Logiciel de correction Antidode versus humain


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Mon opinion est que les logiciels permettent de dégrossir un texte mais pas de le rendre parfait et que c’est peut-être un des domaines où - pour l’instant - la machine ne surpasse pas l’homme. Parce que tu l’as dit le français est une langue abominablement compliquée.

Même en disant cela, il faut rester prudent. Il y a beaucoup de cas où la machine fait quand même carrément mieux qu’un élève moyen, hein ? :roll_eyes: Donc de quel homme on parle ? Celui qui sait (le Grammar Nazi chevronné) ou celui qui ne sait pas ?


Je peux vous donner ici par exemple des infos sur les “évidences” qui circulent parmi mes collègues qui font de la correction, relecture et réécriture d’articles.

  • “Prolexis” ne fait pas tout, il débroussaille le gros (nous c’est pas Antidote, c’est Prolexis, pourquoi ? Parce que la DSI a eu des prix pour des achats en nombre).

  • Le cerveau autocorrige certaines fautes et nous empêche de les voir (particulièrement les plus grosses et qui sont dans les titres en énorme), parce qu’on veut aller vite, on reconstruit le sens en passant sur la forme. Plus c’est gros, moins on voit.

  • Un cerveau de correcteur n’est vraiment capable de considérer un texte d’un oeil neuf qu’au bout de 3 jours sans l’avoir regardé. Relire donc plusieurs fois un texte d’affilée peut s’avérer moins efficace que de le faire à plusieurs jours d’écart.

  • Changer de support peut aider. Ne pas hésiter à lire le texte sur des supports différents (écran/papier) et à des tailles différentes (voire des polices basiques différentes).

  • Aussi bon que soit un correcteur, quand on est soumis à des impératifs de rapidité ou de stress, on laisse passer des trucs. C’est obligé. C’est la raison pour laquelle les pros fonctionnent en équipes de correcteurs, qui font tourner les textes entre eux, ils appellent ça faire des relectures croisées, en se disant qu’à plusieurs, on a une meilleure chance de moins en laisser passer…

  • Et oui, car même les pros peuvent laisser passer des trucs parce qu’ils ont “trop vu” le même texte avec une modif minime (et n’ont pas trois jours devant eux pour des brèves qui bouclent dans la journée). C’est comme ça que moi dont ce n’est pas le métier, j’ai pu repérer un oubli de mot dans un édito aujourd’hui : parce que je n’avais jamais vu ce texte (et besoin de le retaper à la mano).


Pour toutes ces raisons, et particulièrement parce que la syntaxe ne s’apprend pas par logiciel, je pense que ce ne sont que des outils et qu’il faut réfléchir pour les utiliser.
Si on espère compter sur eux pour ne pas avoir à le faire, alors il y aura des erreurs. Si on ne connait pas les différences entre les homophones, et que leur utilisation dans la phrase n’est pas grammaticalement incorrecte mais juste bizarre, alors il y aura des erreurs.

Le logiciel est bon pour les trucs con-cons : pour la typographie par exemple, c’est génial. C’est typiquement des trucs qu’il faut apprendre par coeur et pas tellement des cas qui s’étudient. Donc là il nous supplée sur ce qu’on ne sait pas. Mais quand il y a du sens… Danger.

Mais une fois encore, je recommande même l’usage du correcteur de Word (tellement meilleur que celui de Google Docs ou Open Office). Je vois passer des textes ici pour lesquels Word peut attirer l’attention sur des dizaines et des dizaines de fautes tout à fait valides.
Parfois mais c’est plus rare, il fait du zèle et en rajoute où il n’y en avait pas, mais c’est beaucoup plus rare, comparativement parlant.

Je ne suis pas déçue qu’un outil sans cervelle fasse moins bien qu’une cervelle entraînée. Le côté positif de ces logiciels et aides à la correction perd de l’intérêt si on est soi-même très averti. Si on est une brèle totale, c’est presque le nirvana. Sinon… :confused: