Pourquoi traduisez-vous des/vos fanfictions?

Bonjour toutes et tous !

Aujourd’hui, je vous propose un autre sujet de réflexion qui me trotte en tête depuis quelques temps, et qui concerne, vous l’aurez compris au titre, la traduction de fanfictions.
Pour rappel, la traduction est définie comme le « [f]ait de transposer un texte d’une langue dans une autre. » (dixit le CNRTL).

Nous sommes nombreux ici à avoir déjà procédé à cet exercice. D’un côté, en traduisant nos propres textes vers des langues étrangères et, de l’autre, en traduisant des textes étrangers en français.
Outre la notion linguistique de la traduction, qui nécessite tout de même avoir des connaissances plutôt assurées dans la langue cible ou source, et des connaissances sur la littérature de ladite langue (mise en forme du texte, règles de rédaction etc.), cet exercice a tout de même bien des avantages, et des inconvénients !
Mais force est de constater que la traduction en elle-même est porteuse d’un message intellectuel. Un individu s’est donné la peine de rendre lisible et compréhensible dans une langue cible un texte rédigé dans une langue source que nous ne sommes pas en mesure de lire.

S’il paraît cohérent et presque indiscutable de traduire des œuvres littéraires officielles (romans, bandes dessinées, essais…), la traduction de fanfictions ne paraît pas forcément évidente pour certains. On pourrait vous reprocher de ne pas faire d’effort de profiter du travail de l’auteur dans sa version originale, par exemple – ce qui implique que vous sachiez lire et comprendre la langue, et parfois ce n’est pas chose aisée !!

De la même façon qu’Alresha nous a demandé pourquoi nous écrivons des fanfictions et quel était notre « but », si toutefois nous en avions un, je vous propose de réfléchir et témoigner aujourd’hui, sur ce topic, sur les raisons et buts, si vous en avez, qui vous poussent à :

  • traduire vos fanfictions dans d’autres langues ;
  • traduire des fanfictions d’autres auteurs dans notre langue.

Est-ce par envie de toucher davantage de fans, malgré la barrière de la langue ? Est-ce par envie de partager aux membres de votre fandoms une fanfiction que vous aimez mais qui a été écrite dans une langue rare chez les locuteurs francophones de votre fandom ? Est-ce par volonté personnelle de s’exercer dans une langue que vous apprenez/parlez ?

Les raisons sont nombreuses, mais il n’y a pas de mauvaise raison !!
Alors si vous avez envie d’ajouter votre petit caillou sur le cairn que peut devenir ce topic, n’hésitez pas à partager vos expériences !! (toujours dans la bienveillance et l’écoute, s’il vous plaît !)

À vous la parole ! :pen:

12 « J'aime »

Voilà une question fort intéressante ! D’autant plus que depuis ces deux dernières années, depuis mon départ à la retraite qui m’a offert davantage de temps libre, je me suis consacrée à la traduction, avant de franchir le pas et de rédiger mes propres récits. En effet, je traduis plusieurs œuvres d’auteurs de fanfiction russophones vers le français et, depuis peu, je transpose également mes propres écrits en russe. Bien que je sois bilingue, l’exercice demeure parfois complexe. Lorsque je m’exprime ou lis dans une langue, ma pensée s’articule naturellement dans cet idiome, tandis que durant la traduction, il est nécessaire de naviguer d’une langue à l’autre presque simultanément. Voilà un exercice mental parfait pour maintenir son cerveau actif et éviter qu’il ne « s’endorme » à la retraite.

Oui, c’est un peu de tout cela - tant le désir de partage que la pratique d’un exercice linguistique particulièrement gratifiant, quoique parfois ardu. C’est particulièrement vrai pour la fanfiction : les appellations des protagonistes varient considérablement d’une langue à l’autre. À titre d’illustration, dans les versions russes des œuvres dérivées d’Harry Potter (qui constituent effectivement l’objet de mes traductions), les auteurs privilégient la nomenclature anglophone originale sans russification, tandis que les versions françaises optent systématiquement pour une francisation complète. Lors de la traduction, cela perturbe beaucoup, surtout au début. J’ai même élaboré des tableaux comparatifs pour faciliter cette transition.

