Les livres (ou les films) que vous n'avez pas compris

J’ai l’impression, dernièrement, d’ouvrir des topics dont je n’ai absolument pas eu l’idée puisque je la vole aux autres. Rendons donc à César ce qui lui appartient : @Crapule a dit, dans ce topic :

Mais en voilà une idée qu’elle est bonne, comme dirait l’autre ! :grin:

Je vais donc ouvrir le bal avec William Faulkner. (Euh, @Crapule, je sais que tu adores, désolée…) J’ai essayé de lire Le bruit et la fureur, on m’a dit “mais si, tu verras, à un moment ça va devenir compréhensible” (LOL), j’ai persisté… et désolée, mais à aucun moment je n’ai trouvé ça compréhensible. J’étais peut-être trop jeune (pourtant, j’arrivais à la trentaine) mais j’ai refermé le livre avec l’impression que j’étais vraiment trop stupide pour comprendre. Si quelqu’un a quelque chose de positif à dire sur ce roman, je suis preneuse - qui sait, ça me donnera peut-être envie de réessayer ?

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Quand j’ai vu le titre de ce sujet, j’ai tout de suite pensé à Cloud Atlas. C’est un livre, mais aussi un film.

Bon @snakeBZH n’arrêtait pas de me tanner pour que je regarde ce film et il était sûr que je ne comprendrais rien. Forcément ça ne donne pas envie de le regarder quand on vous dit ça et qui voudrait regarder quelque chose d’incompréhensible ? (Je digresse un peu : l’art moderne c’est pas du tout mon truc, je ne comprends pas ce que je regarde …)
J’ai fini par accepter de le regarder et effectivement j’ai rien compris.

Soi-disant il faudrait le regarder encore une fois ou deux pour comprendre, mais non merci. :sweat_smile:

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Je n’ai pas lu le livre, mais j’adore le film ! Mais oui, clairement, je vois en quoi ça peut paraître cryptique. Pour dire, je l’ai regardé après avoir vu une vidéo d’analyse.

Cloud Atlas, c’est plusieurs histoires qui se répondent ; les acteurs jouent plusieurs personnages qui représentent plusieurs choses, dans des histoires qui se répètent à travers le temps.

Et c’est personnel, mais j’adore ce genre d’histoire qu’il faut “reconstituer” presque comme dans un jeu vidéo type Outer Wilds, où tu débarques sans rien comprendre à quoi que ce soit, mais en reconstituant le puzzle, tu finis par voir l’histoire dans son ensemble, et c’est une sensation incroyable lorsque toutes les pièces s’assemblent enfin.
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Sinon, de mon côté, j’vais pas me faire des amis, mais j’ai jamais compris Le Seigneur des anneaux (le film). Enfin, je veux dire, pourquoi tout le monde court après l’anneau ? Ce truc a juste l’air de rendre les gens invisibles ? :thinking:

Bon, j’imagine que j’ai dû louper quelque chose quelque part, mais les explications que j’ai eues quand j’ai demandé (à des amies ou même sur internet) par la suite étaient pour le moins confuses.

Rien que pour ma culture générale, j’aurais aimé résoudre ce mystère.

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Pas sûre que ce soit la meilleure technique pour donner envie à quelqu’un de voir un film… :sweat_smile:

Je vais faire simple pour l’explication basique, et d’autres plus experts que moi pourront se charger de compléter… :grin: L’Anneau unique permet de rendre invisible, en effet, mais il est surtout porteur de toute la puissance de Sauron : si ce dernier le récupérait, il retrouverait son ancienne force et son pouvoir de nuisance. D’où la nécessité de le détruire sans l’utiliser, car il corrompt son porteur et le rend de plus en plus facilement repérable par Sauron ou ses serviteurs. Beaucoup de gens aimeraient en effet l’utiliser car il fonctionne comme une sorte d’amplificateur de puissance ; c’est pour cela que Boromir voudrait le rapporter dans son peuple pour pouvoir lutter contre Sauron, ou que Galadriel ou Gandalf refusent de le porter, sachant qu’à leur doigt il leur conférerait un pouvoir bien trop grand et finirait par les corrompre, parce que, pour citer ma série télé préférée, “absolute power corrupts absolutely” (“le pouvoir absolu corrompt absolument”, oui, j’aime Star Trek TOS :sweat_smile:). Il faut donc un porteur pas trop puissant (Frodo) qui puisse passer relativement inaperçu et ne soit pas trop tenté par le pouvoir (un hobbit, question volonté de domination du monde, ça va :grin:).

