs fables de La Fontaine.

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Bon à savoir xD

Faudrait faire un sujet de discussion sur les oeuvres qui nous sont tombés des mains/auxquels on a strictement rien pigé… histoire qu’un amateur des œuvres en question puisse éclairer notre lanterne et nous donner d’éventuels arguments pour retenter l’expérience.

Perso, j’ai essayé de lire – plusieurs fois – Anna Karénine (je n’ai jamais dû dépasser la dizaine de pages) et Guerre et paix de Tolstoï (je me suis acharnée parce que c’était le roman préféré de quelqu’un que j’aimais beaucoup… je ne suis jamais rentrée dans le truc). Et les livres du Marquis de Sade me donnent de drôles d’envies d’autodafés :melting_face:

Ah oui, maintenant que tu le dis… :thinking:

Je relance une petite pièce dans la machine concernant Sherlock (et l’intertextualité) :

Le plus vieux (à moins que ce ne soit long ?) feuilleton policier manga de tous les temps : Détective Conan est une oeuvre de Gōshō Aoyama dont la parution a démarré en 1994. La publication est toujours en cours et je ne suis pas sûre que l’auteur mette un point final à sa « série » de son vivant. Gōshō Aoyama est un grand fan de polars (indépendamment des médias : romans, films, séries, etc…) et il a fait de son « jeune » héros (dont le pseudonyme « Conan Edogawa » est un hommage direct à Conan Doyle et à Edogawa Ranpo… romancier japonais dont le détective/héros récurrent est presque calqué sur Sherlock Holmes) un pastiche plutôt évident du résident de Baker Street. Outre, l’hommage à Conan Doyle et à Edogawa, les mangas sont truffés de références à d’autres œuvres policières (que ce soit au travers de détournements de noms ou dans certaines intrigues elles-mêmes) : Agatha Christie (notamment Miss Marple et Hercule Poirot), Maurice Leblanc, le club des détectives, Nancy Drew, Columbo, Coppola, Scorsese, etc…

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La série animée Ulysse 31 également si on prend ce chemin :smiling_face:

:sweat_smile:

Je ne connaissais pas cette histoire :rofl: c’est tellement hilarant :rofl:

Vraiment ? (:vulcan_salute::squinting_face_with_tongue:)

Mais fais toi plaisir :smiling_face: avec Holmes il est impossible de ne pas évoquer Basil Détective privé, par exemple.

Et l’exemple que j’adore lorsqu’il s’agit de déclinaison c’est Tarzan. Entre Tarzoon la honte de la jungle, Georges de la Jungle, on a largement de quoi faire une conférence.

C’est également le cas de Dracula qui non seulement à donner des adaptations plus ou moins fidèle, mais qui est inspiré par le mythe du vampire (que l’auteur n’a pas inventé), vaguement du personnage d’Elizabeth Bathory, mais surtout d’un personnage historique et de sa légende (ce bon vieux Vlad)…

Bref, sujet palpitant que tu nous proposes @Alresha

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AAAAAAAAH et moi qui hésitais à en parler avec le message d’Alresha… !!!
Ranpo a baigné dans ses lectures de Conan Doyle, et ça l’a inspiré pour le personnage d’Akechi (Kogorô de son prénom, qu’on retrouve chez l’inspecteur Môri du coup). C’est un jeune détective, entre 20 et 30 ans je dirais (plus 25~30), malin, bon coup d’oeil, qui a une agence de détective, une assistante (qui deviendra sa femme) et un assistant (un jeune garçon genre collégien/lycéen si mes souvenirs sont bons) et il n’est jamais le narrateur des histoires – un peu comme Watson avec Holmes en fait !
Akechi est toujours le deutéragoniste, mais apparaît à travers le regard du narrateur-personnage (ou narrateur omniscient, plus rare).
Si mes souvenirs sont bons (désolée, j’ai la flemme un peu d’aller chercher mes vieux bouquins du Master), Ranpo s’est aussi basé sur Maurice Blanc, Egard Allan Poe (d’où le pseudo – Edogaa aran po ; Edogawa Ranpo) et même un vieil auteur français tombé en désuétude dont j’ai oublié le nom… Mais Ranpo était très friand du polar occidental, et c’est grâce à Doyle notamment qu’il a débuté sa carrière. On retrouve aussi pas mal Poe avec l’aspect fantastique, mais ça finit nécessairement par du rationnel. Ce qu’on pensait être un huit-clos ne l’était pas vraiment, le message interprété était complètement erroné, le fantôme était un usurpateur qui avait beaucoup de ressources…
Ca me donne envie de replonger dans les articles des chercheurs que j’ai écumés y a quatre à six ans :laughing:

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Oh ! :open_mouth: Je n’avais jamais tilté, mais ça explique aussi le côté horrifique/fantastique de ses oeuvres.

Ah, je l’avais presque oublié celui-là, comme la « fanfiction » manga d’Arsène Lupin : Lupin III :wink:

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Et la « Bicyclette bleue » de Régine Deforges ? Elle constitue pratiquement un calque de « Autant en emporte le vent ». Si ce n’était la décision des organes compétents, j’aurais presque qualifié ce livre, tout du moins son premier volume, d’un nom plus parlant que celui de fanfiction. Mais bon, la justice avait tranché…

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En parlant de Lovecraft – qui est omniprésent encore aujourd’hui dans le paysage horrifique – sa mythologie a été reprise à foison.