Depuis peu, je m’autotraduis également, car mes amis russes, maîtrisant davantage l’anglais que le français, m’ont quelque peu mis au pied du mur avec cette remarque : « Tu écris pour les autres, et nous alors ? Nous voulons savoir ! ». En réalité, cet exercice est plus aisé pour moi, car je ne traduis pas à proprement parler mais je raconte la même histoire directement en russe. Et s’il y a des inexactitudes, eh bien l’histoire est à moi, j’ai le droit de faire des changements. En l’occurrence, ma plus grande difficulté réside dans ma connaissance approximative du clavier cyrillique - je consacre un temps fou à rechercher les caractères sur le clavier et à taper le texte avec un seul doigt.

Merci pour ce topic fort intéressant,

Amicalement votre,

Beauvais

8 « J'aime »

Question très intéressante et pertinente !

Pour ma part, j’ai fait l’exercice de traduction du russe au français pour deux raisons.
1, Présenter des écrits habituellement inaccessibles au public francophone, une autre perspective sur un fandom — d’ailleurs, c’est grâce à ces usagers russes que j’ai écrit une fanfiction en français sur le site. Une approche nouvelle et originale sur un fandom peut toujours intriguer, intéresser et devenir une inspiration pour tout le monde :wink:
2, Exercer et améliorer ma connaissance du russe — je me suis rendue compte combien il est ardu de passer d’une langue à l’autre ou de trouver le mot juste, moi qui ne connais aucune langue comme il faut — pour cela je dois remercier @Beauvais pour son soutien inconditionnel en me corrigeant et en me trouvant le mot qui me manque et en apportant la nuance lorsqu’il y a des références qui m’échappent — je suis loin d’être une experte ou un fin connaisseur de toutes les références culturelles ou populaires des auteurs traduits, un amateur tout au plus.

Sinon, je me suis amusée à traduire certaines fanfictions du français au russe, mes propres fanfictions, pour le plaisir du partage et une manière d’exercer cette langue. En faisant ce travail, il y a une adaptation à faire — et les règles d’écriture de dialogue ou autres sont une nouveauté pour moi, je connais assez bien ceux en français, mais pas plus — en plus de retravailler les notes en bas de page, ce qui est pertinent pour un public francophone ne l’est pas pour un public russophone qui connait la référence et vice-versa. Une autre épreuve stimulante pour le cerveau, ainsi je me prémunis de l’alzheimer (bien que je ne sois pas si vieille, mais il vaut mieux prévenir que guérir) en me promenant d’une langue à l’autre.

Et @Beauvais , je partage la plus grande difficulté du clavier cyrillique, je ne connais pas du tout l’ordre des lettres, sauf pour certaines, donc, je suis très lente à écrire :wink:

Voilà, je pense n’avoir rien oublié et Merci pour ce topic fort intéressant et introspectif.

Amicalement vôtre,
B7B14

6 « J'aime »

Salut ! Pour ma part, ça me permet de développer mes connaissances de la langue anglaise. La langue française est magnifique en littérature et nous sommes chanceux de la maîtriser ! Cependant, tous les médias que je consomme (jeux vidéos, vidéos/YouTube/Twitch, séries, fanfictions, etc.) sont TOUJOURS en anglais (sauf certaines fanfictions que j’aime bien ici qui sont en français.) Pourquoi ? La raison est simple : l’anglais est la langue universelle et nous trouvons beaucoup plus de contenue dans cette langue qu’en français. En gardant cela en tête, je me dois de peaufiner datavantage mes connaissances et c’est pratique dans la vie !

Je rédige toujours mes textes en français mais, je dois avouer que, par moments, il y a des termes ou des expressions qui me viennent plus facilement en anglais. Je dois donc trouver une variante en français qui reste tout aussi intéressante dans les deux langues. Puis, honnêtement, je publie aussi ma fanfiction actuelle sur un autre site anglophone seulement par plaisir de répandre mes écrits. Évidemment, j’utilise un outil de traduction car tout traduire par moi-même serait interminable et je ne veux pas prétendre être une experte de la littérature anglaise non plus. Mais je dois tout de même vérifier le texte et modifier certaines traductions que je juge bizarre ou qui ont complètement changé le sens de ma phrase.

Tldr : Je pratique mes connaissances de la langue anglaise, j’étends mes écrits à un public plus vaste et je consomme, généralement, tous mes médias en anglais.

