Eh bien,
pour ma part, je sais ce que c’est. 
Usagère
Quand j’ai commencé à vouloir publier, j’ai eu l’impression que c’était un passage obligé, qu’il en fallait absolument. 
Je trouvais à la fois logique, et génial d’avoir cette possibilité d’avoir un regard « plus poussé » que n’ont pas les « lambda lecteurs »
. Un lecteur obligé de donner son avis et de nous aider à faire mieux ? Quel bonheur.
J’ai eu en tout 3 bêtas.
Une au début, un au milieu, et une en ce moment.
A chaque fois, ça été éphémère.
Je compense avec :
- un relecteur (éradication des fautes et coquilles)
- des gamma lectrices (impliquées) : serial commentatrices intrigue et personnage. Leur aide est plus que précieuse quand elles s’étonnent d’une incohérence de l’intrigue, d’un défaut dans le suivi du canon, ou dans la psychologie. Ou simplement qui disent quand elles n’ont pas compris. La discussion se prolonge par MP lors de mes célèbres (et inusités) « SAV des fanfictions. »
Pour des raisons évidentes, je n’utilise pas les services d’un correcteur ou d’une correctrice.
Je me suffis à moi-même. En relecture, il s’agit en général d’éliminer une demi douzaine de fautes, grand maxi.
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Ce que j’apprécie ? Eh bien l’amélioration nette sur le avant / après (ou le sans / avec) !
C’est un formidable booster. Comme j’ai l’impression que je n’écris pas « pour personne » ou « dans le vide » selon les formules consacrées, je fais plus d’efforts.
Je peux être hésitante à chercher à trouver quelqu’un pour me prélire parce qu’il y a… les délais.
Je suis toujours impatiente de publier. Savoir que je dois « laisser du temps » pour la prélecture, c’est un calvaire. Ne pouvait pas exiger qu’une prélecture se fasse miraculeusement du jour pour le lendemain ou même d’une semaine sur l’autre. Je m’abstiens pour conserver la main sur le rythme de publication qui ne dépendrait pas de la disponibilité aléatoire d’un tiers.
Opératrice
J’ai tenu tous les rôles : lectrice mutique, lectrice impliquée force de suggestion, bêta-correctrice et relectrice.
Je préfère la bêta lecture à la correction mais je suis… meilleure dans la seconde. 
Avant de pouvoir lire un texte, il faut que les fautes soient corrigées. Mettons que j’ai 2 h à consacrer à un texte. S’il est bourré de fautes, je passe deux heures à faire ça et je n’ai pas le temps de commenter ou de faire des remarques.
Si le texte n’a pas de fautes, je me frotte les mains : formulations syntaxiques, choix de vocabulaire optimisé, commentaire linéaire, il y a du temps à accorder au qualitatif (c’est pas que la correction ne soit pas qualitative, mais il ne peut y avoir d’échange dessus, l’orthographe et la grammaire, ça ne se discute pas, c’est juste ou c’est faux)…
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L’une des choses dont on n’a pas parlé c’est que le niveau d’affinité me semble essentiel entre un auteur et sa bêta, une auteure et son bêta (ou toutes les combinaisons).
Si on a des visions très différentes, ça ne colle pas et la collaboration s’arrête.
L’auteur est en position vulnérable, il a donc besoin d’avoir la certitude que la personne est bienveillante et même parfois plus : amicale.
Prenons le cas d’une prélecture dirigiste qui insiste pour aller dans un certain sens qu’elle « préfére » en négligeant le vœu de l’auteur, ça va mal se passer.
Même avec les meilleures intentions, un prélecteur peut se planter en ne connaissant pas ou ne comprenant pas l’objectif de l’auteur. S’il impose trop ses vues, persuadé qu’il va améliorer de beaucoup cette fic toute naze où il n’y a que de la romance guimauve, va y avoir un pépin…
Travailler avec un proche, c’est parfois ? souvent ? le seul moyen d’être dans un échange « sécurisé » et de confiance où la critique ne sera pas mal prise, ou vite désamorcée. On peut tout se dire, et ça ne fait pas un drame… Un proche ou ami ne laissera pas tomber aussi facilement et a envie d’être un soutien.
Peut-être plus sur la durée ou avec récurrence. Mais pas sans y trouver aussi quelque chose pour lui.