Bonjour à tous !
Je suis en train de relire — je ne sais même plus combien de fois — Les Douze Chaises d’Ilf et Petrov. Comme à chaque fois, j’ai reçu cette décharge de bonne humeur et de rire. Je me suis alors demandé si une traduction française existait, et bingo ! Elle existe bel et bien, signée par le traducteur Alain Préchac. J’en ai parcouru quelques pages et elle me semble tout à fait réussie et proche de l’original. C’est donc avec plaisir que je partage cette lecture avec vous.
Sujet : L’histoire se déroule à l’époque de la NEP (Nouvelle Politique Économique) en URSS. Sur son lit de mort, une dame autrefois fortunée révèle à son gendre, Hippolyte Matvieïévitch Vorobianinov, qu’elle a dissimulé ses diamants dans l’une des douze chaises de son ancienne demeure, depuis réquisitionnée. Complication : ces chaises ont été dispersées et vendues. Un personnage haut en couleur, Ostap Bender, se définissant lui-même comme un « grand combinateur », apprend la nouvelle et convainc l’aristocrate déchu de partir à leur recherche. Les deux « héros » se lancent alors dans une course folle à travers une grande partie de l’Union soviétique — un voyage qui devient le prétexte à une satire mordante de l’époque, montrant les absurdités et les travers du quotidien soviétique.
Il m’échappe vraiment comment ce roman satirique avait pu contourner la censure, mais le fait est là : il fut d’abord publié sous forme de feuilleton en 1928, avant de paraître en livre.
Ce roman n’a pas pris une ride et se distingue par sa verve remarquable. Voici un petit florilège de citations :
… La statistique sait tout.
…L’automobile n’est pas un luxe, c’est un moyen de transport.
…Je respecte le Code pénal. C’est justement pourquoi je m’efforce de ne pas me faire prendre.
…La glace est rompue, Messieurs les jurés !
…Il y avait dans la petite ville de *** tant de salons de coiffure et de bureaux de pompes funèbres que les habitants ne semblaient naître que pour se faire raser, couper les cheveux, frictionner le cuir chevelu et aussitôt mourir.
…Le marché est vaste ; les imbéciles sont nombreux.
…Le cadavre n° 2 est celui d’un homme de vingt-sept ans. Il a aimé et il a souffert. Il a aimé l’argent et souffert de ne pas en avoir.
…Il parlait avec une telle assurance que tout le monde finissait par croire qu’il comprenait lui-même ce qu’il racontait.
…Le gérant de l’hospice n° 2 était un voleur honteux. Tout son être s’insurgeait contre l’idée du vol, mais en même temps il ne pouvait s’empêcher de voler. Il volait et il en avait honte…
Bref, si vous voulez une dose de la bonne humeur c’est ici :