7 « J'aime »

Comme l’a très bien dit @astriel, l’anglais est la langue universelle quand vous voulez partager du contenu. Les sites qui concentrent le plus grand nombre de lecteurs sont des sites anglais, même si au final ce n’est pas forcément des natifs de la langue qui vous lisent. Chose assez amusante d’ailleurs quand j’ai moi-même publié en anglais, j’ai eu un commentaire de quelqu’un d’autre en anglais et à la fin on a découvert… qu’on parlait tous les deux français x)

Par contre, chose dont je ne suis pas très fière, c’est que j’utilise un site de traduction et je me contente de relire derrière (et je crois que mes corrections sont moins justes que ce qui est proposé par le logiciel, mais je suis têtue donc je fais quand même ma correction malgré tout ^^’). Je pensais que ça aurait au moins l’utilité de me faire progresser en anglais, mais absolument pas comme au final je suis très passive (ce que je veux dire, c’est que je ne suis pas juste avec mon texte français et le dictionnaire ou le livre de grammaire anglaise à côté donc… Je crois que le cerveau ne se met à retenir les choses que quand cela lui permet de faire moins d’efforts - flemme de revérifier pour la dixième fois ce mot donc je le stocke !)

Bref, j’ai moi aussi commencé à traduire mes textes pour avoir un plus grand public, et en toute honnêteté je m’attendais à me faire exploser pour tricher avec un logiciel de traduction (je l’avais précisé dans les notes d’auteur dès le début), mais au final les lecteurs ont été concilient et ne m’en ont pas tenu rigueur. Des fois j’ai un “la traduction est parfois un peu bizarre, mais ça reste compréhensible dans l’ensemble” et moi je réponds : “heureusement que la traduction reste moyenne ! ça veut dire que les gens qui sont bons en anglais et qui ont passé des heures et des heures de leur vie à travailler cette langue sont toujours meilleurs qu’un logiciel ! (et que mes corrections… mais l’anglais c’est un de mes plus gros points faibles)”

En toute honnêteté, je pense que si les gens dès le départ on m’avait dit : supprime ton travail et reviens quand tu auras vraiment travaillé ton anglais, ma réponse aurait été “oui, vous avez raison…”
Le souci maintenant si on me disait la même chose, ma réponse serait : “vous avez toujours raison, mais il y a quand même quelques personnes qui veulent lire cette histoire, alors autant que je fasse la traduction comme je l’imagine plutôt qu’ils passent eux-mêmes par des sites de traduction ^^’”

9 « J'aime »

Personnellement, je ne traduis pas mes textes dans une autre langue, pour la simple raison que j’en suis incapable. Oui, même en anglais.
Mais je conçois qu’on puisse avoir envie de partager en faisant fi de la barrière de la langue ! Il arrive qu’une fic nous plaise, et on voudrait la faire connaître aux francophones, ou l’inverse.
J’y vois juste deux conditions, principalement quand il s’agit de publier sur un site comme ici :
→ bien sûr avoir l’accord de l’auteur, citer l’original et mettre le lien
→ faire la traduction soi-même, avec l’aide éventuelle d’un bêta-lecteur
À quoi bon passer par Google Trad, Deepl ou autre ? Le lecteur peut faire lui-même cette manip’ (c’est ce que je fais parfois, avec des fics AO3 en anglais)
La traduction est un exercice respectable, qui demande du temps, des connaissances et des efforts, et je suis la première à respecter ça, tant il m’est arrivé de m’extasier sur les prouesses d’un(e) traducteurice, dans des tournures de phrases, un ton, des jeux de mots…
Alors publier un texte qu’on n’a pas écrit, traduit par une machine parce qu’on ne maîtrise pas la langue, où est l’intérêt ? Zéro travail de création là-dedans.
J’ajouterais pour finir que la publication d’une traduction devrait rester très occasionnellle ici. Après tout, c’est un site d’écriture…
C’était mon avis - plutôt de lectrice - assez tranché je l’admets ! :joy: Libre à vous de rebondir !

10 « J'aime »

En ce qui me concerne j’ai fait les deux mais… Très peu.

De l’anglais vers le français

Les fics anglaises qui ne sont pas de moi, c’était parce que j’avais des lectrices qui ne pouvaient pas lire dans une langue étrangère. Pour qu’on puisse en discuter et animer un peu un fandom mort… J’ai traduit. Mais c’était du court, one shot ou une poignée de chapitres.
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La fic anglaise qui était de moi, c’était pour voir si j’étais capable de gérer un one-shot directement en anglais d’un bout à l’autre, et évidemment à l’époque, c’était forcément sans aucune aide. Et personne n’a eu envie de me servir de bêta.
Il s’agissait donc d’un exercice de langue. Et comme je voulais pouvoir la publier ici, ça devait être en français. L’histoire ne dit pas que ce « one shot » a fini par faire 20 chapitres.
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Du français vers l’anglais

Enfin, j’ai passé deux de mes textes en anglais l’an dernier.
Un pour tester la traduction via IA, et un second parce que Bucky m’a tannée – elle voulait la faire lire à son fan-club qui ne connaissait pas le français. :grin:

Mais une fois devant mon texte en français, j’ai réalisé que j’étais infichue de trouver des formules équivalentes et que je ne connaissais ni vocabulaire ni expressions qui pouvaient restituer mon style. (Or le style est pour moi ce qui en faisait le sel…)

J’aurais sans doute pu en fournir péniblement une version décevante et frustrante qui m’aurait pris des jours et beaucoup de recherches.

