Les spécificités des langues et comment les traduire

Hello les amis ! :raised_hands:

(Ce n’est que mon deuxième sujet, donc s’il existe un sujet similaire ou si je me trompe par rapport à l’endroit où le poster, n’hésitez pas à me corriger. Ça ne fait que depuis novembre dernier que je suis ici ‹ régulièrement ›, après tout :upside_down_face:).

Je pense qu’on est tous d’accord pour dire que les langues ont toutes leur particularités, et que quand il s’agit de passer d’une langue à une autre, on perd forcément toujours un petit « quelque chose ». C’est ce qui m’a toujours chagriné dans la traduction.

Je prends un exemple. En anglais (qui est ma langue de spécialité), qu’il soit britannique ou américain, il y a une quantité incroyable d’accents.

Je ne vais pas faire ma pro et tous vous les énumérer parce que sinon on y passerait la nuit, mais en gros vous avez le Received Pronunciation accent, qui est l’accent standard britannique. C’est celui qui est tout en haut de la liste et qui est particulièrement bien vu, c’est celui que la famille royale britannique, les premiers ministres et la BBC utilisent, bref c’est celui de la upper-class et de l’élite. Donc ça ne vous étonnera pas de savoir que très peu de personnes (3% de la population environ :sweat_smile:) parlent le RP pur et dur.

A côté de ça, vous avez foule d’autres accents et dialectes suivant les régions. Pour rester du côté britannique, l’un des accents notables que l’on peut rencontrer est le Cockney. C’est l’accent typique des londoniens de l’est qui appartiennent à la classe ouvrière.
Lié à ça, vous avez également le Cockney rhyming slang, qui consiste à remplacer un mot par une phrase de deux mots ou plus dont le dernier rime avec le mot initial. Par exemple, pour dire stairs (les escaliers), en rhyming slang ce sera apples and pears (des pommes et des poires) parce que pears rime avec stairs, tout simplement.

Je pourrais passer des heures à vous expliquer cela en détail, mais je m’égare un peu là, revenons au sujet.
Dans une série télévisée que j’affectionne, Lie To Me*, Tim Roth, qui incarne le docteur Cal Lightman, utilise justement l’accent Cockney (ce qui peut surprendre, vu que l’histoire se passe à Washington et que l’accent Cockney est par définition britannique), et également des tournures très british comme bloody hell – que je vais éviter de traduire ici, tant il s’agit d’un langage familier – et luv qui est une variante britannique de love qu’il utilise lorsqu’il s’adresse par exemple à sa fille, Emily.
Or dans la version française, toutes ces spécificités présentes dans la version originale se perdent, si je puis le dire ainsi : plus d’accent Cockney, pas de traduction des spécificités british que je viens de vous mentionner plus haut, ou alors elles sont sous-traduites, et ça m’attriste un peu :pensive:.

Ce qui m’amène à demander : et vous, qu’en pensez-vous ? Vous êtes vous déjà retrouvés dans des situations où vous vous êtes dits : « Oh c’est dommage, (pourquoi) ils n’ont pas traduit ça (?) » ou bien : « C’est bizarre leur traduction, j’aurai pas du tout traduit ça comme ça ? », ce genre de choses ? Connaissez-vous des films/séries que vous avez regardé en VO et dont vous avez détesté ou au contraire adoré l’adaptation en français pour telle ou telle raison ?
Qu’on soit bien clairs, il n’est pas question ici d’entrer dans un énième débat VO/VF, pour moi, les deux versions se valent tout autant et ont chacune leurs qualités et leurs défauts, mais simplement de discuter sur ces particularités propres aux langues qui sont difficiles à traduire lors du doublage/du sous-titrage.

Sur ce, à vos claviers, si vous avez envie de donner votre avis !

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Eh beh ! J’ignorais qu’il existait plusieurs degrés d’accents en anglais en fonction de la position hiérarchique !
J’aime beaucoup la linguistique, sociolinguistique et compagnie (tant que j’arrive à comprendre ce qu’on me raconte), et je trouve ça fantastique de voir toutes les strates lexicales. Quand on fait face en français par exemple à la langue vulgaire, standard et formelle, par exemple, et j’aime beaucoup observer les phénomènes. Comme les variations dialectales ! Pourquoi dans le sud-ouest ils disent « gavé » pour dire « beaucoup, très », « au taquet » prend le sens de « beaucoup » (contre « à l’affût » dans la conception plus nordique que j’en ai), et le fameux « chocolatine » pour « pain au chocolat » ! Quand on étend jusqu’aux créoles, au québécois, etc., je me perds souvent dans mes contemplations et observations !

(toussotte) La Chaise humaine. (toussote)
Plus sérieusement, avec l’écriture de mon mémoire je fais face à l’exemple parfait : la traduction littéraire. Dans la version française actuelle, qui date de 1995, le traducteur a omis plein de passages, et a surtraduit par endroits.
Situation d’exemple :
« Tiens, ce passage est pas mal ! (「佳子は、手紙の半ばほどまで読んだとき、すでに恐ろしい予感のために、まっ青になってしまった。」) Allons-voir comment Michel l’a traduit ! » (néant)
Alors j’étais ‹ ‹ contrainte › › de le traduire par moi-même, et c’est tout bête, ça donne ça : « Yoshiko avait blêmi à cause d’un terrifiant pressentiment à mi-chemin de sa lecture de la lettre. »
Dans ce cas, pourquoi ne l’a-t-il pas traduit ?

Dans un article qui traite de la réception de l’auteur en France, Miyako Slocombe indique que les premières traductions en français étaient en fait tirées des versions anglaises, mais aussi ceci :

Les traductions françaises sont dans l’ensemble « belles et fidèles » (…), elles retranscrivent avec justesse le style, permettant au lecteur d’appréhender avec précision l’univers de l’auteur. On remarque dans certaines traductions quelques « lissages »* qui ont l’avantage de rendre le texte plus fluide, Ranpo n’hésitant pas à répéter, exagérer, insister. Mais ce travail peut faire craindre que le lecteur français ne passe à côté de la psychologie complexe de certains personnages.

*Dans certains cas, on constate que des paragraphes ont été raccourcis.

Je trouve, personnellement, que le japonais est une langue fantastique : rien que pour parler de soi ou de l’interlocuteur, il existe pléthore de mots (watashi, watakushi, ware, pour « je » ; anata, omae, kasama, pour « tu ») qui ont tous un sens particulier et qui expriment la relation entre les locuteurs. Et c’est ce qui rend les traductions désagréables : en français nous sommes limités à JE et TU, IL ou ELLE, alors que toutes les subtilités passent à la trappe. (coucou Symphogear et toutes les choses implicites qui découlent de la manière dont s’expriment les personnages)

Autre fait intéressant, par rapport à la traduction/adaptation/au sous-titrage, j’ai remarqué hier un petit détail qui m’avait pas perturbée la première vois. J’ai revisionné La colline aux coquelicots du studio Ghibli, en VOST, et j’ai remarqué que le personnage principal, Umi (litt. « mer ») est surnommée « mer » (メル, meru) par les autres personnages. Cela vient du fait qu’une de ses amies a appris comment se disait le mot « mer » en français, et donc depuis l’utilise pour l’appeler, en surnom. C’est tout bête, mais ça ne peut pas du tout être retranscrit dans la version française, même en sous-titrage, à cause de l’homophonie mer-mère, et aussi du fait qu’on a moins l’habitude de sobriquets constamment utilisés pour s’adresser à quelqu’un. C’est pas une ou deux fois où on l’appelle « Mer » pour rire, non, c’est vraiment tout le temps, ça a ‹ remplacé son prénom ›.

C’est en partie pour ce genre de phénomènes que j’adore les langues. Quand on trouve des petites expressions ou des mots qui traduisent un sentiment, un phénomène, mais que c’est intraduisible dans les autres langues, par exemple. Bon après ça devient très vite frustrant aussi !

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Dieu merci, chaque langue cultive ses richesses à sa propre façon. Quelques exemples un peu capilotractés :

  • Je me rappelle ma perplexité jusqu’à la page 74 des Frères Karamazov, lorsque je me suis rendu compte que chaque personnage bénéficiait d’une demi-douzaine de prénoms, employés pour décliner l’état d’esprit de celui qui en usait - dont l’auteur. La lumière fut (momentanément).
  • Dans les films de Yakusas, le moindre sous-fifre déploie des périphrases exquises pour exprimer le désaccord, alors qu’un malfrat américain beugle « Watch me ! » avec un geste obscène.
  • Les multiples façons de nommer quelqu’un en japonais, selon les liens du sang, la position sociale, l’âge et tant d’autres critères - BakApple en a donné un exemple magistral plus haut - sont caractéristiques d’une société très hiérarchisée, où l’honneur consiste d’abord à savoir tenir sa place.
  • Chez Tolkien, la toile de fond EST la linguistique : les peuples ont été inventés pour donner une voix à chaque langue, imaginée sur des critères esthétiques, en s’inspirant de nombreuses sources européennes et moyen-orientales. Les ruptures, les glissements de langues sont expliqués par les drames dans l’histoire de ces peuples.

Rendre les spécificités des langues étrangères est difficile, et je rejoins les messages ci-dessus : les contraintes des dialogues filmés ou les directives « lissantes » du ciblage marketing éradiquent parfois des trésors de subtilité, parfois sans même s’en rendre compte.

Pourtant c’est rendre hommage à la langue d’origine tout autant qu’au français, de tenter d’approcher les nuances « dans leur parfum d’origine ».

Quel plaisir de s’approprier le charme particulier, de circonvenir les sous-entendus, de capter les correspondances d’idées, avant de s’atteler à transmettre tout cela.

Bon, facile à dire. Je n’ai que ces quelques exemples à fournir - évidemment dans l’univers de Tolkien. La langue d’origine étant l’anglais, issu pour moitié de l’allemand et pour moitié du français, la traduction est évidemment bien plus facile que les cas que vous avez cités plus haut !

  • une ambiance générale héroïque : un style académique dans les passages grandioses, qui s’appuie en catimini sur l’alexandrin.
  • Le cadre « nordique » de la saga s’éloigne volontairement des mythes gréco-romains (même si on peut considérer qu’il y a quelques emprunts, comme la submersion de Numenor /Atlantide) : je fais la chasse aux étymologies du sud (jovial, martial, vénérer, méandre, etc.)
  • pour traduire le parlé des paysans de la Comté, à la syntaxe victorienne très « down to earth » : je puise allègrement dans mes souvenirs grand-maternels du patois jurassien.
  • l’understatement british, traduit par quelques euphémismes discrets.
  • un univers médiéval - technologies, organisation sociale, etc. - puisant beaucoup dans le vocabulaire du moyen-âge. Je cultive donc les vieilleries. Maintenant vous savez d’où ça vient…
  • aucune référence explicite à un « culte » (aucun prêtre) : je bannis donc toute étymologie religieuse ou thème judéo-chrétien, même si le roman est truffé de valeurs spécifiquement chrétiennes.

Tout ça pour dire que je ne prétends pas avoir de clé, mais je suis sûr que faire l’effort de traduction vaut le coup ! Et je suis curieux de voir, @BakApple, comment tu contournes la pauvreté du pronom personnel ! :smiley:

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Il y a une dizaine d’années bientôt , je suis tombée amoureuse d’un jeu: Pokemon version Noire et Version blanche, le moins manichéen de la série malgré son titre, la seule génération à avoir un vrai scénario ( pardon mais…) et un antagoniste intéressant et qui tient la route avec une vraie motivation et se posant de vraies questions. Bien sûr comme bien souvent dans les jeux vidéo, l’accent était mis sur le fait que selon si le joueur ou l’antagoniste gagnait à la fin, le Monde entier subirait un destin ou un autre, radicalement opposé…
Et puis, je l’avoue, ce subtile « ennemies to lovers » entre l’antagoniste et l’avatar du joueur m’a fait tourner la tête … Le ship a été nommé « Ferris wheel shipping » à cause d’une scène mémorable dans une grand-roue qui a traumatisé toute une génération de mecs hétéro, mais qui a ravi « toustes » les autres comme qui dirait :stuck_out_tongue:

C’est quoi le rapport ? Eh bien la musique des crédits de ce jeu est intitulée « To each future ».
On peut le comprendre différemment : « vers chaque avenir » comme si on regardait vers le futur, « à chaque avenir » comme si on trinquait avec l’antagoniste… Des mots qui résonnaient avec force avec ceux que l’antagoniste avait eus avant de nous dire adieu.

Et à l’époque je l’avais griffonné dans un cahier vierge en me disant que ce serait le titre du premier roman que j’écrirais. Une histoire qui aurait dû parler de harcèlement scolaire et d’évasion vers d’autres mondes…

Après avoir fini ma fanfic, j’ai cherché un titre sonnant mieux que mes noms de fichiers. Et puis, mon ancien titre représentait ce que ma fic aurait dû être, c’est à dire 1/4 ou 1/3 de ce qu’elle a été, et puis et puis, il me fallait un titre en anglais pour ma VA… Alors j’ai fait un brainstorm en anglais … des histoires de réincarnations,de divergence temporelle, le titre de la dernière mission du jeu « The future of Hyrule »… Et boom, je suis retombée sans faire exprès sur « To Each Future », et j’avoue que j’ai eu une petite larmichette à l’oeil en réalisant qu’au moins en termes de longueur et d’implication, j’avais bel et bien écrit « mon premier roman » , même si c’était « juste une fanfiction ».

Comme toute ma fic tourne sur le « hurt & comfort » j’ai voulu ajouter cette notion et c’est devenu « To Each Future: Story of a Mending »

La tentation a été très forte de garder le titre anglais ici aussi car c’est très difficile pour moi de trouver quelque-chose qui sonne aussi bien et qui ait autant de sens . J’ai opté pour ne pas garder le titre ENG pour des raisons de cohérence,mais au final, mon titre français n’est rien d’autre qu’une « traduction » approximative avec une perte de sens pour moi qui me déçoit.

Je trouve qu’il est plus facile de jouer avec l’anglais, c’est une langue avec moins de syllabes, plus de sens, plus d’élasticité, « malléable ». Je le ressens comme de la pâte à modeler là où je ressens plus le français comme des Lego … Il est possible de faire de très jolies choses avec des Legos mais il en faut beaucoup plus et bien plus de décarcasser pour que ça ait l’air aussi « doux » que de la pâte à modeler. Et à mon sens c’est une des réponses à la question « pourquoi tant de titres en anglais? »

J’ai un second probleme avec mes jouets… qui illustre un peu cette histoire de lego/pâte à modeler.
Dans ma version anglaise, mon héros s’est mis à appeler sa copine « Fruitcake »:

  • c’est un indécrottable gourmand ce héros, c’est peut etre le seul point sur lequel tout le fandom est unanime le concernant, alors ça tombe sous le sens qu’il en vienne aux petits noms de bouffe pour sa chérie.
  • Le gâteau aux fruits est son gâteau préféré à elle
  • Fruit-cake a un sens figuré en anglais voulant dire « personne un peu folle/excentrique » , et ce mélange de tendre et d’espiègle me fait juste complètement fondre à chaque fois que je l’écris , j’en deviendrais presque jalouse de mon héroïne

Mais alors comment je suis censée faire maintenant pour trouver un surnom aussi bon en français pour mon héroine ??? Parce que « Gâteau aux fruits » ça va pas du tout, ça sonne mal, c’est trop long et c’est cucul, il n’y a pas l’espièglerie du double sens et des sonorités de Fruitcake pour enlever le surplus de sucre… (Au secours aidez moi lol.) Rien que pour ça ma VA a pris plus de valeur à mes yeux désormais.

Je sais bien que je m’éloigne un peu du sujet, mais je pense que c’est exactement le même problème que pour les titres: on y trouve plus de sens avec moins de syllabes, c’est peut être moins lyrique mais on a aussi moins l’impression de tomber dans le cucul-la-praline.

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Nous on ne s’occupe que des titres ! :smiley:
Un problème à la fois !

En France on connaît le cake aux fruits (en tous cas j’en ai mangé plein quand j’étais enfant ! Où il y avait du reste plus de fruits confits que de cake… :yum:

Jamais on ne restituera le charme d’un petit nom d’affection. C’est connu. D’une langue à l’autre, c’est le seul point sur lequel les traducteurs achoppent. Et l’avouent.
On ne peut faire que de l’approximation qui pousse à la grimace…

Comme il y a de la cerise dans le cake aux fruits, tout en ayant conscience que ça n’ira jamais restituer le grain de folie sur le gâteau, je proposerais pour une VF : ma griotte, ou mon petit clafoutis.

Mais c’est un jeu perdu d’avance…

Je dévie légèrement du « titre en anglais » mais cela fait deux fois que j’ai un titre en allemand dans des fanfics de AuBe.
Et à chaque fois je me félicite qu’elle ne l’ait pas traduit dans la mesure où… le concept même n’a pas été formalisé sous un nom commun dans la langue de Molière.

Pourtant chercher, non une traduction, mais une explication, ouvre l’esprit.
On n’appauvrit pas le français en utilisant directement un mot dans une autre langue quand il n’y a aucun équivalent…

En plus en l’occurrence dans ces titres allemands (doublé d’un truc en français qui n’a RIEN à voir), il ne s’agit même pas de technologie (qui joue toujours les lièvres quand les nouveaux mots font la tortue…) mais des situations ou des émotions…

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Merci! ça aurait pu faire, Clafoutis, maiiiis ça fait un peu penser à foutu à cause de « ■■■■ » dedans ce qui le rend un peu trop « rustique » pour une princesse. Et puis même en passant au dessus du fait qu’il n’y a pas de cerise dans l’univers des jeux, cela ne « rappellera » rien aux fans …
J’avais pensé à quelque chose autour de la pomme ( le joueur commençant le jeu en « volant » une pomme au père de Zelda sans le savoir, il y avait toute une symbolique), mais ma pomme, pomme d’amour, pomme au miel, pomme au sucre… c’est trop cucul je ne peux pas, il refuse. Impossible de passer à la ligne tant que c’est écrit … ^^’ à la limite pomme cuite … mais une pomme cuite c’est mou et moche … Pomme reinette? Pomme d’api …?
Reste la brioche d’Akkala , une soit-disant pâtisserie régionale n’étant au final qu’une grenouille crue servie sur une feuille… La princesse ayant marqué les esprits pour avoir essayé de faire manger une grenouille à Link dans ses flirts maladroits… bon … Mais ça reste décevant par rapport à fruitcake.

Encore désolée pour le « HS mais pas complètement ».

Je ne sais pas de quel concept allemand il s’agit mais je crois voir le problème. C’est un peu comme le concept japonais de Senpai (en gros un élève plus avancé dans une discipline et qui est respecté pour ça, et peut partager son savoir presque comme un professeur ( sensei)) Difficile de trouver un équivalent sans entrer dans du jargon preparationnaire (khârré) ou à la limite dans le latin ( senior peut correspondre du point de vue sémantique mais il n’est pas utilisé comme tel en français à ma connaissance, donc ça oblige à l’utiliser hors de son contexte ce qui peut prêter à confusion.
J’ai aussi butté plusieurs fois dans ma traduction car certains concepts français semblent inconnus au bataillon chez les anglais, mais je ne me souviens plus de quoi exactement.

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Le senpai c’est littéralement l’aîné. C’est ton aîné qui est arrivé avant toi dans l’établissement scolaire (ce qui fait que j’étais le senpai d’autres étudiants alors que j’étais moi aussi considérée comme étant en 1e année :man_shrugging:), au sein de l’entreprise… Le senpai, c’est l’aîné qui en sait plus que toi dans un domaine, qui a plus d’ancienneté, en gros. Ça n’a aucun lien avec l’âge. Tu peux être le senpai même en ayant dix ans de moins que l’autre, si tu es là depuis plus longtemps. Le plus dur à traduire, c’est le kōhai, je trouve. Littéralement le cadet, c’est celui qui vient après. L’anonyme du senpai.

Dans les nihonjin-ron (« nippologies », études anthropologiques de la société japonaise), il y a énormément de concepts aux termes intraduisibles. Tatemae et honne, le concept de l’amai, et j’en passe. Tant de souvenirs de la L2… :grin:

Mais je dévie, autant pour moi ! :stuck_out_tongue:

Edit : des mots japonais difficilement traduisibles, ou alors traduisibles par une suite de mots très longue, je pourrais en trouver à la pelle. Semishigure. Kachōfūgetsu. Mais je m’égare encore plus…

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Tu remarqueras que je n’ai en aucun cas supposé que c’était lié à l’âge… :sweat_smile:
A part peut-être en supposant que « senior » était le terme existant le plus proche dans la langue française. :wink: Et en cela je continue à penser que senior (= vieux/ancien) est plus approprié qu’aîné ( qui veut dire étymologiquement « qui est né avant » ) .

→ La définition 3: « De plus expérience du métier… »

senior [\se.njɔʁ](Annexe:Prononciation/français — Wiktionnaire) masculin et féminin identiques (orthographe traditionnelle)

  1. (Sport) Qui concerne les joueurs de plus de 20 ans et de moins de 45 ans.
  2. (Économie) Qui concerne une personne âgée.
  • Un employé senior.
  1. (Travail) De plus expérience du métier que le junior, généralement plus de trois ans.
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