Bonjour bonjour !
Je relance un peu ce topic, après un petit moment à cogiter. Je me lance enfin, et envoie ma bouteille à la mer dans l’espoir que cet océan numérique l’apporte à quelqu’un qui aurait des éléments de réponse !
Dans le cadre d’une traduction sur laquelle je bosse depuis des mois à la vitesse d’un escargot croisé à une tortue (= très lentement), j’ai affaire à un personnage qui s’exprime d’une façon plutôt noble. Si, en version originale, il utilise un pronom personnel qu’on pourrait adapter en français comme le « nous » aristocratique bien bourgeois bien cliché (que j’adore, je vais pas le cacher
), j’ai des interrogations sur les tournures de phrases. Je me demande sans cesse si le registre de langue est suffisamment poli.
Quelques phrases à titre d’exemple :
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« Pouvons-nous vous aider en quoi que ce soit ? »
→ Y aurait-il une façon encore plus ‹ bourge › de dire « qu’est-ce que je peux/qu’on peut faire pour vous/toi ? »
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« (…) Que vous est-il arrivé ? Comme demandé, nous passions la nuit avec […], et soudain, nous vîmes un groupe de personnes s’enfuir de votre tente, le visage blême et paniqué… ! Un monstre ou quelque chose du genre est-il apparu ?! Nous crûmes que vous étiez en danger, alors… Nous nous sommes fort inquiété ! »
→ Idem, cela est-il suffisamment « haut » dans le registre poli+++ ou y aurait-il encore d’autres façons d’approfondir le parlé du personnage ?
En règle générale, si l’un ou l’une de vous s’y connaît en parlé de ce registre, y a-t-il des petits trucs et astuces qui permettent une formulation qui traduit bien l’ « érudition » linguistique du locuteur ?
Idéalement sans qu’il y ait de connotation hautaine ou péjorative à l’attention de l’interlocuteur ; ce n’est pas du pédantisme, c’est juste sa façon de s’exprimer.
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Seconde question qui, cette fois-ci, porte davantage sur la forme.
L’un des personnages est muet et n’a que deux façons de communiquer : soit via son interprète (qui parle pas burgonde
), soit à l’écrit, via un calepin.
La transcription de ses mots à l’écrit me venait simplement en mettant ses lignes de dialogue en italique. C’était ce qui me semblait être le plus judicieux, cohérent et lisible. Je pourrais toutefois utiliser d’autres formes de guillemets, quitte à sortir des conventions françaises d’écriture, mais ça me pose un peu problème dans le cas de dialogues où A écrit et B répond à l’oral.
Mais surtout, je me heurte au cas de l’interprète. Techniquement, il est supposé répéter les mots du personnage. J’ai donc plusieurs questions :
- Le registre de langue de l’interprète peut-il se superposer au message à transmettre, ou devrait-il remettre le message tel quel ? (il y a une forme de superposition en VO, mais principalement parce que le personnage muet s’exprime lui-même de façon assez polie, par respect envers l’interlocuteur quel qu’il soit, donc cette frontière est assez floue…)
- Si le message doit être transmis tel qu’articulé par le personnage muet, comment pourrais-je mettre en évidence à travers la mise en forme du texte qu’il ne s’agit pas des paroles de l’interprète, mais de la personne muette au travers de l’interprète ? Parfois, la narration permet de l’exprimer (type ‹ l’interprète retranscrit : « blablabla ». ›), mais ce n’est pas toujours le cas…
Je crains que mettre le message transmis par le biais de l’interprète en italique rajoute un degré de difficulté sur la compréhension, et empêche une distinction entre message transmis par l’interprète et message transmis par écrit.
Bien que le contexte avec la narration aide (en indiquant qui est présent et qui ne l’est pas), je crains surtout que, dans la mise en forme générale du texte, ça ne saute pas immédiatement aux yeux (contrairement à la VO où un jeu de plusieurs formes de guillemets le permet).
Une fois encore, si une âme se promenant sur les bords de mer trouve ma bouteille et peut apporter des lumières à ma lettre… Je vous en serai éternellement reconnaissante !! 
Merci par avance et bonne journée !!