Si l’auteur n’a pas connu le succès en son temps, certains auteurs ont exploité son œuvre de son vivant. Notamment parce que Lovecraft correspondait beaucoup avec eux et les encourageait à se servir de sa mythologie.

L’auteur le plus important est August Derleth (1909-1971). On y trouve aussi Robert Bloch (1917-1994)(Psychose) et Robert E. Howard (1906-1936)(Conan le Barbare).

Derleth a continué à écrire après la mort de Lovecraft, sur base de ses notes, et a continué à développer sa mythologie. Je vais pas citer les œuvres, l’auteur est assez prolifique, je vous laisserai googler si ça vous intéresse.
Il a d’ailleurs fondé Arkham House (1939), une maison d’édition dédiée à l’œuvre de Lovecraft.

(au passage, Derleth a aussi écrit sur Sherlock Holmes, avec Solar Pons)

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L’œuvre qui me vient immédiatement en tête, c’est Roméo et Juliette de Shakespeare, une histoire qu’il a clairement reprise et transformée. Mais il était loin d’être le seul dans ce cas.

La version la plus ancienne qui ressemble vraiment à celle que nous connaissons est celle de Luigi da Porto, publiée vers 1530 sous le titre Historia novellamente ritrovata di due nobili amanti. L’action s’y déroule déjà à Vérone, avec les familles Montecchi et Cappelletti, et les personnages de Roméo et Giulietta.

Cette histoire a ensuite été reprise et enrichie par Matteo Bandello. Sa version a connu un immense succès en Europe et a servi de base à de nombreuses traductions.

Plus tard, le poète anglais Arthur Brooke a écrit The Tragical History of Romeus and Juliet, un long poème narratif qui est la source directe de Shakespeare : l’intrigue y est presque identique.

Et puis Shakespeare est arrivé. Même s’il n’a pas inventé l’histoire, il a su transformer un poème un peu lourd en un véritable chef-d’œuvre intemporel.

C’est une œuvre que j’aime profondément. Roméo et Juliette a bercé mon enfance, et c’est aussi l’histoire préférée de ma mère.

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Mais comment ai-je pu ne pas en parler ? (C’est un de mes Disney préférés. Il y a deux chauves-souris qui ont élu domicile sous le toit à côté de notre maison et je les ai baptisées Bartok et… Fidget, évidemment !)

Mais il ne faut pas hésiter ! Dès que j’ai vu le message de Crapule sur Ranpo, je me suis dit “oh, ça, c’est pour BakApple !” :laughing:

J’ai un peu honte de dire que je ne l’ai jamais lu… mais j’ai en revanche lu L’Egyptienne de Gilbert Sinoué, qui est aussi une reprise du roman de Margaret Mitchell (sauf que ça se passe en Egypte - vous ne l’auriez pas deviné, hein ? :roll_eyes: - pendant l’expédition napoléonienne et non pendant la guerre de Sécession).

Mais non ?!? Je vais tout de suite aller voir ça, merci pour cette information capitale !!! :sweat_smile:

Mais EVIDEMMENT !!! Je n’y avais pas pensé. Et on peut même la faire remonter à bien plus loin, puisqu’il s’agit d’une réécriture (assez libre, bien sûr) de Tristan et Iseut, récit médiéval dont il existe d’ailleurs plusieurs versions (de Béroul, Thomas d’Angleterre et même Marie de France dans le très beau lai du chèvrefeuille à lire ici si vous voulez, c’est très court). Et puisqu’on parlait d’intertextualité, je vois dans Cyrano de Bergerac plusieurs allusions au Roméo et Juliette de Shakespeare, notamment la fantastique scène du balcon, avec un côté parodique puisque Christian, Roméo de pacotille, n’arrive pas à aligner deux mots et que c’est Cyrano qui prend sa place… “Pourquoi es-tu Roméo ?” - eh ben, justement, c’est pas moi, c’est l’autre ! :grin:

Mais je voulais parler aussi du Nom de la Rose, dont on a déjà parlé ailleurs, je crois que c’était dans les adaptations filmiques réussies. J’adore Umberto Eco, et particulièrement ce roman-ci, déjà parce que le personnage principal s’appelle - ça ne vous rappelle rien ? - Guillaume de BASKERVILLE (oui, oui, comme dans Le chien des Baskerville), et ensuite parce qu’il y a plein de références (un peu trop parfois, je suis obligée de l’admettre)…

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Mais Ouiiiiiii ! Je l’ai même fait cet extrait avec mes premières cette année :joy:

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Et pourtant, je connais bien l’histoire de Tristan et Iseut, et je n’aurais jamais pensé que Roméo et Juliette en soit inspirée.

Comme quoi…

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En effet, j’aurais plutôt dit une réécriture de Pyrame et Thisbé, qui a aussi été repris et repris… notamment par Théophile de Viau au XVIIe sous forme de pièce de théâtre. Il n’y a pas la scène du balcon, mais on a les deux familles ennemies, les deux enfants qui s’aiment et qui s’enfuient, on a aussi le quiproquo de fin où les deux amants se tuent en croyant l’autre déjà mort…

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… Je vais boucler avec le premier message d’@ivcalou parce que c’est trop tentant : La Fontaine en a fait une fable ! :grin: C’est ici si vous voulez la lire…

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Oh purée, je l’avais oubliée celle-là… :joy: :winking_face_with_tongue:

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