Je laisse aux modos le soin de déplacer ce sujet s’il est pas au bon endroit, mais ça m’a semblé pertinent parce que ça va sûrement être utile à d’autres
Et je poursuis ici la conversation parce que ça va dévier sévèrement du sujet initial xD
Je suis un peu comme toi, je peux pas blairer les vampires de twilight. Bon, j’ai pas encore eu l’occasion de lire Anne Rice, mais c’est sur ma liste. Par contre oui, les vampires, je les adore mystérieux et séducteurs… un peu narcissiques, aussi, des fois. Des chasseurs de l’ombre, qui se repaissent autant de la peur qu’ils inspirent aux humains que de la fascination qu’ils peuvent aussi générer. Par contre, j’aime leur donner une profondeur, pas en faire « juste » des monstres déshumanisés qui se nourrissent de sang et ont pactisé avec le Diable ; je les préfère clairement avec une bonne personnalité travaillée, pas nécessairement mauvais, mais pas non plus des bisounours. Non, les vampires, j’en fais ce qu’ils sont : des prédateurs, qui connaissent leur force (et leurs faiblesses) et en jouent. Des créatures pour lesquelles il est normal de se nourrir de sang, comme nous nous nourrissons de viande. Et là où certains pourraient me trouver bien cinglée, c’est que je vois en eux une belle représentation de l’hypocrisie humaine : faire des vampires des monstres déshumanisés alors que, au fond, ils ne font que se nourrir…
Dans twilight, outre le fait qu’ils brillent au soleil (), j’ai énormément de mal avec le fait que les héros se nourrissent de sang animal. Parce que le vampire, au fond, rappelle à l’humain que lui aussi est un animal, une proie qui a « juste » su s’élever au-dessus de sa condition grâce à son inventivité. Il le replace dans la position qu’il occupait autrefois, il y a des millions d’années, et le place face à sa propre hypocrisie : après tout, qui est le pire ? Celui qui chasse dans l’ombre, se nourrit à la gorge de sa victime (en lui laissant tout de même un léger répit, si j’en crois Dracula une unique morsure n’est pas létale directement) et disparaît dans les ténèbres sans jamais rien savoir d’elle ? Ou celui qui (abus industriels mis volontairement à part) élève des êtres doués de sensibilité, lui offre son affection, sa protection et tout ce qu’il a besoin tout en sachant pertinemment qu’il le fait dans l’unique but de le tuer derrière pour assurer sa propre survie ? (attention, je ne vous demande pas de devenir végétariens du jour au lendemain ! C’est juste une réflexion personnelle que je pousse un peu loin, rien de plus
)
L’humanité, me direz-vous. Les vampires ressemblent à des humains, ont été humains, donc s’adonnent au meurtre pur et simple. Et, d’une certaine manière, au cannibalisme.
Mais et si les vampires n’étaient pas (ou plus) humains ? Physiquement, certes, ils le sont toujours (encore que, encore une fois, l’image du séducteur n’est pas présente partout : oreilles pointues, calvitie, visage déformé, corps bouffi et/ou rougi, ailes, griffes…). Mais entre les démons et les mutations génétiques, l’humain finit toujours par disparaître. Ne reste alors que le prédateur suprême, l’être que tout le monde craint… la Mort elle-même.
Car, au fond, le vampire est une personnification de la mort : immortel, invincible, qui peut frapper n’importe qui, n’importe quand. Il fascine, il terrifie, mais il rôde, toujours, sous n’importe quelle forme.
Pourquoi créer un sujet à part, me demanderez-vous ? Parce qu’il existe une palette de vampires exceptionnelle, mais trop souvent résumée à, pour citer @ShaniaAngedeJustice, des petits vampires fleur bleue. Des trucs qui rechignent à blesser ou qui tombent amoureux au premier regard d’une fille qu’ils ne veulent surtout pas maudire (coucou Edward Cullen) ! Ou, à l’inverse, au fameux bad boy au passé tourmenté qui se fiche de tout, sauf de l’héroïne dont il tombe éperdument amoureux au point de changer pour elle (ouais, t’es visé, Damon Salvatore).
J’écris moi-même une romance vampirique (Prince des Ténèbres, pour ceux qui n’auraient pas suivi). Et mon vampire est très loin d’être fleur bleue : oui, il tombe amoureux, oui, le bloc de granite gelé qu’il a à la place du coeur se transforme en guimauve quand il se perd dans la contemplation des yeux de mon héroïne, mais il n’en reste pas moins cruel, dangereux… et tourmenté. Il ne voit pas sa condition comme une malédiction, non. La malédiction, pour lui, c’est le regard que lui porte l’humanité. Et pourtant, il reste tel qu’il est : un prédateur sanguinaire qui fait enlever des jeunes filles pour les saigner à mort et prolonger sa propre vie. Il voit la valeur de chaque vie, même chez les plus petits êtres, même dans les créatures qui effrayent le plus grand nombre. Il respecte chaque animal autant que s’il s’agissait de son égal. Mais il tue des humains, parce que c’est dans sa nature. Il se fait serviteur de la Faucheuse ; il ne cherche ni à dominer le monde, ni à le changer, ni à changer lui-même. Il remplit juste son rôle de super-prédateur terrestre.
Et vous, vous avez déjà créé/vu des vampires originaux ? Y a-t-il un type de vampire qui vous plaît particulièrement/vous fait hurler de haine dès que vous tombez dessus ? Je suis curieuse de lire tout ça !