Ah mais sans connaître l’anglais (ni l’entendre) vous n’avez pas la blague !
Elle est dans une note de bas de page du roman traduit en VF.
Le demon est un personnage incontournable et un tel jeu sur son nom n’est pas traduisible de façon satisfaisante.
En fait, les différents noms qu’a porté le démon tout au long du roman sont : Crawly, Crawley et Crowley et dans chaque cas, ça se prononce « Cro-ou-ly »
(et pas « crolè » comme le disent spontanément les Français)
La blague, c’est ça : Crawly change juste de graphie à travers le temps, ce qui passe pour une sorte de coquetterie (inutile) parce qu’à l’oreille, on entend toujours les mêmes sons !
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Inutile ? Pas si sûr ! Ces changements dans l’écriture reflètent l’évolution de Crowley/ Rampa dans son amour-propre.
La racine n’est pas Crow mais Crawl qui signifie ramper (le style de natation crawl vient de là, on donne l’impression de ramper sur l’eau).
Crawly est « celui qui rampe » c’est un nom que Dieu lui a donné en le transmutant en serpent 
Il le prend comme on peut le prendre en Occident. Pour avoir fait fi de l’interdiction de manger des pommes (fruits de l’arbre de la connaissance du Bien et du Mal) et mal conseillé les humains, Dieu l’oblige à s’aplatir devant Elle – en rampant à plat-ventre dans la poussière. Il passe de la poussière d’étoiles céleste à la poussière terrestre. Ouille, ça pique les yeux.
[Dans les traditions amérindiennes ou celtiques, le serpent est un symbole de connaissance et de sagesse. (C’est à dire la capacité à utiliser judicieusement des connaissances ou un pouvoir, pour faire ce qui est juste et bon).
L’ange des constellations a donné aux humains une connaissance, mais prématurément. Parce qu’il pensait que c’était dans leur intérêt. Il pensait que c’était bon pour eux. Or à l’époque la seule qui pouvait arbitrer de ce qui était bon ou pas… était Dieu.
Dans ce fandom, « l’ange devenu Crowley » semble ici être le premier à avoir obtenu la capacité de penser et de réfléchir par lui même sans suivre aveuglément les ordres. Raison pour laquelle il vient dire à Aziraphale, sur le mur de la Porte de l’Est de l’Eden : « Tu n’avais pas une épée, toi ? »
Aziraphale a donné l’épée de lui-même, parce qu’il a pensé lui tout seul, que c’était bon d’aider les humains à se protéger des bêtes féroces une fois chassés de leur enclos privilégié…
Crawly a donc repéré un autre ange (qu’il connaissait un peu) qui a répété – à peu de chose près – exactement la même chose que lui : ne pas évaluer les conséquences de l’exercice de son embryon de libre-arbitre…
Le beau de la chose, c’est que c’est ça, justement, qui les rapprochent tous deux de l’humain : devoir gérer les conséquences de leurs choix propres.]
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J’en étais où ?
Oui Crawly et Crawley. Ce patronyme irlandais Cruadhlaoich (et ne me demandez pas comment ça se prononce en gaélique, probablement croly) signifie « (grand) guerrier » ou « héros ». 
Un tel changement est intérieur.
Pour s’éloigner encore de l’image du rampant avili, Crawley a dû subtilement modifier son orthographe.
Il a peut-être fini par méditer sur ses ailes devenues noires, mais au lieu de regretter leur blancheur perdue, réaliser qu’il avait toujours des ailes, lui (contrairement à Lucifer). Les corvidés sont des animaux très intelligents. Ils font des trucs géniaux. S’il le sait, en s’orthographiant Crow ley, il continue à dire quelque chose sur celui qu’il devient.
Il ne peut pas changer ce que Dieu a fait de lui, le serpent (à plumes) de l’Eden mais il peut changer (avec le temps) la façon dont il se voit.
Faire de Crowley son patronyme, se doter de deux prénoms (dont un plus secret commençant par un J), c’est s’éloigner du monde des anges et des démons qui n’ont pas besoin de cela. Monsieur Crowley se sent plus proche des humains parmi lesquels il vit quotidiennement. Il suit la mode est ouvert à la technologie. Il n’est pas figé dans une bulle d’ambre, comme Aziraphale. C’est un démon en marche qui porte des bottes en serpent mais la ceinture grise de son aube d’ange autour du cou. Il change sans renier son parcours douloureux mais en essayant de faire avec.
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Donc maintenant, le traducteur du roman…
Il doit traduire « croli, devenu croli, devenu croli » 
Et il fait comment ? Il fait comme il peut.
Cela a été un choix éditorial de chercher à traduire (alors que personne n’y prête vraiment plus de 3 secondes d’attention)
On a eu donc dans le roman, en VF.
« Rampant » pour Crawly
et « Rampa » pour Crawley/Crowley
Parce qu’il n’y avait pas moyen de faire mieux.
La version française de la série a abandonné cela, à 99% de chances pour des raisons de doublage. La bouche ne fait pas du tout les mêmes mimiques en prononçant Rampa (en doublage on fait en sorte que le mouvement des lèvres corresponde le plus possible, et particulièrement sur les noms, prénoms qui sont tout le temps répétés !).
Et voilà pourquoi on le prononce « Craulay » en France parmi les téléspectateurs.
Les Français mettent un point d’honneur à ne surtout pas vouloir mettre mal à l’aise leurs compatriotes en adoptant un accent correct et passer pour des snobs méprisants.
De quoi aurait on l’air, à clamer partout « Euzireufellll » ? (Qui a dit : « comme Michael Sheen essayant de parler français à une commerçante dans la VO » ?)
Quand on pense que notre accent est objectivement mauvais, il n’y a qu’à écouter des anglophones lambda essayer de parler français. Ça remet vite les pendules à l’heure… 