Le lien entre pouvoir et invisibilité tire son origine de l’anneau de Gygès (Platon), mais de nombreuses histoires contiennent un anneau magique d’invisibilité (je pense à Yvain ou le chevalier au lion de Chrétien de Troyes). J’espère avoir répondu à la question avec à la fois suffisamment de concision et de précision. :innocent:

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Alors grosso modo, l’Anneau unique est comme un MacGuffin maudit : dans les mains de Sauron (l’oeil géant du Mordor) son maître originel, il lui donnera le pouvoir nécessaire pour conquérir toute la Terre du Milieu et grosso modo tuer tout le monde etc. C’est pour cela qu’il est obligatoire de le détruire, afin de vaincre Sauron à jamais et de garder la paix en Terre du Milieu (ce qui est pas facile parce que objet magique toussa toussa obligation de le balancer là où a été créé AKA le volcan pile en plein territoire ennemi).
MAIS comme c’est un artéfact magique qui rend invisible mais aussi est empli d’une grande puissance incommensurable, plein de gens plus ou moins bien intentionnés veulent s’en emparer ; les légions de Sauron pour ben le ramener à leur maître, des personnes avides de pouvoir pour utiliser sa puissance et écraser leurs adversaires, ou encore des gens (comme Boromir) qui veulent simplement profiter de cette puissance pour protéger leurs peuples des menaces qu’ils subissent actuellement.
Le seul problème dans tout ça est que même la plus altruiste et mieux intentionnée des personnes finira par être corrompue à un moment donné par la puissance de l’Anneau, et donc se servira de son pouvoir à de mauvaises fins ; qui plus est, même quelqu’un qui ne le porte pas est attiré par son pouvoir lorsqu’il est à proximité. Sans compter le danger qu’il retombe dans les mains de son maître et plonge ainsi le monde dans les ténèbres de Sauron.
En gros, cet Anneau attire la corruption, l’ambition et les problèmes autour de lui, et sera le catalyseur de la fin de la Terre du Milieu s’il retourne à son maître.
Voilà pourquoi tout le monde lui court après, et pourquoi il faut quelqu’un de discret et dont on ne prêterai pas attention (Frodon, un hobbit, et non Aragorn héritier du trône) pour arriver à porter l’Anneau jusqu’à l’endroit où il doit être détruit.

J’espère que j’ai pu enfin éclairer ta lanterne au sujet de l’Anneau unique Aurore.Deschain ! :smiling_face_with_three_hearts: :+1: :love_you_gesture: :sparkling_heart:

(et si j’ai écorché des détails précis sur l’univers de Tolkien excusez-moi, j’ai juste vu les films :sweat_smile: :laughing: :grin:)

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Tu as parfaitement résumé le problème de l’anneau, @Somniuspera :+1:. Chapeau l’artiste :clap: !

J’aimerais cependant ajouter, si la modération le permet, que cette thématique est d’origine religieuse.

John Ronald Reuel Tolkien était un fervent catholique, profondément attaché à la doctrine de son Église, ce qui influença sa vision du monde et son œuvre littéraire. Il rejetait fermement toute forme de racisme, en cohérence avec les enseignements catholiques sur la dignité de chaque être humain. En tant que catholique conservateur de son époque, ses convictions religieuses transparaissent dans ses écrits, bien que souvent de manière implicite et symbolique.

La foi catholique joua un rôle déterminant dans sa vie personnelle. Sa mère, Mabel, convertie au catholicisme malgré l’opposition farouche de sa famille (anglicane, donc protestante, comme la majorité des britanniques), dut affronter la pauvreté et l’isolement, marquant profondément le jeune Tolkien. Cet héritage spirituel imprégna sa conception du monde et sa littérature.

Dans l’univers de Tolkien, le mal absolu occupe une place centrale. Il est incarné par Morgoth, figure de la corruption totale, qui engendre des êtres eux-mêmes corrompus. Mais à cette noirceur répond l’espoir offert par le libre arbitre et la rédemption. La thématique du « dernier qui devient premier » traverse l’œuvre : les humbles, les petits, sont souvent les instruments de la victoire sur le mal. Ainsi, Le Seigneur des Anneaux est une véritable ode aux valeurs chrétiennes. L’œuvre met en scène la lutte entre le bien et le mal, illustrée par des figures symboliques. Gandalf, guide et protecteur, incarne la sagesse et le bien, tandis que Saroumane, autrefois grand parmi les sages, symbolise la chute, évoquant Lucifer, l’ange déchu qui choisit la trahison. Aragorn, figure du roi attendu, porte les traits du Christ : un dirigeant humble mais providentiel, qui rassemble une communauté composée de peuples différents dans un objectif commun de salut. Cette diversité rappelle l’universalité du message chrétien.

Tolkien lui-même affirma que Le Seigneur des Anneaux est une œuvre profondément catholique, mais qu’il avait choisi d’en imprégner l’histoire et le symbolisme plutôt que de la teinter de références explicites à des cultes ou pratiques religieuses. Dans une lettre adressée à Robert Murray, un prêtre jésuite, il écrit : « Le Seigneur des Anneaux est bien sûr une œuvre fondamentalement religieuse et catholique; inconsciemment au début, mais consciemment lors de la révision. C’est pourquoi je n’ai pas inclus, ou j’ai éliminé presque toutes les références à quoi que ce soit qui ressemble à de la « religion », des cultes ou des pratiques, dans ce monde imaginaire. Car l’élément religieux est absorbé dans l’histoire et le symbolisme. »
(Lettre 142, 02 décembre 1953)

Les Hobbits sont pour Tolkien l’incarnation des parfaits chrétiens, des êtres humbles, cachés, discrets, qui vivent en harmonie avec la création divine (la nature).

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@Alresha En ce qui me concerne, c’est clair et concis :ok_hand: merci à toi !
Merci également @Somniuspera et @Gweltas pour ces précisions :blush:. J’ignorais l’origine religieuse, c’est intéressant.

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