Les Dents de la Merguez (Végétale)
Auteur : ClaireDeLouve
Type : Univers parallèle,
Genre : Humour (critique, coquillages et crustacés)
Rating : G (personne n’est mangé)
État du texte : One-shot
Fanfiction centée sur les personnages de la mer. Notamment, Gérard le requin.
Résumé de l’auteur :
Gérard, un grand requin blanc en pleine crise existentielle, décide de troquer ses proies contre du tofu pour devenir « quelqu’un de bien ». Entre des algues au goût de pneu et un sourire à 300 dents qui terrifie le lagon, il tente de convaincre son psy qu’un surfeur végétarien n’est, après tout, qu’une salade qui fait du sport.
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Extrait :
Ce matin-là, l’océan n’était pas simplement de l’eau. C’était un liquide azur et translucide, une sorte de nectar californien filtré par le corail. Les rayons du soleil perçaient la surface en colonnes dorées, des cathédrales de lumière qui venaient mourir sur un sable d’une blancheur aveuglante. C’était le décor parfait pour une publicité de retraite spirituelle hors de prix. Gérard, sentant monter en lui une vague de bienveillance toxique, s’était posté devant un banc de sardines. Il battait des paupières avec une douceur qu’il pensait angélique, ignorant que son œil noir, de la taille d’une assiette, restait fixe et vide comme une bille de pétrole.
« Mesdames, messieurs les Clupéidés, j’ai une annonce ! » avait-il hurlé.
Sa voix, un grondement de moteur de chalutier, fit vibrer les arêtes des poissons alentour. Il s’efforçait de contracter ses lèvres charnues pour dissimuler sa mâchoire inférieure, ce râtelier de tronçonneuses superposées qui le trahissait à chaque mot.
« Je ne vous mangerai plus. Je suis désormais adepte du régime « No-Kill ». Mon corps est un temple, et ce temple ne reçoit plus que ce qui possède des racines ou des feuilles. »
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Avis :
Dès les premières lignes, j’ai pensé « wall la laaa, arrêtez tout ! Stoppez les machines, qu’est-ce que c’est que ce style qui tue ? » (tant pis pour le régime « No-Kill », ça ira pour cette fois, circulez).
Si comme moi vous vous êtes méfiés du titre qui laisse présager un gros nanar, vous êtes à moitié pardonnés. S’il surfe sur le jeu de mot – que je l’apprécie en tant que tel – la ‹ merguez vététale › un poil « lourdingue », à priori, semblait n’avoir rien à faire là en gâchant la fête.
Il faut avoir lu pour comprendre, mais l’auteure a pris là un gros risque.
TOUTEFOIS, lorsqu’on a mis un pied dedans, l’eau est bonne !
Emballée dans ce style qui dépote, l’humour virtuose caracolant à chaque coin de phrase, l’histoire touchante de Gérard se lit comme une quête éperdue de développement personnel et, qui sait, peut-être même de rédemption pour un karma plus vertigineux que la fosse des Mariannes. Sa bonne volonté et sa touchante foi inaltérable ne peuvent laisser indifférents. Ici le vieux et ennuyeux débat « nature contre culture » se fait sur fond de satire et de critique sociétale. Comment peut-on être un requin végétarien ?
L’on y égratigne avec une grande équité :
- Tant les carnivores que les mangeurs de feuilles
- Les pollueurs de fonds marins.
- Le chou kale (bien mal nommé parce qu’il ne cale pas du tout).
- Et les psys pourtant fort clairvoyants, quand il s’agit de faire comprendre à Gérard que la faim est mauvaise conseillère, car elle distord les raisonnements autant que les boyaux.
Un dernier conseil pour la route :
« Méfiez-vous des thons, il y en a qui vont beaucoup plus loin qu’on ne pense »
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PS : attention, si vous prenez le véganisme très au sérieux, peut-être que ce conte philosophique ne vous fera pas sourire. Si vous êtes flexitariens, mâchez bien.