SÉRIE Star Trek TOS : une présentation pas du tout partiale

Je sais que Star Trek TOS (The original series) est une vieillerie, super kitsch, avec des effets spéciaux à se prendre la tête dans les mains et des dialogues parfois tellement bizarres qu’on n’y comprend rien, mais… mais je suis fan, c’est comme ça. Tellement fan qu’il y a trois ans, alors que je venais de découvrir cette série, je me suis remise de manière sérieuse à la fanfiction et, plus généralement, à l’écriture, parce que je trouvais l’univers tellement génial qu’il fallait que j’y contribue (modestement) d’une manière ou d’une autre. Je ne remercierai jamais assez ce fandom qui m’a redonné goût à l’écriture.

A ce moment, j’étais en année sabbatique et je faisais un tour de France. Je tenais alors un blog pour raconter mes visites, mais je n’ai pas pu résister à l’envie d’écrire un article sur Star Trek, qui était mon obsession du moment (euh… ce n’est toujours pas totalement passé, soyons honnête). En farfouillant dans mes archives, je suis tombée dessus et je vous le livre quasiment tel quel (j’ai change deux-trois petits trucs, notamment au niveau des dates) comme une présentation de la série. Pas des personnages (je le ferai peut-être par la suite si ça intéresse quelqu’un), mais de l’univers créé par Roddenberry, qui a donné naissance à une immense franchise encore très active aujourd’hui. Voyez ce post comme un hommage à cet univers foisonnant.

Avant juillet 2016, j’aurais pu définir mes goûts en SF de la sorte : « je suis une fan de Star Wars » . (Entendons-nous bien, des anciens Star Wars , hein. Les IV, V, VI.) J’avais 14 ans lorsque la version remastérisée est sortie au cinéma, j’ai donc eu presque vingt ans pour apprendre TOUS les dialogues par cœur et m’entraîner à maîtriser la Force en essayant d’étrangler à distance d’abord certains profs, ensuite certains élèves (inconstante humanité, je sais).

Je connais maintenant Star Trek depuis trois ans et demie, et ça fait bien trois ans que je fais des infidélités à George Lucas. (J’avoue que la première raison de mon engouement, c’est Spock, personnage génial s’il en fut, et si on me demandait de choisir entre lui et Han Solo, ou entre l’ Enterprise et le Faucon Millenium, je serais bien en peine de répondre.)
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Je trouve dingue d’avoir craqué pour un mec chelou en pantacourt, avec un uniforme en pilou et une coupe au bol (je ne parle même pas des oreilles et des sourcils), mais j’ai complètement craqué.

I have a dream…

Mais l’autre raison qui me fait adorer Star Trek , c’est la vision de l’avenir présentée dans la série originale. Tellement géniale que je me demande sincèrement comment ça a pu passer en 1966 à la télé américaine. D’accord, les Civil Rights Acts viennent d’être votés et, sur papier, l’égalité entre Blancs et Noirs est acquise, mais dans la réalité c’est autre chose. On ne peut pas dire que l’égalité hommes-femmes soit un combat gagné non plus. Et on est en pleine guerre froide.
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OK, l’image est de mauvaise qualité, mais ils ils ont la classe, quand même, non ? De gauche à droite : Scotty, Chekov, McCoy, Chapel, Kirk, Uhura, Spock et Sulu.

Et Star Trek propose un casting international, avec, sur la passerelle de l’Enterprise :

  • Hikaru Sulu, d’origine asiatique ;
  • Pavel Andreievich Chekov, un Russe (qui n’apparaît qu’à la saison 2, en 1967) ;
  • Nyota Uhura, une femme noire (dont le nom veut dire « liberté » en swahili) ;
  • Spock, mi-Vulcain mi-humain (symboliquement, c’est quand même cool).

Et, franchement, ces quatre-là ont non seulement des postes-clefs sur le vaisseau, mais ils sont également plus que compétents dans leurs domaines respectifs. Bon, bien sûr, il y a aussi le capitaine Kirk, lui aussi plus que compétent lorsqu’il s’agit de mettre le vaisseau dans la mouise (non c’est pas vrai, j’ai appris à l’aimer au fil du temps et il EST compétent, je suis obligée de le reconnaître), mais j’insiste sur le fait que quatre des sept officiers principaux ne sont pas des WASP pure souche, ce qui me semble tout de même déjà très fort en 1966. En fait, d’Américains bien blancs, il n’y a que Kirk (et encore, l’acteur est Canadien…) et McCoy. Scotty, comme son nom l’indique, est Ecossais (il a même un kilt !!!).

Bien sûr, ça n’a pas été sans mal. Gene Roddenberry, le créateur de la série, a dû lutter pour imposer sa vision et faire des compromis pour pouvoir la tourner. Dans le premier pilote ( Star Trek est une des seules séries qui a proposé DEUX pilotes avant d’être acceptée), le premier officier de l’ Enterprise était une femme, ce qui a été refusé par la production. A l’époque, c’était impensable. Ce qui me fait rire, c’est que dans The Enterprise Incident , un épisode du début de la saison 3, les scénaristes mettent une femme à la tête d’un vaisseau ennemi, comme pour dire « eh, les mecs, regardez, en face ils l’ont fait, qu’est-ce qu’on attend pour être moins cons ? »…

Pour la petite histoire :

  • L’actrice qui devait être premier officier de l’Enterprise , Majel Barrett, a épousé Roddenberry et est devenue dans la série l’infirmière Christine Chapel.
  • La tête de Spock ne leur revenait pas non plus (Ah berk il a des oreilles pointues, il ressemble au diable, il est trop flippant ! Je ne plaisante pas, ça s’est vraiment passé comme ça…) et Leonard Nimoy a failli être rayé de l’histoire avant même qu’elle ne commence. Je ne commenterai même pas l’abyssale stupidité des producteurs. Team Spock forever .
  • Quant à Nichelle Nichols, qui joue Uhura, elle a failli quitter la série et en a été dissuadée par… Martin Luther King (si, si, c’est vrai !), qui l’a encouragée à continuer car, pour la première fois, une Noire avait un rôle important à l’écran. Fascinant , non ?

Warp speed to Utopia

Donc, au niveau de l’utopie d’un monde meilleur où on vivrait tous ensemble en harmonie, l’équipage de l’ Enterprise se pose là. Il n’est en fait que le reflet de la Fédération des planètes unies, cent cinquante mondes unifiés et pacifiés, dont la charte est inspirée par celle des Nations Unies. Ce n’est pas seulement une union des peuples de la Terre, c’est une union des races de la galaxie (avec, je le répète, Spock comme symbole du métissage plus que réussi… sérieusement, sans sa logique, tout l’équipage serait mort depuis longtemps). Soit dit en passant, si le siège de la flotte galactique est à San Francisco, celui de la Fédération est à… Paris. Un point en plus pour l’absence d’américano-centrisme, même si ça reste dans le monde occidental. Si on ajoute à ça que Starfleet est une organisation pacifique, qui a pour but d’ explorer l’univers dans une quête de la connaissance, je suis désolée, mais Star Wars peut aller se rhabiller.
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NCC 1701. Je rêve d’avoir cette plaque d’immatriculation. D’ailleurs, ma voiture, achetée en plein milieu de mon engouement pour Star Trek, s’appelle « Galileo », du nom d’une des petites navettes de l’Enterprise.

Bien sûr, la notion de conflit est un ressort dramatique trop important, surtout dans une série de science-fiction, où le spectateur attend de l’action, pour que les scénaristes puissent totalement faire l’impasse dessus. Donc, évidemment, Kirk et les autres se défendent quand ils sont attaqués et ils n’hésitent pas à tirer sur les Klingons ou les Romuliens de temps à autre, mais dans l’ensemble, le but est quand même plus d’explorer que de taper sur la gueule du voisin. En gros, Starfleet, c’est un mélange du CNRS et des casques bleus.

Les membres de cette organisation obéissent à la Première directive (« Prime Directive »), c’est-à-dire le principe de non-intervention auprès des peuples qui n’ont pas encore découvert le voyage spatial. Le principe, c’est de laisser la civilisation évoluer librement – ce qui, en soi, est une idée assez cool. Bien sûr, les explorateurs peuvent parfois leur venir en aide (sinon, il n’y aurait pas d’histoire), mais pas imposer leurs vues. J’y vois personnellement une critique de la mondialisation, mais bon, passons. Ce qui est encore plus génial, c’est que parfois, les personnages sont en proie à des dilemmes entre l’intervention et la non-intervention : ils ne doivent pas perturber le cours de la civilisation, mais que faire si, de l’autre côté, les Klingons donnent des armes aux habitants de la planète et les poussent à s’entre-tuer…? Souvent, les grandes idées se heurtent au principe de réalité, et le « tout noir » et « tout blanc » se transforme vite en un gris sale confus, sans manichéisme, et avec des erreurs humaines qui rappellent que rien n’est parfait et qu’on peut se planter même avec de nobles idéaux. Après tout, comme dirait Spock, nous ne sommes que d’illogiques et irrationnels humains…

C’est sûr qu’à côté, l’Empire, l’Etoile de la mort, tout ça, ça pète beaucoup plus. C’est sûr que parfois il y a trop de dialogues et pas assez d’action dans Star Trek (le premier reproche qui a été fait au pilote était que c’était « trop intellectuel »). C’est sûr que des fois, on se demande vraiment pourquoi les personnages agissent comme ça et on ne comprend pas trop leurs états d’âme. C’est sûr qu’on est parfois pris d’un irrésistible désir de les secouer par les épaules et de leur dire « Allez, bougez-vous !!! ». C’est sûr qu’il y a des épisodes qui donnent envie de se rouler par terre hystériquement (de rire ou de désespoir, je ne sais pas, ça dépend des gens). C’est sûr.

Mais… En remettant ça dans le contexte, je trouve que pour une série télé qui arrive onze ans avant Star Wars , purée qu’est-ce que c’est bon !!! Le but n’est pas que de montrer des combats, mais aussi de nous faire réfléchir, même si des fois c’est absurde ou tiré par les cheveux. Rien que pour ça, ils ont toute ma considération.

Le nerf de la guerre

Ce qui est aussi, à mon sens, intéressant à noter, c’est que l’argent est presque absent de ce monde utopique. Il n’y a plus de guerre sur Terre, plus de misère, plus de maladies, et la conquête spatiale permet de régler le problème de la surpopulation : il suffit de trouver de nouvelles planètes de classe M (entendez : avec atmosphère respirable, permettant le développement de la vie), et hop, on peut aller y faire plein de petits bébés ! L’argent n’a pas grand sens dans la Fédération, et s’il existe (après tout, certains types vendent illégalement certains produits, comme le « contrebandier » dans The trouble with tribbles ), il n’est jamais le mobile des personnages. Comme si Roddenberry avait juste balayé le problème d’un revers de main : n’en parlons même pas, ça n’en vaut pas la peine…

Et puis il y a les inventions scientifiques

Pour finir, j’aime cette série car elle prouve que la fiction peut parfois non seulement dépasser, mais aussi inspirer la réalité. Pour commencer avec quelque chose d’évident, en 1966, l’homme n’a pas encore marché sur la lune… Mais bon, Jules Verne et Hergé l’ont déjà imaginé, donc je vais prendre d’autres exemples.

Comme j’ai commencé par voir les films récents (et franchement, je les adore, mais ils sont quand même plus dans l’esprit Star Wars ), ce qui m’a frappé au début, c’est bien sûr ce qui n’existe pas encore : la téléportation, qui permet de se désintégrer et de se réintégrer ailleurs presque instantanément (pratique quand la SNCF décide de supprimer votre train un 25 décembre au soir) et la distorsion, qui permet de dépasser la vitesse de la lumière (pratique pour la même raison). Puis, en regardant la série, je me suis rendu compte à quel point tout le reste était « visionnaire ». Quelques exemples significatifs :

  • Les PADD, ces espèces d’écrans tactiles sur lesquels les membres de l’équipage font leurs rapports, sont l’ancêtre (techniquement ça se passe dans le futur mais les mecs, on est en 1966 !) de nos I-Pad (petite similitude dans les noms) et tablettes. J’ajouterai à ça que Kirk, Spock et McCoy discutent par Skype (ou équivalent) d’un pont à l’autre et peuvent même faire une petite visioconférence avec des types sur d’autres vaisseaux…StarTrek%200105

  • Les communicateurs ne sont ni plus ni moins que des téléphones portables à clapet (un des premiers mobiles Motorola dans les années 1990 s’appelait StarTec, c’est cool non ?) et Scotty peut, depuis le vaisseau, localiser les membres de l’équipage qui les ont avec eux (si ça n’est pas un GPS avant l’heure, je ne sais pas ce que c’est).StarTrek%200104

  • Uhura (et parfois Spock ou d’autres membres de l’équipage) a une oreillette Bluetooth…StarTrek%200107

  • Le phaseur (même si, avouons-le, ça ressemble un peu à une visseuse-dévisseuse), arme non létale, permettant d’assommer un adversaire (« set your phasers on stun », réplique culte de Star Trek s’il en est), ressemble fortement à un taser (inventé en 1972, six ans après le début de la série).
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  • Le tricordeur médical, sorte de scanner portable, est en partie devenu une réalité car un concours a été lancé en 2012 pour le réaliser.
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Ajoutons à ça que la reconnaissance vocale est courante (on parle à l’ordi, il répond, SIRI n’a rien inventé, à un moment il appelle même le capitaine « mon chou »…) et que les lits de l’infirmerie qui peuvent se redresser totalement ont été utilisés en vrai dans des hôpitaux pour que les patients qui avaient des problèmes de dos n’aient pas à s’asseoir et à s’allonger eux-mêmes. Ou quand la fiction est au service de la science…

Tous ces gadgets servent la narration, évidemment. Ils ont même été inventés dans ce but. A la base, l’idée de la téléportation vient d’une restriction de budget : il était beaucoup plus facile de filmer une cascade d’eau et de faire briller les gouttes en transparence sur la silhouette des personnages (oui, ça a vraiment été tourné comme ça) que de faire se poser l’ Enterprise sur une planète différente chaque semaine. Mais la génération de scientifiques des années 80-90 a vu Star Trek et s’en est inspiré, et ça a donné… tout ce que j’ai écrit plus haut. Quand la fiction DEVIENT la réalité, évidemment, je surkiffe. Avouez que c’est génial, non ?

Rendez-vous dans quarante-trois ans

Je concluerai en disant que Star Trek met en scène un des premiers baisers entre une Noire et un Blanc jamais montré à l’écran. Je ne dirai rien de cet épisode ( Plato’s stepchildren ), qui est franchement un des plus glauques de la série, mais juste une anecdote sur le tournage. On a donné à William Shatner (Kirk) et Nichelle Nichels (Uhura) des instructions précises : tourner deux versions de la scène, un avec le baiser, l’autre sans. Les deux acteurs se sont débrouillés pour bousiller complètement la version « sans » (en louchant, en faisant des grimaces etc…), si bien qu’elle n’a pas pu être exploitée au montage. L’épisode contient donc le premier baiser métis de l’histoire de la télévision. Rien que ça, ça me réconcilie avec Kirk. Evidemment, de nos jours, ça semble assez délirant qu’il ait fallu « ruser » pour qu’une telle scène puisse être tournée, mais à l’époque ça choquait. Alors, quand on rencontrera les Vulcains (c’est prévu pour le 5 avril 2063, j’espère vivre assez longtemps pour voir ça et pouvoir dire Live long and prosper sérieusement, sans que les gens me prennent pour une geek attardée), ce serait cool que ça ne pose plus aucun problème à personne . Sinon, on risque de passer pour une civilisation arriérée et il y a de fortes probabilités pour que les Vulcains décident de ne pas intervenir, finalement. Parce qu’ils ont vu Star Trek et qu’ils respectent la Directive première.
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LLAP : longue vie et prospérité…


Sources
  • L’encyclopédie illustrée de Star Trek (Paul Ruditis)
  • « 50 ans de Star Trek : l’héritage scientifique » (France Inter, La méthode scientifique , par Nicolas Martin, émission du 7 octobre 2016)
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Je crois que t’as oublié de dire qu’il y a de l’humour pas trop lourd, et que Spock a fini par manipuler le sarcasme comme un champion, alors que c’était pas gagné d’avance…

Autant Luke S. a marqué les esprits car il incarnait le héros le plus classique au sein d’un univers futuriste (ressemblant furieusement au nôtre sur certains aspects – comme les deux Troopers discutant tuning et mérites de leurs speeders respectifs (comme deux beaufs) ; comme Luke et Ben arrêtés par un motard de la police leur demandant leurs papiers et qu’on rêve tous d’envoyer bouler ; ou plus tard par exemple, sur Hoth, l’aire de préparation des chasseurs spatiaux est une repro complète de la préparation des avions pendant la 2e guerre mondiale)…

(Respirez…)

Autant Spock qui n’était pas le héros à la base (ça devait être le capitaine) est devenu l’emblème positif de tous les Misfits de la société de l’époque.
Son métissage, sa logique abstraite non émotionnelle mettant justement en valeur les émotions comme signe distinctif d’humanité, le fait qu’il appartienne à une autre culture et ait besoin de s’adapter, de s’intégrer… Tout ça parlait à des dizaines de milliers d’immigrés qui poursuivaient tous le rêve américain, en se sentant déchirés entre deux mondes.
Il est devenu la représentation télévisuelle (visible et reconnue) de tous ceux qui se sentaient différents, pour une raison ou pour une autre.
Le fait qu’il soit très aimé vient vraiment de ce qu’un nombre écrasant de personnes s’y sont identifiés et projetés car ils se sentaient, objectivement ou subjectivement, pas comme les autres.

Pour ceux qui connaissent la religion des Sept dans Game of Thrones, Spock représente celui qui est appelé « L’Etranger ».
Personne n’a fait la remarque qu’il avait des oreilles d’elfe ce qu’on dirait spontanément aujourd’hui, plutôt que des oreilles de diable…

Kirk ne m’énerve pas du tout, parce qu’à son meilleur, il incarne non pas exclusivement l’héroïsme, mais l’exemplarité et la responsabilité des vies qu’il a sous son commandement. On ne voit pas toutes ces personnes à bord du vaisseau, des anonymes qu’on distingue souvent, dans un couloir, la passerelle, un ascenseur et l’infirmerie (débarrassée de la torture des piqûres !)… mais pour Kirk et même s’il ne s’apesantit pas dessus, perdre des membres d’équipage, c’est faillir à son engagement et sa mission.
Comme les vieux capitaines marins d’antan, il coulera avec son vaisseau ou tentera de multiples fois de de sacrifier pour en sauver d’autres (moi je dirais qu’il fait ça même un peu trop souvent).

Il est très doué pour lancer des « discours de motivation » pour entraîner son équipage à avoir confiance dans une situation critique ou très risquée. Il ne leur cache (pas trop) ce qui se passe, alors que d’autres préfèrent se taire « pour éviter la panique ». Il compte sur eux et les responsabilise. (Scotty, combien de temps pour réparer la propulsion ? – Au moins cinq heures, capitaine ! – Bien, je vous en donne deux !).
Il peut compter sur son charisme, sa grosse propension au bluff éhonté, l’usage de son instinct et de ses tripes à la place de son cerveau (au grand dam de son 1er officier). Il ne se ménage pas, se repose peu, ne mange pas correctement (au grand dam de son médecin de bord).

La vision qu’on a de lui et pour laquelle il est populaire… lui correspond à peine et dans un pourcentage plutôt faible. 90% de son temps, il le passe avec des hommes… A méditer ! :smiley:

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En effet. Mea culpa. :sweat_smile: « L’humour Star Trek » est une chose qui m’a aussi énormément plu dans la série (qu’on retrouve un peu dans les films récents mais malheureusement pas assez). Et le fait qu’il y ait des épisodes totalement déjantés, en mode « crackfic » (comme « A piece of the action », où les héros se retrouvent sur une planète de gangsters… et les imitent - je dois avouer que Kirk est absolument parfait dans ce rôle et semble y prendre grand plaisir) me plaît aussi beaucoup. On parle de Star Wars dans un autre sujet, je trouve qu’il y a en commun entre ces deux univers le fait de ne pas se prendre vraiment au sérieux tout en espérant produire quelque chose d’intéressant. Et pour ma part, je trouve ça réussi (pour les deux fandoms).

J’avais dit que je ne parlais pas des personnages parce que déjà mon post original était trop long… mais tu as dit l’essentiel sur Spock, « l’étranger ». Je pense que je ferai quand même une petite fiche perso un peu plus tard parce qu’il s’agit de mon personnage préféré, mais placer un extra-terrestre à moitié humain au coeur du vaisseau, 2ème juste après le capitaine, était une idée géniale. La preuve, il a éclipsé les autres, Kirk compris, pour toutes les raisons que tu as citées.

Je suis aussi complètement d’accord avec ce que tu dis de Kirk, « capitaine marin d’antan ». Il cite d’ailleurs John Masfield (« All I need is a tall ship and a star to steer her by » - traduit en français par « Rien qu’un haut voilier et une étoile pour me guider ») et il est évident qu’il se sacrifiera sans une hésitation pour son équipage, et pas seulement pour ses meilleurs potes. Et sa réputation de tombeur est très surfaite. Mon opinion, qui n’engage que moi, est qu’il aspirerait à la stabilité émotionnelle (en écrivant ça je me rends compte que la seule fois où il emploie cette expression, c’est pour parler de Spock…:grin:), mais qu’il n’a pas de chance : elles tombent toutes à ses pieds mais soit ce n’est pas possible (avec Janice Rand, qui est sa subordonnée), soit ce sont des alienes qui restent sur leur planète (euh… beaucoup trop d’exemples), soit les femmes dont il tombe vraiment amoureux meurent (Edith Keeler, Miramanee, Rayna : ça fait déjà beaucoup pour un seul homme en moins de cinq ans…:broken_heart:).

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Excellente présentation (plaidoyer ?) Alresha ! Ça donne envie de re-re-regarder ces épisodes de mon enfance :heart:
La relation « frenemies » Spock/McCoy était, elle aussi, un vrai régal.
Pour qui parvient à dépasser la répulsion des décors en papier mâché, ça vaut vraiment le coup. (Pour moi, les défauts font même partie du charme de la série.)
C’était du rêve, un peu en avant-garde du « flower power » de la fin des années 60, une époque où tous les rêves étaient permis, après les années sombres des années 40 et 50 (les retombées de la guerre se sont fait sentir jusqu’en 55 pour certains.)
Pour ceux qui sont abonnés, je signale que la série originale est toujours disponible sur Netflix.
Très bel article, merci !

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Une magnifique présentation ! Partiale ? Sûrement un peu, mais il n’y a plus grand chose à objecter lorsque même les défauts participent au charme. D’ailleurs je ne vois pas au nom de quoi un fan devrait se montrer objectif ! :blush:

J’espère que cette mise au point ultra-précise et méta-complète n’est pas le contre-coup d’une crack-fic poussive et railleuse… :zipper_mouth_face:

Dans l’avalanche des attraits que vous citez, mesdames, je suis étonné du mélange assez disparate, relevant à la fois de l’émerveillement d’enfance et de l’analytique adulte. Se pourrait-il que cette série, comme le bon vin, supporte bien le vieillissement en offrant un second charme ? La découverte innocente est un peu tard pour moi, je ne m’essaie qu’au second. Ce qui m’a frappé dans les épisodes que j’ai vus, c’est l’extrême efficacité scénaristique : en un lieu, en 30 mn, un seul méfait déjoué ! De toute évidence je n’ai pas eu le temps de laisser le charme des personnalités agir au fil des dialogues. Mais je crois tout de même que le côté socio-éducatif m’agacerait un peu. Décidément je ne suis qu’un lecteur, j’ai du mal en spectateur… :robot:

Longue vie à la Kirkissée, héritière en droite ligne des maraudes argonautiques et des errances d’Ulysse.

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Il ne faut surtout PAS me lancer sur ce sujet. Mais merci de l’avoir évoqué. Le duo-duel McCoy/Spock est ce que je préfère dans toute la série, et ce sur quoi je passe le plus de temps dans mes nombreuses fics Star Trek. :heart::heart::heart:

Là encore, MERCI !!! Je fais partie de ces gens (qui apparemment ne courent pas les rues) qui se fichent pas mal des effets spéciaux (ou plutôt de leur réussite). Une des raisons en est que j’ai l’impression de voir se dérouler un jeu d’enfant : on a pris ce qu’on a pu, les costumes kitschissimes qu’on a trouvés dans la vieille malle de Mamie (sans parler des pyjamas en pilou évidemment), du papier rocher, des pétards pour faire les explosions, la visseuse-dévisseuse de la caisse à outils du garage pour les phaseurs, le chien du voisin à qui on a rajouté une corne en carton, et hop, c’est parti ! Dans ces conditions, la suspension d’incrédulité est problématique, mais pour moi, ça marche car ça me rappelle ce à quoi je jouais quand j’étais enfant : on faisait avec les moyens du bord et l’imagination suppléait au reste…

Nan pas du tout !!! Les crack-fics sont complètement permises (et je dirais même « logiques ») pour Star Trek car certains épisodes (par exemple « The way to Eden », aussi surnommé « les hippies de l’espace ») sont en eux-mêmes du grand n’importe nawak.

J’ai découvert Star Trek à 33 ans… Pas de souvenirs d’enfance donc, mais je pense que ce que j’expliquais plus haut sur les costumes, les décors et les « effets spéciaux » a contribué à faire revivre cette sensation chez moi. Je vais me permettre une anecdote personnelle : j’ai regardé Star Trek quasiment contrainte et forcée. Mon copain (que je ne remercierai jamais assez pour ça et qui doit maintenant s’en mordre les doigts car je le bassine à longueur de temps avec Spock et l’Enterprise) m’a très vaguement raconté de quoi ça parlait (il a vu des épisodes dans sa jeunesse) et m’a eue en m’appâtant avec les films récents, et surtout avec Benedict Cumberbatch (qui était lié à Sherlock, alors mon obsession du moment).

J’ai donc regardé Into Darkness en premier (on était en vacances, il y avait le DVD dans l’appart qu’on louait). Je n’ai rien compris mais j’ai persévéré (fortement poussée par mon copain) avec le premier film de 2009, et là, grosse claque dans ma tête : il y avait un retour dans le passé (j’ai une faiblesse pour les boucles et paradoxes temporels) et DEUX Spocks pour le prix d’un. Je me suis mise à la série uniquement parce que j’étais « fascinée » par ce personnage, et c’est comme ça que j’ai découvert Leonard Nimoy… qui pour moi est un excellent acteur, qui a su créer un personnage extraordinaire (il a grandement contribué à lui donner une cohérence psychologique, participant au scénario et proposant des modifications significatives - c’est par exemple lui qui a inventé le salut vulcain ou la prise neurale, vous savez, ce truc très pratique qui permet à Spock d’endormir les gens en leur posant la main sur l’épaule…) et donner une autre dimension à l’histoire grâce à ce côté « Misfit », décalé, dont parlait Oldie un peu plus haut.

Ah mais c’est l’unité de temps, de lieu, d’action chère à Corneille dans le théâtre classique… :innocent: Bien sûr que ça n’a rien à voir avec les séries de maintenant qui ont une construction dramatique et narrative bien plus poussée. Pour moi, l’intérêt réside moins dans les intrigues que dans les personnages, dans l’univers créé par la série et dans le message qu’a voulu faire passer Roddenberry (un peu d’optimisme, ça fait du bien de temps en temps).

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As-tu eu l’occasion de voir « pour l’amour de Spock », cet excellent documentaire sur Léonard Nimoy ?

Deux Spock pour le prix d’un… oh oui ! Surtout quand on sait combien les deux acteurs s’appréciaient ! :heart_eyes:

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Oui oui oui je l’ai vu évidemment !!! :broken_heart: Dans un genre très différent, connais-tu la pub que Leonard Nimoy et Zachary Quinto ont réalisée ensemble ? Bon OK c’est de la pub donc forcément c’est… commercial, très logiquement :grin: mais c’est axé Star Trek, avec échecs en 3D, citations de la série et prise vulcaine… (Merci OldGirl de m’avoir donné le lien il y a longtemps !)