Je n’avais pas le temps ou même l’énergie pour un tel projet. Alors quitte à fournir un truc très bof bof au bout du compte, autant que ça ne dévore pas tout mon temps libre… Je l’ai filé ça à Chat’.

Pour info : le fan-club n’a pas du tout été impressionné. :joy: Et ça me semble normal qu’il ait trouvé ça très moyen. C’est propre, sans aspérités et fade.
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Donc à chaque fois, j’ai traduit pour faire plaisir à d’autres et une fois pour pouvoir mettre à dispo ici mon histoire anglophone.

Je n’envisage pas de le refaire.
Je n’y vois pas d’intérêt, au delà d’un simple test de curiosité ponctuel.
Peut-être parce que je ne suis pas active à l’international…

6 « J'aime »

Haa, merci pour vos retours !! Ca fait plaisir de voir ce petit topic susciter de l’intérêt !! :blush:

Le plus dur étant, à mon sens, de trouver des formulations qui ne paraissent pas étrangères à la langue cible ! :smile: Il m’est arrivé de lire des romans écrits en français par des auteurs dont c’est une langue seconde, et ça se remarque par moments à travers des phrases qui sonnent étrangement en français qu’ils ne sont pas natifs et/ou n’ont pas eu de relecture approfondie par des francophones natifs !
Mais il est vrai que cette alternance langue source/langue cible est un véritable jeu de gymnastique !!

J’allais contre-argumenter que ça dépend du fandom, mais c’est vrai que l’anglais est la langue universelle par défaut… :laughing:
En revanche tu y trouves ton compte en améliorant ton anglais, donc c’est une belle victoire en plus qu’un beau projet que de partager tes écrits à davantage de personnes encore !!

Je compatis tellement ! La traduction (version comme thème) est parfois encore plus demandeuse en ressources (cognitives notamment) que l’écriture !! Ca peut être considéré comme dommage d’être passive dans ta traduction en utilisant un site pour faire le travail à ta place, mais tu repasses malgré tout derrière, donc ça reste honnête !! Encore plus puisque tu le mentionnes !! :blush: Et j’imagine que tu te débrouilles assez bien en anglais pour remarquer, en relisant la traduction automatisée, si ça ne correspond pas parfaitement à l’idée que tu voulais transmettre en français, non ? :blush:

Pour avoir fait le test (en mettant FFR en anglais ou en japonais via Google Trad) par curiosité, ouais, vaut mieux avoir ne serait-ce qu’un coup de pouce humain derrière ça pour rendre le texte toujours plus buvable :laughing:

Je pense que tout est dans la mesure (ou la démesure) de l’utilisation de ces outils. Faire une première traduction par nos propres moyens et faire une contre-vérification via des outils type Google Trad, DeepL et autres, c’est une façon de faire qui reste honnête. À condition de connaître la langue… et la culture !
Nous avons la chance de baigner dans la culture anglophone depuis belle lurette, donc nous ne sommes pas trop étrangers à certaines notions grâce à des films, séries etc. Quelques recherches complémentaires sur les systèmes scolaires permettent d’adapter assez facilement votre traduction du français vers l’anglais (selon le système britannique ou américain, ou que sais-je encore).
Mais dans le cas où il s’agit d’une culture que nous ne connaissons pas à moins de littéralement faire des études dessus, ou de passer des heures et des heures à lire à ce sujet ? J’ai déjà dû évoquer cet ancien camarade de promo qui était bilingue en japonais mais n’avait aucune connaissance en civi, et qui se vouait à un travail de traducteur. Super, mais quand on sait combien la langue japonaise dépend du contexte social (les niveaux de déférence, par exemple), c’est tout bonnement impossible ! … à moins de s’orienter vers de la littérature SFF très détachée de la civi actuelle ou ancienne.
Là-dessus, le travail de connaissance d’un traducteur pour adapter correctement le texte est primordial… Et comme toi, Blue…

Je n’arrive juste pas à comprendre comment on peut vouloir traduire une fanfiction qu’on n’a même pas pu lire dans sa version originale… :sweat_smile:

:backhand_index_pointing_up: THIS. C’est si difficile… !! Encore plus quand on traduit nos propres textes !!!

