Tu as parfaitement résumé le problème de l’anneau, @Somniuspera
. Chapeau l’artiste
!
J’aimerais cependant ajouter, si la modération le permet, que cette thématique est d’origine religieuse.
John Ronald Reuel Tolkien était un fervent catholique, profondément attaché à la doctrine de son Église, ce qui influença sa vision du monde et son œuvre littéraire. Il rejetait fermement toute forme de racisme, en cohérence avec les enseignements catholiques sur la dignité de chaque être humain. En tant que catholique conservateur de son époque, ses convictions religieuses transparaissent dans ses écrits, bien que souvent de manière implicite et symbolique.
La foi catholique joua un rôle déterminant dans sa vie personnelle. Sa mère, Mabel, convertie au catholicisme malgré l’opposition farouche de sa famille (anglicane, donc protestante, comme la majorité des britanniques), dut affronter la pauvreté et l’isolement, marquant profondément le jeune Tolkien. Cet héritage spirituel imprégna sa conception du monde et sa littérature.
Dans l’univers de Tolkien, le mal absolu occupe une place centrale. Il est incarné par Morgoth, figure de la corruption totale, qui engendre des êtres eux-mêmes corrompus. Mais à cette noirceur répond l’espoir offert par le libre arbitre et la rédemption. La thématique du « dernier qui devient premier » traverse l’œuvre : les humbles, les petits, sont souvent les instruments de la victoire sur le mal. Ainsi, Le Seigneur des Anneaux est une véritable ode aux valeurs chrétiennes. L’œuvre met en scène la lutte entre le bien et le mal, illustrée par des figures symboliques. Gandalf, guide et protecteur, incarne la sagesse et le bien, tandis que Saroumane, autrefois grand parmi les sages, symbolise la chute, évoquant Lucifer, l’ange déchu qui choisit la trahison. Aragorn, figure du roi attendu, porte les traits du Christ : un dirigeant humble mais providentiel, qui rassemble une communauté composée de peuples différents dans un objectif commun de salut. Cette diversité rappelle l’universalité du message chrétien.
Tolkien lui-même affirma que Le Seigneur des Anneaux est une œuvre profondément catholique, mais qu’il avait choisi d’en imprégner l’histoire et le symbolisme plutôt que de la teinter de références explicites à des cultes ou pratiques religieuses. Dans une lettre adressée à Robert Murray, un prêtre jésuite, il écrit : « Le Seigneur des Anneaux est bien sûr une œuvre fondamentalement religieuse et catholique; inconsciemment au début, mais consciemment lors de la révision. C’est pourquoi je n’ai pas inclus, ou j’ai éliminé presque toutes les références à quoi que ce soit qui ressemble à de la « religion », des cultes ou des pratiques, dans ce monde imaginaire. Car l’élément religieux est absorbé dans l’histoire et le symbolisme. »
(Lettre 142, 02 décembre 1953)
Les Hobbits sont pour Tolkien l’incarnation des parfaits chrétiens, des êtres humbles, cachés, discrets, qui vivent en harmonie avec la création divine (la nature).