Et pour ce qui est de « For the love of Spock », il y a aussi l’épisode de The Big Bang Theory à ce sujet : Adam Nimoy, par l’intermédiaire de Wil Wheaton (l’acteur qui a joué Weasley Crusher dans Star Trek Next Gen, et qui apparaît beaucoup dans TBBT) débarque chez les geeks de Pasadena pour que Sheldon, en tant que fan absolu, participe au documentaire… L’épisode s’appelle « The Spock resonance » (saison 9, épisode 7).

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Ah bah, j’allais ressortir cette vidéo délicieuse illustrant la complicité des « deux Spock », à réserver aux fans bilingues cependant (ils parlent assez vite et bien sûr ce n’est pas sous-titré).

Il y a de nombreux clins d’œil par le biais de citations et moments particulier des films.
Et justement Alresha m’avait signalé que Leonard Nimoy citait Tolkien en conduisant… :stuck_out_tongue:

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Mais oui parce que TOUT EST LIÉ !!! C’est magique la fiction ! :stuck_out_tongue_closed_eyes:

Il y a relativement longtemps, une de mes amies holmésiennes et moi-même avions imaginé que les personnages de fiction vivaient dans un univers à part, et se rencontraient dans les histoires inventées par les fans (les crossovers, quoi).

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Lol ! Je ne connaissais pas cette pub !
Merci pour le partage, les amies :wink:

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C’était très drôle ! Merci pour ça

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J’ai vu passer un com :
c’est qui « Bones » ? je visualise pas bien…

Star Trek TOS
Voilà Leonard McCoy, alias Bones : « je suis médecin, pas maçon ! »

Star Trek ciné 2010
Je précise que là, il est à gauche, l’autre c’est Spock.

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C’est qui le Capitaine Christopher Pike ?
(Le premier capitaine de l’Enterprise, avant James Kirk)

Star Trek TOS :

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Star Trek ciné 2010 :

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Star Trek Discovery : :smiling_face_with_three_hearts:

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C’est qui Uhura et Sulu ?
Hikaru Sulu / Nyota Uhura respectivement navigateur / chargée des communications.

Star Trek TOS

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Star Trek ciné 2010

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Je suis prête à parier que l’auteur de ce com’ ne doit connaître qu’Emily Deschannel (l’interprète de Temperance « Bones » Brennan, dans Bones).

Hum, cette citation est une de mes préférées de McCoy (et elle est extraite d’un de mes épisodes préférés de STTOS).
Il la prononce dans l’épisode 25 de la saison 1 quand on lui « demande » de soigner une créature extra-terrestre, un Horta, dont la chimie de vie est basée sur le silicium (la nôtre est basée sur le carbone). Il applique du ciment sur ses blessures pour la soigner.

Euh, c’est moi ou l’acteur qui joue Pike ressemble furieusement à William Shatner (à l’époque où il interprétait Kirk dans la série originale, quelques cheveux blancs en plus) ?

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Cette photo de promo est dans la veine de nombreuses autres anciennes montrant effectivement William Shatner en train de faire le lover de l’espace sur sa chaise. (Photo restée en orbite standard)

Un exercice périlleux auquel Chris Pine (ne riez pas) son remplaçant, ne s’est pas risqué.

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Transmis par Drumthis
un peu de girl power et de swap gender

(et ça ne semble pas fait avec FaceApp)

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Impressionnant ! Merci @drumthis !
Je jure que je n’avais pas vu cela avant d’écrire Pourvoi en castration !

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… … … Franchement… Franchement, c’est pas mal fait du tout. Ce qui m’affole un peu, c’est que Spock en femme ressemble vaguement à ma chef (les sourcils en moins, bien sûr). :grin: :sweat_smile:

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Pardon pour le double envoi… je l’avais partagé aussi avec… FR3 :joy:
Un gars m’a répondu : « Pourriez-vous préciser de quelle émission il s’agit ? » J’ai hésité à dire « Plus belle la vie. » :joy::joy::joy:

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Allons Drumthis
Tu ne peux pas en vouloir aux gens de ne pas connaitre une émission qui n’a pas été diffusée à la télé française depuis près de 40 ans…
Il faut être réaliste. :face_with_hand_over_mouth:

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