Et c’est une motivation qui se vaut !! :blush: Déjà, d’avoir tenté par curiosité et/ou parce qu’on te le demandait, c’est mieux que rien !! Enfin, je vois les choses comme ça…

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Pour ma part, je suis passée des deux côtés de la balance, donc bon… :laughing:

J’ai traduit de l’étranger vers le français à quelques occasions. De mémoire, que du japonais vers du français, des one-shots ou courtes fictions (max deux chapitres je crois) que j’aimais bien et que j’espérais pouvoir faire apprécier aux fans du fandom. À la base, ça partait vraiment d’une intention de partage vers la communauté à travers les langues, et malgré cette fichue barrière linguistique qui pouvait nous bloquer !
En plus d’apporter un peu de pain à manger pour mes adelphes de fandoms, ça me faisait travailler un peu mes propres capacités langagières ; sans oublier tout ce vocabulaire inhérent aux fandoms dans les autres langues. Le temps passé à écumer le web et les wikis en japonais pour trouver les termes utilisés dans la version japonaise et les mettre face à face à ceux utilisés en version française… un peu comme Beauvais, j’aurais dû me faire des tableaux de correspondances ! :laughing:
Et pour certaines fics, c’est aussi une façon de rendre hommage à l’auteur dont j’ai adoré le travail, et dont j’aimerais que le travail soit un peu plus connu, à notre humble échelle. Un peu comme il m’arrive de tomber sur des pépites dans mes fandoms en errant sur FFR, je trouve parfois des textes originaux et qui me font ce petit effet de fascination ; un peu comme quand on lit une oeuvre qui nous marque, vous voyez ? Si j’ai l’aval de l’auteur, quel bonheur !! :blush:

Et seulement récemment, j’ai commencé à traduire du français vers l’étranger, mes propres fics. J’ai sûrement dû, par le passé, vouloir atteindre l’internationalité en traduisant vers l’anglais, mais je ne peux m’y résoudre. C’est une langue trop « scientifique », quand le français est plus « artistique », si on peut dire les choses comme ça… La rigidité de l’anglais me frustrait énormément, et je sentais un peu mon initiative comme une bouteille à la mer : envoyer ma fic traduite avec mon anglais parfois approximatif et frustrant, dans un océan de fics du même fandom…
Là où j’ai retrouvé cette envie, c’est en rencontrant une amie japonaise qui, à nos débuts, avait lu une de mes fics via Google Trad faute d’être francophone. Alors déjà, chapeau l’artiste, j’ai énormément apprécié ce geste, mais avec sa gentillesse et son partage de ses fanfictions (quand bien même c’étaient ses premières ou presque), je me suis dit que je me devais de lui partager les miennes en retour, pour qu’elle les comprenne. C’était une forme de cadeau en toute modestie, une simple volonté de partager ma vision d’un personnage qu’on apprécie toutes les deux, pour l’en faire profiter tout comme je pouvais profiter de son travail.
Ce qui fait qu’aujourd’hui, mes trois traductions de one-shots (je n’ai pas encore la foi de me lancer dans mes fics à chapitres, mais bon sang, ça viendra…) sont en privé et accessibles via un lien qu’elle seule possède. J’ai bien envie de les publier de façon plus publique, mais je n’ose pas demander de relecture/correction, j’ai trop honte des erreurs que j’aurais pu faire !
Parce que pour le coup, mon style en français est trop compliqué pour moi pour être traduit aussi simplement, qui plus est dans une langue qui n’a pas du tout le même fonctionnement que le français ! Quand l’ordre de la phrase est inversé, que les relatives doivent être antéposées alors que ça donnait un style en français de les avoir à la fin, c’est toute une reprogrammation du cerveau à laquelle je dois procéder ! Heureusement qu’il existe Google Trad pour que je puisse contre-vérifier mes phrases, pour être sûre que leurs segments s’alignent bien, et surtout, merci mille fois aux dictionnaires qui donnent des phrases d’exemple, des déclinaisons/conjugaisons etc. ; sans ça, je galérerais tellement… !! Et évidemment, les wikis qui abondent d’informations qui me permettent d’utiliser les termes canoniques plutôt que des tentatives hasardeuses de traduction des termes français – le comble quand le fandom est d’origine japonaise !!!

Je pense cocher toutes les cases des trois seules questions qui me sont venues en tête lorsque j’ai rédigé ce topic la semaine dernière ; en revanche je suis plutôt fière de ce travail « intime » destiné à une personne plutôt qu’à une vague audience.
Le plus dur est de mettre l’ego de côté et d’accepter que je ne saurai retranscrire mon style à la perfection dans la langue cible ; je m’en étais déjà rendue compte dans le travail de traduction littéraire de M1, mais tout de même… !!
J’aimerais bien, un jour, publier officiellement mes traductions vers le japonais pour les fans de l’autre côté du globe avec qui je partage quelques choses, mais pour ça il me faudra encore de l’aide d’un.e bêta… qu’il faut que j’ose trouver ! :laughing:

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Alors, “j’ai essayé, mais…”

Exactly.

Et donc, j’ai essayé de passer le texte à un traducteur automatique/IA, mais rien à faire, je trouve que ça “sonne faux”.

J’ai pas envie d’écrire “une traduction”, je pense. Je préfère que mon texte soit au mieux dans la langue dans laquelle il a été pensé.

Et quitte à écrire en anglais, je pense que je préférerais écrire quelque chose de différent, par ex. qui serait plus difficile (pour une raison ou une autre) à écrire en français.

Et même si c’est difficile de se débattre avec le dictionnaire (et les correcteurs grammaticaux) anglais, essayer de construire quelque chose de toutes pièces dans une langue qui n’est pas sa langue maternelle, ça reste une expérience intéressante.

Mais bon, malheureusement, c’est pas demain la veille que j’aurai un niveau d’expression écrite (en anglais) un tant soit peu acceptable…
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Pour ce qui est de traduire les fics des autres (anglais vers français) ; jusqu’ici je n’en ai traduit qu’une (12k mots, ce qui en fait techniquement la plus longue que j’ai écrite :melting_face:). C’est la première traduction (tout court) que j’ai réalisée et à l’époque, c’était vraiment un exercice, pour voir si je comprenais assez bien l’anglais pour ça (d’ailleurs, ça me fait penser qu’il faudrait que je la relise à l’occasion, parce qu’à mon avis, c’est plus que possible qu’il y ait des erreurs de traduction).

Aujourd’hui, je maîtrise mieux l’anglais, mais c’est pas dit que je me lancerais dans une entreprise pareille une seconde fois. Comme dit plus haut, j’aime pas les traducteurs/IA et tout faire “à la main”, c’est quand même beaucoup de travail (je préférerais que mes fics avancent tant qu’à faire)

Et pis,

Yeah. Perso, il faudrait vraiment que je trouve ça fun (essayer d’adapter l’humour à un public qui n’a pas les mêmes références) et/ou un exercice intéressant.

Et pis, l’anglais est une langue répandue (surtout chez les “gros” consommateurs de fanfics, parce que tu es très limité en quantité de lecture si tu ne maîtrises pas l’anglais du tout)(c’est littéralement la raison pour laquelle je me suis mise à l’anglais, alors que je détestais ça à l’époque)

Alors c’est marrant, mais personnellement, plus j’en apprends, moins je trouve ça vrai.

L’anglais est une langue certes plus “directe” et qui repose beaucoup plus sur le descriptif – par ex. une pastèque est un “watermelon” (un “melon d’eau”, oui, descriptif, je vous dis) – mais le français, lui, est plus alambiqué, à un stade souvent absurde. (en on parle de “pamplemousse” ? “grapefruit” en anglais, parce que les anglophones, ils ont pas le temps pour ces inepties)

Et je trouve que l’anglais peut être plus intéressant dans certains cas, justement parce qu’il va décrire les choses plus simplement, là où le français aime verser dans le grandiloquent. (et moi le grandiloquent, c’est pas trop mon truc, je préfère l’aspérité des choses).
Bref, c’est deux approches différentes et ça dépend du résultat escompté.

Mais bon, si on veut vraiment faire du grandiloquent en anglais, on peut. Mais il faut être un très bon auteur et parfaitement maîtriser la langue, et pas que l’actuelle (n’est pas Shakespeare qui veut). ”Doth mother know you weareth her drapes?”

P.S. mdr, j’suis retombée sur la fic que j’avais envisagé de traduire fut un temps, c’est du 100k mots (how about no)

P.P.S. Cela dit, “pamplemousse”, c’est vraiment neat comme mot.

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